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EXPÉRIENCES SUR LA DISSOCIATION DES ATOMES

Que deTiennent le» ions positifs et négatifs formés dans une masse gazeuse? Un gaz ionisé garde sa conductibilité pendant quelque temps, mais il ne la garde pas toujours, et on finit par ne plus pouvoir y constater de charge électrique. On en conclut que les ions positifs et négatifs se sont recombinés pour former de l'électricité neutre.

La vitesse de recombinaison des ions parait proportionnelle au nombre des ions présents, et c'est pourquoi, pour les gaz ionisés par les corps très actifs, tels que le radium, elle est fort rapide.

La recombinaison des ions est rsudue également plus rapide par la pi'ésence de particules solides comme on le constate en insufflant de la fumée de tabac entre deux plaques métalliques chargées d'électriciié, traversée par an gaz ionisé.

On admet généralement aujourd'hui que tous les ions, quelle que soit leur origine, sont semblables et cette opinion est sui^ouc fondée sur l'identité de leur charge électrique. Mes expériences m'ont conduit à admettre au contraire que les divers ions doivent présenter entre eux de notables différences. J'ai observé, en effet, que la rapidité de leur recombi- ■aison ou plutôt de leur disparition — pour ne rien préjuger — varie beaucoup suivant leur origine. Voici

par exemple trois cas où, d'après mes recherches, les ions se conduisent différemment :

1° Ions produits par la combustion. — Ils peuvent traverser un tube métallique refroidi de 2 mètres de longueur comme le prouve l'action qu'ils exercent sur un électroscope placé à l'extrémité de ce tube (fig. 53), mais une couche deau de faible épaisseur les arrête; ^

2° Ions produits par certaines réactions chimiques. — Je men-

Recombinaison de> ions obtenu» dant la distociation de la ma.ière par Us réaction» chimiQuxi. — A, fi«con eontenant de l'eau et d l'amalg'^iae de sodium. CB, tube CCI' douant le gaz ionisé devant rélectr'»sco:->e chargé D. Les ions engendrés datis cette forme de la distociation di <» matière se nentraliswit très vits, il sffnt de donner une certaine loEga*'ir au tube CB pour que la décharge de l'élactroscope devienne presque nulle contrairement à ce qui s'observe dans l'expérience représentée fig.

53. C'est pour cette raison qu'il est préférable d'employer le dispositif, représenté fig. 51, pour étudier la dissociation de la matière par réactions chimiques.

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tionnerai seulement parmi ces réactions la formation de l'hydrogène par l'action de l'amalgame de sodium sur l'eau. Les ions obtenus disparaissent presque entièrement après avoir traversé quelques centimètres de tube (fig. 54);

3» Ions produits par l'oxydation du phosphore. — En faisant barboter & travers un flacon contenant de l'eau, de l'air ayant traversé un ballon renfermant des fragments de phosphore très divisé, on constate par l'action de l'air sur l'électroscope que tous les ions n"ont pas été retenus par l'eau, comme cela s'observe avec ceux obtenus dans les opérations précédentes.

On voit par les trois exemples que je viens d'indiquer que les ions peuvent présenter entre eux de réelles différences malgré leurs incontestables analogies.

La quantité de molécules gazeuses pouvant être ionisées dans une masse de gaz donnée est relativement très faible, si énergique que soit le procédé d'ionisation employé. S'il en était autrement, on arriverait facilement à extraire des atomes une quantité colossale d'énergie. Rutherford évalue à une par 100 millions, le nombre de molécules dissociées ou plutôt ayant subi un commencement de dissociation dans un gaz. On arrive à ce chiffre par diverses méthodes, notamment en déterminant le nombre de gouttes d'eau résultant de la condensation de la vapeur d'eau produite par la présence des ions. Bien que la quantité des molécules dissociées paraisse minime, le chiffre des ions est encore considérable en raison du nombre de particules que contient un gaz, et qu'on évalue à 36 millions de milliards par millimètre cube. Un millimètre cube d'un gaz pourrait donc contenir 360 millions de particules ayant subi un commencement de dissociation bien qu'une molécule seulement sur 100 millions soit partiellement dissociée .

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