‹ L'évolution de la langue égyptienne et les langues sémitiquesChapitre 47 sur 96 · Chapitre ii · texte numérisé non relu

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dont l'existence est supposée. Ce n'est que son extérieur qui importe, ce sont les deux, trois ou quatre consonnes dont il faut énumérer et classer les modifications, et ce n'est pas l'idée que représente le mot, qu'il s'agit de rechercher et d'arriver à corn* prendre.

Voilà donc le grand progrès dans la philologie égyptienne, dont Eduard Meyer nous dit que pendant des dixaines d'années, tant que vivait Lepsius. il n'a pas pu se produire. On se demande si l'intelligence des textes en sera grandement facilitée ; nous en attendons la preuve par la traduction des textes des pyramides, que Maspero seul a tentée, traduction qu'en Allemagne on déclare vieillie, sans cependant qu'on ait essayé de nous en présenter une nouvelle. Jusqu'à présent il nous semble que la méthode analytique de Rougé est celle qui nous a fait le mieux avancer dans l'interprétation, celle qui cherche avant tout à reconnaître la valeur et le sens des formes, bien plutôt que cette classifica* tion à outrance, qui porte sur l'orthographe et sur des variantes graphiques répondant si peu à une modification dans le sens, que l'usage n'en est nullement obligatoire.

Il nous est donc impossible d'abandonner l'ancienne grammaire, celle de Rougé et Renoue, et la conception que ces deux auteurs avaient de la langue, pour nous ranger au nombre des disciples de l'école de Berlin; et cela surtout parce que cette conception nous paraît établie d'après une méthode qui n'est pas la vraie méthode scientifique. Elle repose sur une idée a priori, ou, pour employer un mot que la science allemande affectionne, sur un postulat : l'égyptien est une langue sémitique. C'est, ainsi que je le disais plus haut, une idée générale, je dirais presque un principe, qui a été suggéré à un auteur par un fait qu'il a ex= pliqué de cette manière. L'explication devient alors pour lui le fait établi, aux conditions et aux conséquences duquel il faudra adapter faits et documents.

A propos de la nature sémitique de la langue égyptienne, les deux faits qui ont conduit l'école allemande à cette conclusion générale sont : d'abord l'absence complète de voyelles dans

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l'alphabet égyptien qui ne reproduit que des consonnes, et les thèmes à trois consonnes; encore ce dernier fait dérive*t«il néces* sairement du premier, et ne peut«il être constaté qu'au prix d'un traitement approprié que doivent subir un grand nombre de formes.

L'égyptien ne reproduit aucune voyelle. « En dépit de toutes les affirmations contraires, jusqu'à présent, ni dans l'Ancien Egyp* tien, ni dans le Nouvel Egyptien, on n'a pas pu découvrir une trace de l'indication des voyelles. » C'est par cette phrase que débute la grammaire de Sethe, laquelle, nous a dit Erman, avait enfin placé la science sur un terrain solide, établi d'une ma* nière définitive que les thèmes étaient à trois consonnes, et par conséquent établi le caractère sémitique de la langue.

Si, maintenant, nous demandons à M. Sethe sur quoi il s'appuie pour une affirmation aussi catégorique, il nous dira que, comme dans le sémitique toute syllabe doit (muB) commencer par une consonne, il n'y a pas en égyptien de syllabe commençant par une voyelle, et tout mot copte qui commence par une voyelle a perdu une consonne initiale. C'est toujours cette même manière de raisonner dont nous nions absolument la valeur démonstrative. Il n'y a pas de voyelles dans l'écriture égyptienne, donc c'est une langue sémitique, et ce qui prouve qu'en réalité il n'y en a pas, c'est que l'égyptien, étant une langue sémitique, ne doit point en avoir.

En outre, il faudra inventer plusieurs consonnes dont on ignore absolument la valeur. Il y en a plus qu'en hébreu, qui est la norme d'après laquelle on se régie. (1 correspond soit à SÇ soit à \ soit à j ou jj pour laquelle on emploie plus souvent (JO et qui n'existe pas en hébreu. .^.^ — n est l'J?, quant à ^^, cette con* sonne d'un emploi si fréquent, non seulement elle n'a pas de correspondant sémitique, mais en copte elle a complètement disparu, et l'on n'en connaît pas la valeur. De même, on ne sait où retrouver en copte la consonne jj.

Ainsi, les traducteurs de l'Ecriture, qui les premiers ont fixé l'alphabet copte d'après le langage parlé des différentes parties

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