EXPÉRIENCES SUR LA VABIABILITÉ DES ESPÈCES 3S
FiG. 62.
Vitpositif de l'ex-
ticalement sur un support, on la voit se couvrir presque instantanément de gerbes blanches d'alumine, qui en quelques minutes finissent par atteindre 1 centimètre de hauteur (fig. 58 à 61). Au début de l'expérience, la température de la lame s'élève jusqu'à 102".
L'oxydation qui précède ne se manifeste pas si l'aluminium est introduit dans de Tair on de l'oxygène complètement desséchés. La présence d'une petite quantité de vapeur d'eau est donc indispensable pour la production du phénomène. L'alumine qui se forme est d'ailleurs toujours hydratée.
Si, au lieu de poser l'aluminium sur un support, on le jette dans un vase plein d'eau, immédiatement après l'avoir retiré du mercure, il décompose énergiquement ce liquide et se transforme en alumine. L'opération ne s'arrête que quand l'aluminium est entièrement détruit, destruction complète qui ne s'observe jamais avec le magnésium. Une lame d'aluminium de 1 millimètre d'épaisseur, de 1 centimètre de largeur et de 10 centimètres de longueur est entièrement pirtenee per- détruite par oxydation en moins de 48 heures. '"'"T'un "la- Comme pour le mercure transformé, il est facile vte d'aiumi- ^^ conserver indéfiniment à l'aluminium modifié nium, ayant toutes ses propriétés en le plongeant simplement touché, par sa dans un flacon d'huile de vaseUne. peinte.dumer- On peut 86 rendre compte de la faible quantité cure, la pro- Je mercure nécessaire pour transformer aussi pro-
prtéti àe di- fondement les propriétés de l'aluminium, en introcomposer Veau , . . , "^ , .^ , . j^ ,. .„ ,
et de se trans- Nuisant dans une eprouvette pleme d eau distillée former entière- ^^ contenant une petite quantité de mercure une M<nt Ml aJu- lame d'aluminium nettoyée à l'émeri et mainmine.alorimt- tenue par le bouchon de façon qu'elle ne puisse m» qu'on tniè- toucher le mercure que par son extrémité infé- "' ''d'^toT/ "®"''® ^^^' ^^^' ^^ ^°^^ ^^ quelques heures, l'eau eomposUion i« commence à se décomposer, et la décomposition, l'eau est corn- *'<*" même qu'on retire le mercure, se poursuit mencie. jusqu'à ce que la lame soit détruite dans une
longueur de 5 à 6 centimètres au-dessus du point où elle touchait le mercure.
Dans cette expérience l'action du mercure s'est donc étendue bien au delà de la partie qu'il a touchée. On peut dès lors supposer que le mercure a envahi la lame d'aluminium, par un phénomène électro-capillaire. L'expérience suivj^nte est à Tabri de cette objection et montre mieux encore la faible quantité de mercure nécessaire pour transformer les propriétés de l'aluminium.
Dans un flacon sec, et très propre, on introduit une petite quantité de mercure distillé pur, on secoue ce flacon pendant une minute
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et on retire le mercure de faron qu'il a'eu reste aucune trace visible sur ses parois qui ont d'ailleurs conservé toute leur netteté, si le métal employé était bien pur. Le flacon a cependant retenu des traces de métal suffisantes pour transformer les propriétés de l'aluminium. 11 suffit de le laver avec de l'eau aiguisée de 1/5 d'acide chlorhydrique, d'y mettre une lame d'aluminium, et de secouer le flacon pendant 30 secondes, pour que la lame qu'on en retire jouisse des propriétés d'oxydation signalées, bien qu'il soit impossible de percevoir à sa surface aucune trace d'amalgamation'.
On peut traduire par des chiffres la dose de mercure nécessaire pour produire la transformation de l'aluminium. Si, dans un flacon contenant de l'eau acidulée par 1/5 d'acide chlorhydrique, on introduit une trace de bi chlorure de mercure assez faible pour que le liquide n'en contienne que 1/12. 000 de son. poids, puis qu'on y mette une lame d'aluminium et qu'on secoue le flacon pendant 2 minutes, ce dernier métal acquiert toutes les propriétés que nous avons signalées, bien que, comme dans l'expérience précédente, il ne présente à l'œil aucune trace d'amalgamation.
La force électro-motrice de l'aluminium modifié est plus du double de celle de l'aluminium ordinaire. Avec un couple formé de platine, d'eau pure et d'aluminium ordinaire la force électromotrice que nous avons trouvée a été de 0»,75. En remplaçant dans le même couple l'aluminium ordinaire par de l'aluminium naodifié, la force clecti'O-motrice s'est élevée à l'.GS.
L'hydrogène dégagé pendant la décomposition de l'eau par l'aluminium modifié rend l'air conducteur de l'électricité, comme on le constate en mettant en relation avec un électroscope une cuve métallique contenant de l'eau et des fragments d'aluminium transformé. La décharge de l'électroscope est à peu près la même, que sa charge soit positive ou négative.
En dehors des propriétés nouvelles de s'osyder à froid et de décomposer l'eau, que présente l'aluminium, il a encore acquis la propriété d'être attaqué par les acides acétique, sidfurique et nitrique qui sont habituellement sans aucune action sur lui.
Pour observer ces propriétés nouvelles, il faut prendre les précautions suivantes. Pour l'acide acétique, il n'y a qu'à employer l'acide acétique pur et cristallisable. Pour l'ajcide nitrique, il faut
1. Les conditions dans lesquelles l'alurararam peut se combiner an mercure, sans intervention d'aucun réactif, poavant se rencontrer dans les laboratoires. j'ai d'abord sapposé que quelques-uns des (ails que j'ftvais constatés devaient être connus depuis longtemps. Après avoir inniilemeol consulté les ouvrages de chimie les plus autorisés sans y trouver autre chose que ce qui concerne Famalgamalion de l'aluminium en présence des bases, je me suis adressé à des chimistes éminents et notamment à M. Ditte, professeur de chimie à la Sorbonne et auteur da travail le plus complet et le plus récent sur -es propriétés de l'aluminium. Tous me répondirent qu'auctui des faits que je- signalais, anssi bien poa/ raluminium que pour le mercure et le magnésium, n'avaient éii pubhés.
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plonger le métal retiré du flacon de mercure dans de l'acide nitrique du commerce. Au bout de quelques secondes, le métal est attaqué très violemment avec élévation considérable de température et dégagement d'épaisses vapeurs rutilantes. On rend la réaction moins dangereuse en étendant l'acide nitrique de moitié de son poids d'eau.
Si, au lieu d'acide nitrique du commerce, on employait de l'acide nitrique pur à 40°, l'aluminium ne serait pas attaqué.
La différence d'action entre l'acide nitrique pur et l'acide nitrique /'impur n'est pas un exemple isolé. On connaît depuis longtemps la différence d'action qu'exerce sur le plomb l'eau pure et l'eau ordinaire. L'eau pure l'attaque, alors que l'eau ordinaire ne l'attaque pas. II suffit de verser de l'eau distillée sur de la limaille de plomb récemment préparée pour que le liquide se trouble en quelques minutes par formation d'oxyde de plomb. Si, au lieu d'eau distillée, on se sert d'eau ordinaire, le liquide reste tout à fait limpide. L'eau ordinaire modifie la surface du métal et y dépose des carbonates et des sulfates insolubles.
L'acide sull'urique n'attaque pas l'aluminium ordinaire, d'après ce qui s'enseigne dans les livres de chimie; mais il attaque caergiquement l'aluminium modifié. L'acide sufarique pur est à peu près sans action. Il faut se servir d'acide sulfurique étendu de 2 volumes d'eau. Lorsque l'attaque a commencé, on peut ajouter assez d'eau pour que l'acide sulfurique ne soit plus qu'au 1/100. La réaction se continue presque aussi vive. L'acide sulfurique au 1/100, qui a une action presque nulle sur de l'aluminium noa attaqué déjà par de l'acide concentré, a donc au contraire une action très grande dès que la réaction est commencée. Il peut par conséquent la continuer, mais non la provoquer.
Le fait que l'acide sulfurique pur ou étendu n'attaque pas l'aluminium ordinaire est enseigné dans les ouvrages de chimie, mais il n'est pas tout i fait exact. L'acide sulfurique pur est en effet sans action, mais étendu de moitié d'eau, il attaque l'aluminium instantanément quoique moins énergiquement que quand il s'agit d'aluminium modifié. La constatation d'un fait aussi simple ne pouvant prêter à aucune équivoque, il faut bien admettre que la divergence entre ce qui est écrit dans les livres et ce que l'observation permet de constater tient sans doute à. ce que les premiers chimistes qui ont étudié l'action de l'acide sulfurique sur l'aluminium ont fait usage d'un métal contenant des corps étrangers, dont la fabrication actuelle a su le débarrasser. Les corps étrangers ajoutés à l'aluminium modifient beaucoup ses propriétés. J'ai trouvé des échantillons d'aluminium impur avec lesquels aucune de mes expéi'iences précédemment indiquées ne pouvaient réussir.
De l'aluminium frotté avec un amalgame d'or, cU sodium, d'argent, etc., produit les mêmes résultats que ceux précédemment indiqués. De même si on projette sur une lame d'aluminium un sel de mercure en poudre, par exemple le bichlorure. Elle se
recouTre aussitôt de gerbes. On a même proposé récemment un mélange de bichlorure de mercure, de cyanure de potassium et d'aluminium en limaille pour fabriquer rapidement de l'hydrogène en projetant cette poudre dans de l'eau.
Comment l'aluminium, si réfractaire à se combiner arec le mercure et l'oxygène, arrive-t-il à s'y combiner instantanément? Évidemment ses atomes ont dû subir une transformation assez profonde au moins dans leurs mouvements.
Dans son remarquable mémoire sur les propriétés de l'aluminium, M. Ditte avait déjà montré que ce métal pouvait être attaqué par les acides, mais seulement en employant divers artifices. Pour que l'acide sulfurique faible agisse, il faut lui ajouter un peu de chlorure de platine; si on emploie l'acide azotique, il est nécessaire de faire le vide au-dessus du métal plongé dans l'acide. L'attaque est d'ailleurs très lente et nullement violente, comme dans le cas de l'aluminium modifié. M. Ditte a conclu de ses nombreuses expériences que l'aluminium est un métal facilement attaquable dans une foule de conditions dont plusieurs restent encore indéterminées. Le fait semble indiscutable. On a dû renoncer complètement à l'aluminium dans la Marine et, h moins qu'on ne trouve à l'associer avec un métal qui le stabilise, on ne saurait songer, comme il a été proposé,^ à l 'employer pour les constructions métalliques.