Chapitre iv
En grec : %ov {.lèv ttqôjtov lôyov ènoir^où^r^v neqi Tiânoiv u) Qeô- (pile, ùv iJQ^aro ^li]OoZg noiéiv xt xal ôiôâa/.£iv ëxQi ))ç i)ixéQaç èv- Tsilâfxevoç Toîg aTtoatôkoiç âià nvsv(.iaTOç Ayiov org è^elé^ato àvs- Xrj^icpftrj (Westcott et Hort).
Je laisse de côté des variantes d'autres textes sahidiques qui ne sont que des questions d'orthographe, dont quelques*unes peuvent être des fautes de copiste, et d'autres des différences de prononciation; ainsi le mot grec Apxi qui traduit ï^q^uto est écrit dans un autre passage du même livre (XI. 15) où il est précédé des particules verbales AfXH tandis que d'autres manus* crits qui ont servi à l'édition de Horner écrivent Afxei dans les deux cas. C'est au point qu'on peut se demander si le scribe n'écrivait pas sous dictée et reproduisait les mots étrangers à peu près comme il les entendait, ainsi ANÀXXBBANe pour ANAXAMBAN6 qu'on trouve dans d'autres manuscrits.
Je n'ai pas à parler ici de ce que le texte sahidique est traduit d'un original grec qui diffère quelque peu du texte reçu. On remarque que dans ce verset, après les mots «jusqu'au jour où» il manque la parenthèse «après avoir donné ses ordres par le Saint Esprit aux apôtres qu'il avait choisis» — il fut élevé.
La parenthèse commence le verset suivant qui est le même dans tous les textes sahidiques : «il avait donné l'ordre à ses apôtres par le Saint Esprit, de prêcher l'Evangile, à ceux qu'il avait choisis». La version boheirique est conforme au texte grec reçu.
A lire ce verset en sahidique, il ressort clairement que le tra* ducteur savait très mal le grec. C'était un Egyptien qui, bien loin de posséder à fond la langue étrangère, ne se rendait pas compte des mots, et les répétait sans se douter qu'il y en avait dans sa propre langue qui exprimaient absolument la même idée. Si nous passons à la version boheirique, nous voyons qu'à l'ex* ception des mots APIOCTOXOC et riNA uveûf-ia pour lesquels il ne pouvait pas y avoir d'équivalents, et qui devaient être repro* duits tels quels, aucun des trois autres mots grecs ne s'y trouve, et qu'ils ont tous trois leurs équivalents égyptiens.
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On comprend que les traducteurs de la Basse Egypte devaient savoir le grec mieux que les habitants de la Thébaïde. Ils étaient beaucoup plus rapprochés d'Alexandrie, et les rapports avec l'étranger devaient être plus suivis. Est*ce à dire que la traduc* tion sahidique soit nécessairement plus ancienne? Cela est pos* sible, l'usage du grec étant plus répandu en Basse Egypte, beaucoup de ceux auxquels le christianisme était prêché devaient comprendre le grec, surtout si c'étaient des Juifs qui avaient senti le besoin d'avoir leurs propres livres traduits en grec. Il n'était donc pas absolument urgent d'avoir les Livres Saints en copte.
Cependant cette conclusion ne s'impose pas. Sans doute, la plupart des manuscrits boheiriques que nous avons conservés sont de date relativement récente, mais cela ne veut pas dire que les originaux dont ils sont la copie ne remontent pas aux premiers temps du christianisme en Egypte. Nous avons peine à croire que les saints hommes qui vivaient au 3"*^ siècle, les fondateurs des couvents, n'eussent pas la traduction de l'Ecriture, et cela dans le dialecte qu'ils parlaient.
A notre sens il est faux de tirer des conclusions chronolo* giques de la nature de la langue, dont le développement serait plus moins avancé suivant l'époque à laquelle on la prend. Il ne s'agit pas d'une langue unique, mais de dialectes qui appartiens nent à une région définie. Il faut aussi envisager les différences qu'il y avait entre les écrivains dans les divers dialectes. On se représente les premiers traducteurs sahidiques ou d'Akhmim comme de nouveaux convertis pressés d'apporter à leurs com# patriotes les livres qui leur enseignaient la religion nouvelle. Ils avaient appris le grec, probablement des missionnaires qui étaient venus leur prêcher la doctrine chrétienne, et dés qu'ils avaient pensé le posséder suffisamment, ils s'étaient mis à l'œuvre. Ils ont fait passer les livres saints dans le langage que parlait leur entourage, les provinciaux au milieu desquels ils habitaient. Ce qui leur facilitait cette tâche, c'est qu'ils avaient à leur usage l'alphabet grec.