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EXPÉRIENCES SUR LES ORIGINES CHIMIQUES

le cas des corps- phosphorescents ordinaires, et on ne la leur rend qu'en les chauffant au rouge blanc.

La température joue également un rôle considérable dans la phosphorescence des corps radio-actifs. Il suffit de chauffer les selâ de radium pour leur taire perdre momentanément leur phosphorescence. La température à employer varie suivant les échantillons, qui sont de composition très variable Pour certains d'entre eux, il faut une température de 500*, et la phosphorescence reparaît dès que le corps se refroidit. Pour d'autres, une température de 200° suffit, et le corps ne reprend pas sa phosphorescence en se refroidissant, mais seulement au bout de quelques heures et parfois même de quelques jours.

En dehors des considérations précédentes déduites de l'action de k chaleur et de l'humidité, l'expérience suivante semble bien indiquer l'existence de ces combinaisons chimiques nouvelles que j'ai étudiées ailleurs, combinaisons dans lesquelles un des éléments est en proportion infinitésimale par rapport à l'autre.

Après avoir déterminé la radio-activité de 30 grammes de chlorure de thorium, lesquels, étalés sur une cuve métallique carrée, de 10 centimètres de côté, posée sur l'éiectroscope, donnent 9" de décharge par minute, on les dissout dans l'eau, on y ajoute 1 gramme de chlorure de baryum, corps ne possédant aucune radio-activité, et on précipite le chlorure à l'état de sulfate, par une petite quantité d'acide sulfurique. On recueille sur un filtre un produit dont le poids est de 7 décigrammes. Ces 7 décigrammes posés sur le plateau de l'éiectroscope donnent 16° de décharge, alors que tout au plus on devrait o'Dtenir S°.. puisque ce qu'on a extrait d'actif du chlorure de thorium, s'il ne s'agit pas d'une réaction chimique, ne peut être supériewr à ce qui s'y trouvait. Le chlorure de thorium restant n'a perdu que la moitié de son activité.

Je dois faire remarquer, cependant, que toutes les mesures de radio-activité des corps par l'éiectroscope n'ont pas une grande valeur. Je n'en tire des conclusions qu'avec réserve, depuis que j'ai constaté l'extrême influence du plus ou moins grand degré de division de la matière sur laquelle on opère. J'ai dit plus haut que 7 décigrammes de matière précipitée avaient donné 16° de décharge, mais le filtre employé, qui ne contenait presque plus Irien, sinon la matière très fine restée sur ses bords, a donné 40° de décharge par minute. Il ne contenait cependant que quelques milligrammes au plus de matière, mais étendue sur une grande surface.

On peut montrer plus simplement encore l'influence de la division de la matière sur sa radio-activité par l'expérience suivante : 1 gramme de chlorure de thorium pur est étalé en poudre sur le plateau de l'éiectroscope et donne une décharge de 1» par minute. On dissout le même gramme dans 2 centimètres cubes d'eau distillée et , on imbibe avec cette solution une feuille de papier à

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filtrer carrée de 10 centimètres de côté, on la laisse sécher et on rétend sur le plateau de l'électroscope. La décharge s'élève alors à 70 par minute, soit 7 fois plus qu'avec le même produit en poudre fine.

La même feuille do papier étant repliée de façon à réduire sa surface, la décharge tombe à 3».

Les mêmes phénomènes s'observent arec l'uranium. Nous posons sar l'électroscope un petit bloc d'uranium métallique pesant environ 30 grammes. Il donne 12» de décharge en 10 minutes. Nous prenons le tiers du même bloc, soit 10 grammes, que nous réduisons en poudre et que nous étalons. sur une cuve métallique ayant 10 centimètres de côté, posée sur le plateau de l'électroscope. La décharge s'élève à 28° environ en 10 minutes. Donc par le seul fait que nous avons augmenté la surface du corps radio-actif, une quantité trois fois moindre de la même substance donne une décharge deux fois plus grande.

La décharge que les corps radio-actffs produisent se réduit donc arec la diminution de la surface dans de grandes proportions.

Cette réduction n'est pas cependant proportionnelle à la surface. Dès que la couche d'un corps radio-actif atteint une certaine épaisseur, les quantités nouvelles qu'on ajoute, et qui ne font qu'augmenter cette épaisseur, restent sans action. Les choses se passent comme si ces corps étaient capables d'absorber les radiations qu'ils émettent.

50 ou 25 grammes de thorium étalés dans une cuve de même dimension (12x17"=") de surface de façon à la couvrir entièrement, donnent exactement la même décharge (11° par minute). Si on met les mêmes quantités (50 grammes ou 25 grammes) dans uae cuve plus petite, la décharge ne sera que de 7° par minute.

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