Chapitre iv
ainsi 061 pour F'seï faire tombety GH pour V2H la face, 06 pour T26 la manière. De même les deux autres aspirées <}> et X sont des variantes graphiques pour PIS et K2. Elles sont surtout em* ployées dans le dialecte boheirique, tandis que le sahidique con* serve souvent pour les deux lettres les valeurs n et K.
Les caractères nouveaux et purement égyptiens sont au nombre de cinq pour le sahidique et de six pour le boheirique. Ils sont tous de légères modifications des signes démotiques correspond dants.
Le Cl) shai est la reproduction presque exacte du démotique, c'est une chuintante qui n'existe pas en grec.
Le M fai dérivé de ^^^=-- est le son f qui ne semble pas différer de <|>. Cependant ce dernier est surtout employé dans le dialecte boheirique comme étant l'aspiration du n qu'on retrouve dans le sahidique. Dans les manuscrits d'époque tardive M est quelque? fois remplacé par <|>.
Le 2 huri est une aspirée qui remplace les deux 9 et fD de l'écriture hiéroglyphique. Dans les transcriptions du grec, il repré? sente l'esprit rude 2INX /Va, quelquefois l'esprit doux, mais plus rarement, ainsi 2ApA qu'on trouve aussi écrit \f\.
Le X djandja est une lettre exclusivement égyptienne qui cor* respond aux hiéroglyphes ^^ A et ^^. C'est une articulation que nous pouvons exprimer par dj, ou dsh. Le X à l'origine est une dentale et il a conservé cette valeur dans le dialecte sahidique, mais il n'a pas tardé, surtout dans le dialecte boheirique, à se confondre avec le G ghime qui à l'origine est une gutturale, un intermédiaire entre le son g et /c, qui devait se rapprocher de gh. Il correspond à l'hiéroglyphe Q qu'on transcrit souvent par g tandis que Lepsius le considérait comme un k quelque peu affaibli, car il est souvent remplacé par Kir;* ou />.
Entre M et 2 les Boheirites ont placé le ^ chei, qui équivaut au c des Arabes; c'est une gutturale plus forte que le 2 qui le remplace en général dans le sahidique. Le dialecte d'Akhmim découvert récemment a une lettre de plus, le ^ qui correspond au ^ boheirique et au 2 sahidique, et quelquefois dans les deux
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dialectes au CQ. Cela indique une différence de prononciation spéciale à la Haute Egypte.
Ces variantes dans les lettres sont une preuve de plus que ce qu'on a recherché dans le copte, c'est avant tout à reproduire ce qu'on entendait, le langage qu'on parlait, avec le son qu'a* vaient les lettres et les mots, et non ce qu'on est convenu d'ap* peler la grammaire historique, c'est à dire la forme que les mots doivent avoir suivant les règles établies par les philologues de notre temps.
En copte, il y a des voyelles. Stern, à qui nous devons une grammaire copte qui est le résultat d'une étude approfondie de la langue, et qui est certainement le traité grammatical le plus complet et le plus scientifique qui ait été écrit jusqu'ici, nous dit que les divers sons vocaliques du copte correspondent aux lettres ^. a 0 (] i et ^u de l'ancienne langue; cependant «le vo# calisme copte est tout à fait nouveau et différent. Ce n'est que rarement qu'il peut être expHqué par l'ancienne langue, dont l'écriture est pauvre dans l'indication de la prononciation des voyelles; au contraire, il obéit à des règles strictes de formation et d'accent».
Cette affirmation ne laisse pas que de nous étonner. Comment le vocalisme copte, comparé à celui de l'ancienne langue, peut*il être quelque chose de nouveau? et de tout différent? Que l'écri* ture soit une innovation, cela est certain; cette innovation était rendue nécessaire par la nature des écrits qu'il fallait rendre en égyptien, mais le passage au christianisme a*t*il produit un changement dans la langue elle*même? surtout quand il s'agit de la langue populaire? Le cas serait tout différent s'il s'agissait de la langue littéraire. On comprend que la traduction de la Bible par Luther interprétant les écrits sacrés dans son dialecte saxon ait fait de ce dialecte la base de la prose allemande, et ait par conséquent entraîné des modifications dans la langue lit* téraire d'alors. Mais pour le copte c'est tout le contraire, il n'y a pas eu cette traduction unique qui ait fait loi, il n'y a eu que la reproduction des divers dialectes répandus dans le pays, du