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Bévue scientifique, 2 janvier

OBJECTIONS A LA DOCTRINE DE l'ÉNERGIB 77

telle qu'un gramme d'un corps quelconque renferme l'équivalent de plusieurs milliards de kilogrammètres, est trop contraire aux idées reçues pour pénétrer rapidement les esprits, mais cela tient uniquement à ce que les moules intellectuels fabriqués par l'éducation ne changent pas facilement. M. A. Duclaud l'a fort bien dit dans un arlicie sur le même sujet dont voici un extrait * :

« Les conséqnences des expériences de Gustave Le Bon, qui semblent s'élever contre les dogmes scientifiques de la conservation de l'énergie et de l'indestructibilité de la matière, ont suscité de nombreuses objections. Il en ressort que les esprits se prêtent difficilement à admettre que la matière puisse émettre spontanément (c'est-à-dire d'elle-même, sans aucun concours extérieur) des quantités plus ou moins considérables d'énergie. Cela provient de ce très vieux concept de la « dualité de force et matière », qui, nous portant à les considérer comme deux termes distincts, nous fait regarder la matière comme inerte par elle-même... on peut regarder la matière comme non inerte, comme étant « un colossal réservoir de forces qu'elle peut dépenser sans rien emprunter au dehors », sans pour cela porter atteinte au principe de la conservation de l'énergie.

« Mais l'attaque paraît plus grave, qui vise à l'indestructibilité de la matière. Toutefois, je crois qu'en y réfléchissant bien, on ne doit voir là qu'une question de mots.

« En effet, Gustave Le Bon nous présente quatre stades successifs de la matière... En exposant que tout retourne à l'éther, il accorde aussi que tout en provient. « Les mondes y naissent, et ils y vont mourir », nous dit-il.

« Le pondérable sort de l'éther et y retourne, sous des influences multiples. C'est-à-dire que l'éther est le réservoir, à la fois réceptacle et déversoir de la matière. Or, à moins d'admettre qu'il y ait déperdition de la part de l'éther, fuite du réservoir durant le cours de ce perpétuel échange entre le pondérable et l'impondérable, on ne peut pas conclure qu'il y ait disparition d'une quantité quelconque de matière. Et l'idée d'une déperdition de la part de l'éther est inadmissible, puisque, par hypothèse, l'éther remplit tout l'espace. >

M. Laisant, examinateur à l'École polytechnique, a formulé une idée analogue sur le rôle probable de l'éther dans un travail important qu'il a consacré à l'exposé de nos recherches 2 :

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