‹ L'évolution de la matièreChapitre 39 sur 132 · PRODUITS DE LA DÉMATÉRIALISATION DE LA MATIÈRE · texte numérisé non relu

PRODUITS DE LA DÉMATÉRIALISATION DE LA MATIÈRE

tous les atomes contiendraient des particules électriques de grandeur déterminée, dites électrons.

Supposons maintenant qu'un corps quelconque, un gaz par exemple, soit ionisé c'est-à-dire dissocié. Selon les idées actuelles, il se formerait dans son sein des ions positifs et des ions négatifs suivant un processus comprenant les trois opérations suivantes :

!• L'atome primitivement neutre, c'est-à-dire composé déléments qui se neutralisent, perd quelques-uns de ses électrons négatifs ; 2" Ces électrons s'enveloppent par attraction électrostatique, d'un petit nombre des molécules neutres du gaz qui les entourent de même que les corps électrisés attirent les corps voisins. Cet ensemble d'électrons et de particules neutres forment Vion négatif] 3° L'atome ainsi privé d'une partie de ses électrons possède alors un excès de charge positive, il s'enveloppe à son tour d'un cortège de molécules neutres et forme l'ion positif.

Telle est — ramenée à ses points essentiels — la théorie actuelle que les recherches de nombreux expérimentateurs ont fini par faire adopter malgré toutes les objections qu'elle soulève.

Les choses ne se passent d'ailleurs, comme il vient d'être dit, que dans un gaz à la pression ordinaire. Dans le vide, les électrons ne s'entourent pas d'un cortège de molécules matérielles ; ils demeurent à l'état d'électrons et peuvent acquérir une grande vitesse. On n'observe donc pas dans le vide la formation d'ions négatifs. L'ion positif ne s'y enveloppe pas davantage de particules neutres, mais, étant composé de tout ce qui reste de l'atome, il est toujours volumineux, c'est pourquoi sa vitesse est relativement très faible.

Il arrive parfois cependant, et c'est justement le cas de l'émission des corps radio-actifs, que les électrons négatifs sont expulsés de l'atome dans l'atmosphère, à la pression ordinaire, avec une rapidité trop élevée pour que leur attraction sur les mole-

cules neutres puissent s'exercer. Ils ne se transforment pas alors en ions, restent à l'état d'électrons et circulent aussi vite que ceux émis dans le vide. Ce sont eux qui constituent les rayons p.

Les ions positifs, malgré leur volume, seraient susceptibles également de prendre une vitesse très considérable dans l'émission des corps radio-actifs. C'est là, du moins, le résultat des travaux de Rulherford qui admet que les rayons a — constituant 99 p. iOO de l'émission du radium — sont formés d'ions positifs lancés avec une vitesse égale au 1/10' de celle de la lumière. Ce point aurait besoin d'être élucidé par de nouvelles recherches.

Lorsque les facteurs pression et vitesse n'interviennent pas tt que les ions négatifs et positifs se forment à la pression atmosphérique, ils ont à peu près le même volume. Ce n'est que lorsqu'ils naissent dans le vide, ou qu'ils sont émis avec une vitesse très grande que leurs dimensions diffèrent considérablement. Dans le vide, en effet, l'électron — noyau de l'ion négatif — ne s'entoure pas, comme il a été dit plus haut, de molécules matérielles, et reste à l'état d'électron. Sa masse, d'après diverses mesures dont nous aurons à parler ailleurs, ne dépasse pas la millième partie de celle de l'atome d'hydrogène. Ce qui reste de l'atome privé d'une partie de ses électrons, c'est-à-dire l'ion positif, possède une masse égale el parfois supérieure à celle de l'atome d'hydrogène, et par conséquent mille fois supérieure au moins à celle de l'électron.

11 faut donc, quand on parle des propriétés des ions, distinguer : !• s'ils ont été formés dans un gaz à la pression ordinaire; 2" s'ils ont pris naissance dans le vide; S° si, par une cause quelconque, ils ont été lancés dans l'espace avec une grande vitesse au moment de leur formation. Leurs propriétés varient nécessairement suivant ces divers cas, comme nous le verrons bientôt.

Mais, dans tous ces cas difîérents, la structure

Page 1