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(Juges XII. 6) qui distinguant les Galaadites des Ephraïmites, causa la mort de ces derniers. La seconde, c'est le judaïque dont nous venons de parler. Puis vient le passage si clair de Néhémie (XIII. 23) : «A cette époque, je vis des Juifs qui avaient pris des femmes Asdodiennes, Ammonites, Moabites. La moitié de leurs fils parlaient l'asdodien et ne savaient pas le judaïque. Ils ne connaissaient que la langue de tel ou tel peuple» : Sept, alla v.arà ylwoaav laoû y.al Xaov, Vulg. loquebantur juxta linguam populi et populi. En d'autres termes, les enfants parlaient le dialecte de l'endroit d'où venait leur mère. Et pourtant ces pays ou ces localités mentionnées n'étaient pas éloignés de Jérusalem. Ashdod ou Azot était une des villes de la côte, l'une des villes des Philistins, Moab était à l'est de la Mer Morte, Ammon au delà du Jourdain au nord de Moab, à l'entrée du pays de Basan, c'est à dire l'un et l'autre à une distance de trente à quarante kilomètres de Jérusalem. Ainsi la région à l'est et à l'ouest de Juda présentait une variété de dialectes analogue à ce qui se voit aujourd'hui au sud de l'Afrique, chez les peuples encore peu civilisés, ou dans divers pays de l'Europe, comme par exemple les cantons de la Suisse alémanique.
Ces dialectes subsistaient encore au moment de l'ère chrétienne, quand l'araméen était devenu la langue littéraire et d'un usage général. Dans le récit de la trahison de Christ par l'apôtre Pierre, un homme de la foule s'adressant à lui, lui dit qu'il est certai* nement Galiléen. «Certainement tu es aussi de ces gens4à, car ton langage (AaÂm, Vulg. loquela) te trahit» (Matt. XXVI. 73). Il s'agit ici de la manière de parler et non seulement de l'accent. Ce dernier sens serait inadmissible pour d'autres passages où le mot lahà est employé (Jean VIII. 43). Il y avait donc un dialecte galiléen.
La mention d'un dialecte judaïque se trouve à la suite de la prédication de la Pentecôte. Les auditeurs sont tout étonnés de ce que le langage de Pierre et des autres disciples, qui étaient tous Galiléens, sonnait à leurs oreilles comme leur langue ma# ternelle {Tfj lôia ôialéy-ro) èv i) èysvvrjd^rj^iev).
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Dans l'énumération de ces auditeurs, on cite ceux qui habitent la Mésopotamie; la Judée, la Cappadoce, le Pont et l'Asie . . . ils se demandent «comment les entendons#nous parler dans nos langues» Qcaîç 'fjf.isTéçaiç yléoGaig) (Actes II. 11). La langue de la Judée qui ne pouvait être que le jehoudith, le judaïque, n'était pas la même que celle des disciples, qu'ils employassent ce que le texte appelle leur langue maternelle, c'est à dire le galiléen, ou l'araméen qui était alors la langue courante, et qui semble avoir été parlée par le Christ. Ces divers exemples nous semblent indiquer clairement que le jehoudith, le judaïque, était la langue de Jérusalem et de la Judée, et que nous n'avons aucun droit d'étendre l'acception du mot et d'en faire le langage de tout le pays de Canaan, sous la forme que nous connaissons maintenant, l'hébreu.
Il y avait pourtant en Canaan une langue à la fois littéraire et langue parlée qui naquit à un certain moment, et qui se ré* pandit de proche en proche dans tout le pays. Le prophète Esaïe nous l'apprend, et les fouilles d'Egypte nous ont montré que la -/.olvtj de Canaan était celle qui régnait dans l'Asie occi# dentale : l'araméen.
Dans le chapitre XIX, intitulé par l'hébreu et la Vulgate la charge, et par les LXX la vision de l'Egypte, le prophète décrit un état du pays qui correspond au temps où le pays était divisé entre des dynasties rivales, qui sont appelées ici princes de Zoan et de Noph, avant que la dynastie des Saïtes l'eût de nouveau réuni sous son sceptre. «En ce temps^là», nous dit=»il, «il y aura cinq villes au pays d'Egypte qui parleront la langue de Canaan, et qui jureront par Yahveh Zebaoth». Si donc nous trouvons en Egypte les restes d'une de ces cinq villes juives, et qu'on puisse reconnaître la langue qui y était parlée, cela nous indi* quera quelle était la «langue de Canaan».
Nous le savons maintenant par la grande découverte de pa* pyrus araméens qui a été faite en 1907 à Assouan, ou plutôt à Eléphantine, l'île qui est située en face de cette ville. Les fouilles nous ont révélé toute une littérature provenant d'une colonie