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va sans dire, encore plus marquée dans le copte que dans l'ancien égyptien. Mais cette dégénérescence est bien ancienne, puisque déjà à l'époque de la XVIII. dynastie les Sémites, comme on le voit par les tablettes de Tel el Amarna, lisaient le mot mu, une consonne et une voyelle qui pouvait être longue.
Le système vocalique écrit qu'on trouve dans le copte est une nouvelle preuve que l'écriture hiéroglyphique contenait des voyelles. Le copte étant beaucoup plus riche en signes vocaliques que l'ancienne langue, a exprimé par des signes différents les valeurs diverses que pouvaient avoir les anciens caractères U»^^? j> ou (][] qui sont restés immuables. Il y a eu des voyelles dans l'écriture hiéroglyphique, la dernière phase de l'évolution de la langue égyptienne nous le montre clairement, et ici nous voyons tomber l'un des deux appuis sur lesquels l'école de Berlin fondait sa thèse que l'égyptien était une langue sémitique, quand elle soutient que, comme l'hébreu ou l'arabe, l'égyptien n'avait pas de voyelles, et que l'alphabet ne consiste qu'en consonnes.
Quant à l'autre affirmation que l'ouvrage de Sethe s'efforce d'établir : les mots égyptiens sont comme les mots sémitiques, composés de trois consonnes radicales, Stern l'a déjà réfutée lors* qu'il nous dit que l'égyptien était resté en arrière des langues sémitiques dans la formation des racines, et quand il ajoute que la formation à trois radicales, à laquelle les langues sémitiques sont soumises avec une rigueur inflexible (mit unverbriichlicher Strenge), (1) n'est pas encore arrivée à son développement final. Les thèmes à deux radicales sont les plus nombreux. Il y en a d'autres composés d'une ou de trois consonnes. Pourquoi Stern ne parle«t*il pas de ceux qui ne se composent que d'une ou de plusieurs voyelles, ainsi A, Al faire, XlXl croître, 61 aller, 6ICD âne, l aller, O être et d'autres encore. J'admets que dans les nombreux thèmes commençant par oy il en est dans lesquels oy peut être considéré comme une demi*voyelle analogue à l'anglais w, quoi* qu'il soit prononcé ou ainsi que dans le français oui; néanmoins
(I) Stern. 1.1. § 92.
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pour appeler ces mots des thèmes à deux consonnes ou même à trois, il faut leur faire subir des manipulations philologiques compliquées, et les faire descendre de mots qui n'ont jamais existé, tout cela pour faire de l'égyptien et par conséquent de sa dernière phase, le copte, une langue sémitique.
En dépit de l'idée qui obsède Stern de retrouver le sémitique en copte, son point de vue se rapproche du nôtre qui est le contraire de celui de l'école de Berlin. L'égyptien est une langue qui s'est arrêtée en cours de développement, ce n'est nullement une langue sémitique décomposée.
Si maintenant nous examinons la grammaire proprement dite, nous trouvons de nouveau chez Stern une caractéristique du copte qui se rapproche tout à fait de ce que, à la suite d'auteurs tels que Rougé ou Le Page Renoue, nous avons soutenu à propos de l'ancien égyptien. «La grammaire copte est avant tout une leçon de particules, car la langue possède à peine des fle# xions.» Aussi Stern a4*il été obligé de fondre l'étude des diflFé* rentes catégories de mots avec celle de la syntaxe, et il lui est souvent arrivé de ne pas trouver le mot qui exprime exactement le fait devant lequel il se trouve. iCela est évident; car en copte, comme dans la langue ancienne, la classification des mots est encore très imparfaite. Le même mot peut être un substantif, un adjectif, un verbe, sans qu'il y ait comme dans nos langues une forme particulière qui distingue chacune de ces classes. Voici par exemple le mot 2Œ)B res, negotium; précédé de la particule ep, en égyptien .<e>-. epsCDB il veut dire faire travail, travailler, et quelquefois cultiver la terre. Il pourra prendre les particules verbales comme dans ce cas*ci, C6ep2(DB ivsçyovGi, et alors il est un verbe, ou il sera précédé d'un article, niep2CDB èveçysia, et il deviendra un substantif. Dans les deux cas 6p2(DB ne subit ancun changement, ce qui en fait un verbe ou un substantif, ce sont les particules ou l'article qui l'accompagnent. Le mot par lui-même ep2CDB n'appartient à aucune de ces catégories. On pourrait multiplier considérablement ces exemples, dans le copte aussi bien que dans l'ancien égyptien.