L'HEBREU
L'Egypte est un domaine linguistique dont l'étude nous apporte des enseignements très précieux et qui peuvent nous éclairer lorsque nous essayons de nous expliquer comment se sont déve# loppées d'autres langues, en particulier les langues sémitiques.
Nous avons constaté en égyptien deux changements brusques, que nous pouvons l'un et l'autre rattacher à une époque déter:= minée, desquels nous ne connaissons pas les auteurs, et qui tous deux ont été le point de départ d'une littérature considérable.
Voici d'abord le démotique. Que quelques scribes dans un ou deux papyrus aient modifié l'écriture hiératique et lui aient donné une forme plus cursive, cela est certain. Il n'en est pas moins vrai qu'à un moment donné, depuis le règne d'Amasis, vers la fin de l'époque Perse et sous les premiers Macédoniens, on voit surgir le démotique normal qui a son écriture à lui, et qui diffère assez de l'ancienne langue pour qu'il faille avoir des inscriptions bilingues en hiéroglyphique et en démotique. Ce changement est absolument autochthone, indépendant de toute influence étrangère. Il a conduit à une xoivjj qui avait un caractère plus populaire que l'ancienne langue, et qui était avant tout la langue des affaires sans cependant que ce fût le patois parlé par le peuple.
Sortant d'Egypte, il nous a semblé que l'araméen jouait vis à vis du cunéiforme le même rôle que le démotique vis à vis de l'hiéroglyphique, et qu'ainsi il fallait le considérer comme une évolution autochthone qui apparaissait à un moment donné, et non pas comme une influence qui se serait fait sentir petit à petit, ou qui serait due à un peuple étranger, les Araméens.