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démotique s'y prêtait mal, surtout lorsqu'il s'agissait d'intro* duire dans le texte des mots grecs, aussi l'on recourut à l'ai* phabet grec qu'on adapta à l'égyptien en y ajoutant six carac* tères. Ce fut donc simplement un changement d'écriture, l'em* prunt d'un alphabet étranger tout à fait indépendant de la langue.
C'est là ce qui a été fait d'emblée pour l'araméen. L'écriture cunéiforme ne pouvant pas être modifiée en raison de sa nature même, on adopta une écriture étrangère. Comme pour le copte, l'élément étranger consisterait dans l'écriture seule. La langue serait indigène, celle du peuple, laquelle au cours des siècles s'était modifiée et n'avait plus la forme ancienne traduite par les textes cunéiformes, celle de la langue littéraire.
Cette langue populaire écrite peut avoir aussi conservé ici et là des traces du dialecte de la langue parlée. Ainsi l'inscription de Zakir roi de Hamath, dont M. Pognon, qui l'a découverte et commentée, dit que l'on y trouve des mots hébreux et des tournures hébraïques parce qu'elle vient d'une région où l'on a parlé des dialectes sémitiques appartenant au groupe palestinien (1). Il en était déjà de même dans la langue littéraire cunéiforme. Les tablettes de Tel el Amarna contiennent aussi des mots qu'on appelle hébreux, c'est à dire appartenant au dialecte sémitique qu'on parlait alors dans le pays.
Cela est encore plus frappant à propos des inscriptions de Panammu et de Bar^Rekub, deux Araméens de race d'après M. Schiffer. Contrairement à Sachau. M. Pognon ne considère ni l'une ni l'autre comme araméennes.
Chose curieuse, les écritures populaires apparaissent à peu près à la même date en Asie et en Egypte. Et, sauf que les Egyptiens conservèrent une écriture moins développée que celle des Méso:« potamiens, on peut dire que le parallélisme entre les deux pays est si complet, qu'il semble qu'on puisse affirmer que ce qui se passa dans l'un arriva aussi dans l'autre, et que l'araméen est,
(1) Inscriptions sémitiques de la Syrie, de la Mésopotamie, p. 156.
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comme le démotique en Egypte, l'évolution autochthone de la langue littéraire devenant langue populaire écrite.
Mais, je ne saurais assez le répéter, ce n'est là encore qu'une suggestion à laquelle j'ai été conduit en partant d'Egypte, et dont je laisse aux spécialistes sémitisants à apprécier la valeur.