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peu de versets auparavant le même mot 'EjSoaïaTÎ qualifier GoU gotha qui est de l'araméen, et d'autres mots dont on donne la forme dans la langue du pays. Dans Josèphe aussi 'EjSoaïari désigne ce que parlent les Hébreux, que ce soit ce que nous appelons l'hébreu, ou l'araméen.
Un autre fait important à constata, c'est que les anciens ne font aucune différence entre une langue et un dialecte. Ils ne connaissent pas ces distinctions scolastiques qui sont la préoccu* pation dominante de certains philologues. J'ai soutenu, par exemple, qu'entre l'araméen et l'hébreu il n'y avait qu'une différence dia* lectale. Ici j'aurais commis une faute grave que relève vertement Gressmann (1) : L'araméen et l'hébreu sont des langues, et mon affirmation prouve une chose, c'est que j'ignore les langues sémiti* ques, car passer de l'un à l'autre c'est une véritable traduction. Je ne vois pas quelle portée peut avoir cette discussion sur la classi* fication des langues instaurée par les philologues modernes. Les anciens ne font pas de distinction entre un dialecte et une langue. Pour eux il n'y a que la langue, ou plutôt des gens qui parlent. Un Hébreu, à l'époque de l'ère chrétienne comme du temps d'Ezéchias, pouvait parler l'araméen et le jehoudith, et quand il passait de l'un à l'autre il ne faisait pas plus de traduction qu'un pasteur bernois qui, descendant de sa chaire, s'adresse à ses ouailles dans le dialecte de son canton.
L'hébreu comme langue n'est pas nommé dans l'Ancien Testa* ment, qui ne nous parle que du jçhoudith, le judaïque, et de la langue de Canaan. La presque unanimité des hébraïsants admet que les deux expressions équivalent au mot hébreu et signifient l'hébreu tel que nous le connaissons par l'Ancien Testament. C'est là une assimilation tout à fait gratuite. Vous n'avez aucune preuve que ces trois mots soient synonymes, que le judaïque fût la langue de tout le pays et fût ce qui est appelé la langue de Canaan. Jehoudith interprété correctement ne veut pas dire autre chose que langue de Judée ou dejuda, de même que aramith
(1) Gressmann. 1. 1. T. IV. p. 32. T. V. p. 40.
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veut dire langue de l'Aram, et asdodith, 'AlcotigtI, la langue d'Asdod, nous dirions «le dialecte d'Asdod», raais pour les anciens c'est une langue.
Le jehoudith, judaïque, c'est le dialecte de Jérusalem ou du royaume de Juda. Nous en avons la preuve dans le dialogue qui nous est rapporté par le second livre des Rois (XVIII. 26) et le prophète Esaïe (XXXVI. 11) entre l'envoyé de Sennachérib, Rabshaké, et les officiers du roi Ezéchias. Le général assyrien s'est approché de la muraille et engage une conversation avec les trois envoyés du roi, dans laquelle il les charge de repré* senter à leur maître qu'il serait beaucoup plus avantageux pour lui de se rendre, et de faire alliance avec le roi d'Assyrie, que d'essayer de lui résister. Il y avait de nombreux auditeurs à cette conversation, puisque les envoyés lui disent : Parle à tes serviteurs en araméen, car nous le comprenons, et ne nous parle pas en judaïque aux oreilles du peuple qui est sur la muraille. Rabshaké n'en tient aucun compte, bien au contraire, il s'avance et repousse en langage grossier la demande qui lui est faite, il s'adresse à haute voix en judaïque au peuple qui est sur la muraille, pour les engager à ne pas écouter leur roi qui les trompe et qui les conduit à leur perte.
Ceci nous montre clairement que le judaïque est le langage du peuple, celui dont use toute la population, surtout de la classe inférieure à en juger par les paroles de Rabshaké, c'est à dire que jehoudith, judaïque, est }e dialecte parlé en Juda, à Jéru* salem. Et il n'y a aucune raison de croire que ce dialecte soit celui de tout le pays y compris le royaume des Dix Tribus qui s'étaient séparées de Juda. Le nom de Juif et de judaïque ap* pliqué à toute la nation ne date que du retour de la captivité d'où n'étaient revenus que des habitants de Jérusalem et de Juda, lesquels devinrent le peuple juif.
Il y avait dans le pays de Canaan des dialectes. (1) La pre* mière mention que nous en ayons, c'est le fameux schibboleth
(1) Gesenius, 1. 1. p. 11.