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aussi en démotique, et en grec si c'était à l'époque où l'élément grec était déjà fortement représenté en Egypte.
La naissance du démotique, c'est là un fait dont la portée n'a pas suffisamment été prise en considération, et qui nous paraît de nature à jeter un jour nouveau sur ce qui s'est passé au point de vue linguistique dans d'autres nations de l'antiquité.
La langue égyptienne n'est pas sortie de la vallée du Nil, elle ne s'est pas répandue au dehors, par conséquent nous savons exactement le lieu d'origine du démotique, et nous pouvons d'emblée écarter toute idée d'une influence étrangère.
Ce point est fondamental, et d'une importance capitale : le caractère absolument autochthone et indigène de cette évolution de l'égyptien, qui ne peut être rattachée à aucune invasion ou conquête venue du dehors.
Quel est l'âge de la plus ancienne écriture démotique? (1) A cette question, comme le dit Griffith, on ne peut pas faire une réponse précise. Le démotique est d'abord un développement de l'écriture hiératique cursive. Déjà à l'époque de la XXI. dynastie on peut constater une séparation entre l'écriture du livre et celle des affaires. Même dans certains documents thébains de la XX. dynastie on peut trouver des passages d'une écriture tout à fait cursive qui se rapproche beaucoup du démotique. Depuis lors, écriture et langue s'écartent toujours plus de la langue et de l'écriture hiéroglyphique. Cette dernière, sous la XXL dynastie, se distingue par sa beauté et sa pureté dans les papyrus funé* raires que nous avons conservés.
A la fin de la XXV. dynastie, la dynastie éthiopienne, nous voyons paraître des documents légaux qu'on a appelés démo* tiques, quoiqu'ils présentent encore un mélange de signes hiéra* tiques. Brugsch, qui n'hésite pas à leur donner le nom d'ancien démotique, insiste sur la difficulté d'interprétation, précisément à cause du mélange des deux espèces de signes qui n'ont pas
(1) Griffith, Catalogue of the Demotic Papyri in the John Rylands Library at Manchester, vol. III, p. 11. MOLLER, Palâographie II, p. 1.
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la même valeur dans les deux formes de la langue. Il fait de ces documents la première époque du démotique qu'il étend jusqu'à l'avènement des Ptolémées. Griffith appelle l'écriture de ces textes «abnormal hieratic» qu'on aurait employée dans les textes thébains jusqu'au règne d'Amasis, tandis que le véri* table démotique se formait dans la Moyenne Egypte et dans le Delta. Pour le savant anglais, l'ancien démotique (early demotic) comme pour Brugsch, comprend ce qui est antérieur à l'Empire Macédonien, quoiqu'on rencontre de rares papyrus de l'époque Perse où les formules et le style de l'écriture ne diffèrent en rien de ceux du temps des premiers rois grecs. On peut dire que le véritable démotique, le démotique normal, date de la fin de l'époque Perse, du règne des rois Macédoniens. C'est alors que l'écriture a atteint son développement complet en ce sens qu'elle se sépare à tel point de l'hiéroglyphique ou même de l'hiératique, que nous voyons alors surgir des textes bilingues; des décrets importants comme celui de Rosette ou celui de Canope doivent être écrits en hiéroglyphique, qui est l'écriture imposée par la nature du document, et en démotique, qui seul serait compris de la foule. Mais ce n'est pas seulement l'écriture qui a changé, c'est la langue qui a pris une forme populaire. Langue et écri* ture vont ensemble, et, comme le dit Griffith, la langue égyp# tienne, de l'époque démotique, ne se trouve pas en dehors des écrits démotiques. C'est donc bien une création distincte de la langue littéraire qui emploie les hiéroglyphes. (1)
C'est là un phénomène bien constaté et dont il est difficile de se rendre compte : cette langue populaire écrite surgissant d'elle*même sans que nous puissions jusqu'à présent reconnaître les causes qui ont déterminé cette création. Il y avait sans doute dès longtemps en Egypte une langue populaire, probablement même plusieurs dialectes qui différaient de ce que les sculpteurs gravaient sur les murs des temples et sur les stèles funéraires, ou de ce que les scri* bes ayant reçu une bonne éducation écrivaient sur leurs papyrus.
(1) Griffith, 1. 1. p. 181.