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n'a réussi à supplanter les autres, sauf tout à la fin de l'existence du copte, et depuis qu'il est devenu langue morte.
Le changement s'est fait à l'avènement du christianisme, le copte a gagné en importance en proportion du développement de la nouvelle religion. Il n'a pas fait disparaître d'emblée l'an* cienne langue avec son écriture, nous avons des papyrus gnosti* ques où se trouvent les deux écritures, mais on peut cependant dire que l'ancienne langue finit avec le paganisme, sauf peut#être dans quelques districts reculés. Brugsch place la fin du démo* tique de 250 à 300 ans après J. C; le dernier cartouche impérial que nous trouvions est celui de l'empereur Décius qui occupa le trône de 249 à 251. Nous avons vu que c'est l'époque où l'on doit admettre que la traduction des Ecritures était déjà ache* vée dans tous les dialectes, peut*étre pas partout en entier, en sorte qu'on peut dire qu'au 3""* siècle le copte avait atteint son plein développement.
Nous ne savons pas l'année où le copte parut, mais ce qui est évident, c'est que le changement dans l'écriture eut lieu brus* quement, peut*étre en plusieurs localités à la fois, quoiqu'il faille bien admettre une certaine unité, un accord entre des écrivains de diverses parties de l'Egypte pour l'adoption de l'alphabet grec et des lettres nouvelles communes aux différents dialectes; les boheiriques et les gens d'Akhmim en adoptant chacun une qui leur appartenait en propre et qui ne servait pas à d'autres. Nous pourrons constater le fait suivant aussi à propos d'autres langues qui ont changé d'écriture : l'ignorance absolue où nous sommes des auteurs de ce changement et de l'endroit où il s'est produit pour la première fois. Nous ne savons pas non plus comment il a gagné de proche en proche en sorte qu'il a fini par pré* valoir dans tout le pays.
Le nouvel alphabet a servi à écrire, non la langue littéraire, mais le patois des gens du pays. Nous avons insisté précédem* ment sur la difficulté qu'il y aurait eue à rendre le Nouveau Testament avec l'écriture hiéroglyphique ou démotique, en parti* culier en raison du caractère figuratif que le démotique conserve
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encore, surtout dans les déterminatits. Quant aux choix de la langue populaire, il était imposé par la nature même du Nouveau Testament et par le style dans lequel les différents livres sont composés. Un théologien allemand, Deissmann, a montré que le langage du Nouveau Testament et surtout des Evangiles était avant tout celui du commun peuple, la -noiv^ non des lettrés, mais celle de l'homme simple, son parler habituel. Pour avoir l'in* telligence exacte des mots, ce n'est pas à Platon ou à Isocrate qu'il faut recourir, mais aux papyrus de l'époque, dont on a retrouvé dernièrement un grand nombre en Egypte, qui ne sont pas des oeuvres littéraires, mais qui nous parlent des petits faits de tous les jours. Quelle que soit leur nature, que ce soient des contrats, des donations, des lettres, des comptes, des actes de vente et des plaintes en justice, ils nous font pénétrer dans la vie et les préoccupations de la population. Il est certain qu'on y trouve des expressions tout à fait familières et que la gram* maire et l'orthographe n'y sont pas toujours respectées.
C'est cette langue qui est celle du Nouveau Testament en grec. N'est il pas dit souvent dans l'Evangile qu'il est annoncé aux pauvres? Il est donc naturel qu'on leur parle leur langage. Si le Nouveau Testament en égyptien devait correspondre exactement à l'original, il fallait que la traduction fût dans la langue du peuple, et comme celle*ci n'était pas unique et comprenait plu* sieurs dialectes, la traduction ne pouvait pas non plus être une, elle devait reproduire cette diversité. C'est la raison pour laquelle cette dernière phase de l'évolution de l'égyptien, le passage à la langue parlée mise par écrit, ne se présente pas sous une forme unique régnant sur tout le pays, mais sous celle de dialectes dont nous connaissons quatre, et dont il y avait peut*être encore d'autres.
Cette langue populaire écrite, par le fait qu'elle était tout d'abord employée pour des livres religieux, est devenue une langue littéraire, elle a servi à une littérature considérable dont nous avons de nombreux restes. Il y a de véritables écrivains comme le fameux abbé Sinouthé qui écrivait en sahidique. La