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PRODUITS DE LA DÉMATÉRIALISATION DE LA MATIÈRE IIG

générale des ions resterait la même. Leur noyau fondamental serait toujours composé d'électrons, c'est-à-dire d'atomes électriques.

It est naturel d'admettre de notables divergences entre les dimensions et les propriétés des ions formés dans un gaz à la pression ordinaire, et celles des électrons, puisqu'on suppose ces derniers dégagés de tout mélange matériel; mais il semble difficile, avec les théories actuelles, d'expliquer quelques-unes des propriétés des ions, notamment celles qu'on peut observer avec les gaz simples, corps faciles à ioniser par des moyens très divers. On constate alors qu'ils forment par leur ensemble un fluide tout à fait spécial dont les caractères se rapprochent de ceux d'un gaz, sans qu'il en possède toutefois la stabilité. Il peut circuler pendant quelque temps, avant de se détruire, à travers un serpentin métallique relié à la terre, ce que ne parviendrait jamais à faire l'électricité. II possède une notable inertie, comme le prouve sa faible mobilité. Un tel fluide a des propriétés trop particulières pour qu'on ne lui accorde pas un nom; c'est pourquoi j'ai proposé celui de fluide ionique. Nous verrons qu'on peut, grâce à son inertie, le disposer suivant des figures géométriques très régulières.

Les ions étant chargés d'électricité sont attirables par les corps électrisés. C'est même, comme nous le verrons plus loin, le moyen employé pour mesurer leur charge. Lorsqu'on enferme un gaz ionisé entre deux lames métalliques dont l'une a une charge électrique positive et l'autre une charge négative, la première lame attire les ions négatifs et la seconde les ions positifs. Si le voltage de ces lames est faible, une partie des ions se combinent entre eux et se neutralisent, surtout lorsque leur nombre est considérable. Pour les extrairp du milieu gazeux avant leur combinaison, il faut élever le voltage de l'enceinte jusqu'à ce que le courant produit par la circulation des ions reste stable. C'est ce courant maximum qu'on appelle courant de saturation.

La partie de cet ouvrage consacrée à nos expériences nous montrera que si les ions possèdent des propriétés communes permettant de les classer dans la même famille, ils affectent aussi certains caractères particuliers qui les différencient nettement.

Les électrons. — Les électrons ou atomes électriques, dénommés par d'autres « corpuscules», sont, comme nous l'avons vu, le noyau de l'ion négatif. On les obtient dégagés de tout élément étranger, soit au moyen de l'ampoule de Crookes (ils prennent alors le nom de rayons cathodiques), soit au moyen des corps radio-actifs (on leur applique alors la désignation de rayons ^). Mais, malgré ces différences d'origine, ils semblent posséder des propriétés semblables.

Une des plus frappantes propriétés des électrons — en dehors de celle dengendrer des rayons X — est de passer à travers des lames métalliques sans perdre leur charge électrique, ce qui est contraire, comme je l'ai déjà dit. à une propriété fondamentale de l'électricité. Les décharges les plus violentes sont, on le sait, incapables de traverser une lame métallique reliée à la terre, si mince qu'on la suppose.

Ces électrons présumés être des atomes d'électricité pure ont une grandeur définie et probablement aussi une rigidité considérable. Ils portent, quelle que soit leur origine, une charge électrique identique, ou peuvent au moins produire la neutralisation d'une quantité d'électricité qui est toujours la même.

Aucun moyen n'existe de les étudier lorsqu'ils sont en repos. On ne les connaît que par les effets qu'ils produisent lorsqu'ils sont animés d'une grande vitesse.

Leur masse apparente, c'est-à-dire leur inertie, est, nous le verrons dans un autre chapitre, une fonction de leur vitesse. Elle devient considérable et même infinie quand cette vitesse approche de celle de la lumière. Leur masse réelle au repos, s'ils en ont une, ne serait donc qu'âne fraction de la masse apparente qu'ils possèdent en mouvement.

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