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dirent si bien dans ces pays la langue araméenne, qu'elle devint la langue commune à l'usage du commerce. C'est de cette manière qu'elle arriva en Chaldée, en Babylonie, et, par les Araméens qui occupaient la Mésopotamie, en Assyrie.
L'introduction de l'araméen dans ce "dernier pays doit remonter très haut puisque M. de Vogoé nous dit que c'était la langue de l'endroit qu'habitait Abraham et du patriarche lui*même lorsqu'il partit pour le pays de Canaan.
Malgré la grande autorité qui, en ces matières, s'attache à l'opi* nion de M. de Vogce, qu'il me soit permis d'en appeler au prin* cipe qui tend de plus en plus à prévaloir en philologie sous l'influence de l'ethnologie, c'est à dire de séparer le langage d'avec le peuple qui le parle, et de ne pas considérer la langue comme la propriété exclusive d'un peuple dont elle définit et marque le caractère. Consultons aussi les anciens, ils nous disent que pour eux la classification des langues est avant tout géographique. Araméen, aramith, ne veut pas dire autre chose que langue parlée dans l'Aram, ou par les habitants de l'Aram. Cette définition est complètement différente de celle des philologues modernes, pour qui araméen veut dire : langue ayant une certaine écriture et certains caractères linguistiques.
Aram est une région très vaste qui comprend la plus grande partie de la Mésopotamie, en particulier le territoire compris entre le Tigre et l'Euphrate dans la partie supérieure de leur cours, ce que l'Ancien Testament appelle Aram Naharaim, Paddan Aram, ou la plaine d'Aram, trois noms que l'on ne considère pas comme synonymes; la Syrie proprement dite jusqu'à l'Amanus, et même, d'après M. Schiffer, le nord de la Palestine.
D'où vient le nom d'Aram? c'est là une question fort discutée entre les assyriologues et sur laquelle nous n'avons pas qualité pour nous prononcer. Mais il semble que cette vaste région qui comprend une grande partie de l'Asie occidentale devait être occupée par un grand nombre de peuples qui n'étaient pas dé même race, et qui avaient des origines différentes. Nous avons peine à croire que Panammu et ses sujets du royaume de Samâl
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fussent le même peuple que les émigrants d'Arabie qui occupèrent la Basse Chaldée (1) à une époque très reculée. Aram comprenait des royaumes différents, la Bible en mentionne plusieurs : Aram Tsobat, Aram de Damas, Paddan Aram, Aram Naharaim. Il semble difficile de considérer les Araméens comme un peuple ayant jamais formé une unité politique. C'est bien plutôt un groupe ethnique comptant un grand nombre de tribus, ou, si l'on veut, de peuples différents, comme seraient de nos jours les Bantous.
Il y a cependant chez les peuples de l'Aram un élément commun, c'est la langue écrite, celle qui servait à leurs rapports entre eux, et cette langue, c'est le cunéiforme sumérien d'abord, qu'on trouve surtout dans la Basse Chaldée, puis le cunéiforme akkadien ou babylonien qu'on rencontre partout depuis Suse jusqu'en Asie Mineure et en Palestine. C'est par là qu'ont commencé les popu* lations de l'Aram, par une écriture qui avait conservé de faibles traces de son caractère idéographique et qui n'était pas une écris ture véritable : c'était une impression faite au moyen d'un style, laquelle ne s'adaptait pas aux lignes recourbées ni aux formes que doit prendre un alphabet. Cette écriture et la langue qu'elle reproduit n'avaient nullement éliminé les dialectes parlés dont il devait y avoir un grand nombre. Nous ne pouvons comparer le cunéiforme qu'à l'écriture hiéroglyphique qui régna seule pendant bien des siècles.
Tout d'un coup, vers le 8™' siècle, nous voyons surgir une écriture et une langue qui devint promptement la langue des relations commerciales et qui se répandit rapidement là où elle avait été précédée par le cunéiforme. C'est l'araméen, aramith. L'opinion généralement adoptée considère cette langue comme étant la propriété du peuple Araméen, qui l'avait implantée dans tous les pays où il s'établissait par conquête ou par immigration.
A cette opinion, il y a plusieurs objections à faire. Et d'abord si cette langue est celle du peuple araméen, comment se fait^il
(1) Kraeling, Aram and Israël, p. 14 et suiv.