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ou Yàdi dont les souverains se donnent comme sujets de Tiglath Pileser. C'est là qu'ont été trouvés les plus anciennes inscriptions araméennes, celles des deux Panammu et de leur descendant BarsRekub. Leur ancêtre Kilammu a laissé aussi une inscription, mais elle est en phénicien. S'il avait eu une langue et une écri* ture araméennes à sa disposition, on ne comprendrait pas que son inscription fût en phénicien. Mais l'araméen des Panammu et de BarsRekub est évidemment la langue courante du pays, celle des relations commerciales, et il est naturel qu'ils n'aient pas eu recours au cunéiforme qui devait être peu connu dans le pays.
Ce qui établit le mieux la présence simultanée des deux langues en Mésopotamie, ce sont les documents bilingues. Il est certain que l'emploi de l'araméen devint si général en Mésopotamie qu'il dut y avoir une chancellerie araméenne à côté de la chan* cellerie assyrienne. Dans les contrats, les fonctionnaires araméens apparaissent comme témoins, et le roi Esar*Haddon prie son dieu Shamash pour le bonheur de ses scribes assyriens et.araméens.
Parmi les premiers documents bilingues découverts se trouvaient des poids de bronze, en forme de lions, appartenant à la fin du S""^ siècle. Ils portaient des inscriptions en cunéiforme assyrien et en araméen. L'inscription assyrienne donne la date de l'objet et le nom du roi, ceci constitue la partie officielle, la marque royale du poids, mais sa valeur et le nombre d'unités qu'il repré* sente sont donnés en araméen, qui ne mentionne rien d'autre. L'araméen est ainsi l'écriture populaire, celle que les commer* çants, acheteurs et vendeurs, savaient lire, et il est naturel de penser que c'était la population elle-même, et non des Araméens étrangers. Ce qui importait au peuple, c'était la quantité, le poids indiqué, et nullement le nom royal; et c'est probablement ce que presque tous savaient lire, parce que c'était leur langue. De nos jours, il en est de même, le boutiquier lit sur son poids le nombre de grammes ou de kilogs qu'il vaut, et non les armoiries de l'Etat ou la marque officielle qui constate l'exactitude du poids.
Ce qui est encore plus probant, ce sont les tablettes assyriennes avec des notes marginales en araméen. Ces tablettes sont en gêné*
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rai des contrats, et les notes donnent en araméen le nom des personnes intéressées, ainsi qu'un court résumé du contenu de la tablette (1). L'une des plus anciennes date du règne de Senna# chérib (687 avant J. C). On donne le nom du vendeur qui possède trois boutiques. La note marginale est destinée à ceux qui ne savent pas le cunéiforme officiel. Elle est dans la langue et l'écri* ture dont ils se servaient chaque jour. Il reste un assez grand nombre de ces contrats qui vont jusqu'à l'époque perse.
Ces contrats nous montrent donc d'une manière évidente l'exis* tence simultanée de deux formes de langue, l'ancienne langue écrite en cunéiforme, et la langue populaire, le démotique méso* potamien avec son écriture nouvelle.
Ici encore, comme pour le démotique, nous voyons la langue populaire apparaître tout d'un coup avec son écriture toute formée. Ce n'est pas à dire qu'elle n'existât pas longtemps auparavant, en tout cas ce devait être la forme du langage dans la bouche du peuple, bien avant qu'il fût mis par écrit. C'est l'opinion de M. DE VoGOÉ qui ne sépare pas la langue, d'avec le peuple araméen et qui s'exprime ainsi : «les écrits bibliques nous enseignent que depuis la plus haute antiquité les Araméens ont occupé la partie nord de la Palestine, la région de Damas, les rives de l'Euphrate et une partie de la Mésopotamie. Nous savons par les inscrip* tions que la langue araméenne s'étendait même sur le pa^s qui sépare l'Arabie de la Palestine, qui est aujourd'hui une partie de la province du Hedjaz, et dont la capitale Teima était une très ancienne place de commerce où les marchands qui allaient de l'Arabie du Sud en Asie et en Egypte apprenaient l'araméen». (2) M. DE VoGûÉ croit pouvoir affirmer que les Ismaélites, même les Hébreux, toutes les nations nomades qui erraient entre le Nil et l'Euphrate, parlaient l'araméen, et en particulier les Madianites. Les caravanes qui fréquentaient le marché de Teima pour aller de là en Syrie, en Palestine et sur les bords de l'Euphrate, répan#
(1) Delaporte, Epigraphes araméens.
(2) Corpus Inscriptionum Semiticarum. Pars secunda. Inscriptiones aramaicae. Tomus I Prooemium.