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EXPERIENCES SUB LA VARIABILITE DES ESPECES

pas en réalité le mercure qui s'oxyde mais les traces de magnésium qu'il contient. En s'oxydant le magnésium transforme le mercure en une poudre noire impalpable qui occu;)e un volume considérable.

Pour constater la décomposition de l'eau par le mercure, on le verse dans un verre plein de ce liquide, dès qu'il a cessé d'être en contact avec le magnésium (fig. 56). La décomposition de l'eau est immédiate. Elle se ralentit au bout d'un quart d'iioui-e, mais dure pendant plus d'une heure.

Le mercure modifié perd rapidement à l'air ses propriétés, mais on peut le conserver indéfiniment avec ses propriétés nouTelles en le recouvrant simplement d'une légère couche d'iiuile de vaseline.

Transformation des propriétés du magnasium. — Si dans l'expérience précédente, au lieu de mettre un mince fragment de magnésium dans le mercure sous pression, "* on y introduit une lame d'une certaine épaisseur, 1 millimètre par exemple, on consiate en retirant cette lame au bout de deux ou trois heures et la plongeant dans de l'eau, que le liquide est vivement décomposé (fig. 57). L'hydrogène de l'eau se dégage et son oxygène se combine avec le métal pour former de la magnésie. L'opération se continue pendant environ une heure, et, comrre pour le mei'cure, finie par s'arràter. Si, après avoir plongé le magnésium dans l'eau, on le retire, sa température s'élève considorahlement et il s'oxyde à l'air.

Cette oxydation du magnésium à l'air, est — contrairement à ce que nousverrons pour l'aluminium — fort légère et ne se manifeste que si le métal est mouillé. Retiré du mercure et essuyé de suite avec un linge sec, il ne s'oxyde pas, mais garde indéfiniment la propriété de décomposer l'eau s'il est conservé dans un endroit bien sec.

Dans les expériences précédentes, nous avons opéré sans l'intervention d'aucun réactif, simplement en mettant en présence deux métaux qui ne se mélangent pas à l'état ordinaire, mais que nous avons forcés à pénétrer l'un dans l'autre en faisant agir une légère pression. L'opération demande plusieurs heures. Elle n'exige que quelques secondes si nous faisons intervenir un réactii qui, par le fait seul qu'il attaque le magnésium, diminue sa résistance à l'action du mercure.

Dans un large flacon, introduisons quelques centimètres cubes de mercure, une lame de magnésium, de l'eau contenant 1 o/o d'acide chlorhydrique, et secouons fortement le flacon pendant 20 secondes

Fig, 57.

Décomposition de l'eau par du magnésium contenant des traces d» mercvre.

(Photographie instantaDée.)

environ. Retirons alort, le magnésium, lavons-le rapidement pour le débarrasser de toute trace d'acide chlorhydrique, essuyons-le et jetons-le dans une éprouvette pleine d'eau. Il décomposera de suite ce liquide. Retiré du flacon et versé dans un verre plein d'eau, le mercure la décomposera également.

Transformation des propriétés de l'aluminium. — Les expé-

hences avec l'aluminium sont bien plus frappantes que celles obtenues avec le magnésium.

Faire naître immédiatement sur la surface d'un miroir poli d'aluminium une végétation de gerbes épaisses, blanches comme la neige, constitue une des plus curieuses expériences de la chimie, une de celles qui ont le plus frappé les savants auxquels je l'ai montrée. Sa réalisation est fort simple.

On peut, comme pour le magnésium, faire agir le mercure sous pression, mais l'action du choc est bien plus rapide.

11 suffit d'introduire dans un flacon contenant quelques centimètres cubes de mercure des lames d'aluminium polies an rouge d'Angleterre ou simplement nettoyées à l'émeri et secouer très fortement le flacon pendant deux minutes*. Si l'on retire ensuite nne des lames, qu'on l'essuie soigneusement et qu'on la pose ver-

1. Tous les chiffres que je donne dans ce travail devront être suivis très exactemenl par les personnes qui voudront répéter mes expériences. Les chocs ripétés produits par des secousses tendent à engendrer des combinaisons qui ne M manifestent pas auiremenl. C'est en imprimant environ 3.000 secousses à un flacon, contenant de l'éthylène et de l'acide sulfurique qaeU. Bertbtlot a obtenu, comme on i« tait, la synthèse d« l'alcool.

Fie. 58 à 61.

Farmalion de gerbes d'alumine *ur des lames d'aluminium recouvertes de traces invisibles de mercure. (Photographie instantanée.)

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