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PRODUITS DE LA DEMATÉRIALISATION DE L'A MATIÈRE

Les mesures de l'inertie des électrons n'ont porté que sur les électrons négatifs, les seuls qu'on puisse isoler entièrement de la matière. Elles n'ont pas été effectuées sur les ions positifs. Demeurant inséparables de la matière, ces derniers en possèdent la propriété essentielle, c'est-à-dire une masse constante indépendante de la vitesse.

Les électrons en mouvement se conduisent comme un courant électrique, puisqu'ils sont déviés par un champ magnétique.

Leur structure semble fort compliquée. Sans entrer dans des détails, nous nous bornerons à dire qu'on les suppose constitués par des tourbillons d'éther analogues à des gyroscopes.

Au repos, les électrons sont entourés de rayons rectilignes de lignes de force. En mouvement, ils s'environnent d'autres lignes de force circulaires — et non plus rectilignes — d'où résultent leurs propriétés magnétiques. S'ils sont ralentis ou arrêtés dans leur course, ils rayonnent des ondes hertziennes, de la lumière, etc. Nous reviendrons sur ces propriétés en résumant dans un autre chapitre les idées actuelles sur l'électricité.

Les rayons cathodiques. — Ainsi qu'il a été dit précédemment, les physiciens ont beaucoup varié sur la nature des rayons cathodiques. On les considère aujourd'hui comme composés d'électrons, c'està-dire d'atomes d'électricité pure dégagés de tout élément matériel.

On les obtient par des procédés divers^notamment au moyen des substances radio-actives. La façon la plus simple de les produire en grande quantité est d'envoyer un courant d'induction dans un ballon de verre muni d'électrodes, où l'on a fait le vide au millionième d'atmosphère. Dès que la bobine fonctionne, il sort de la cathode une gerbe de rayons dits cathodiques, déviables par un aimant.

Le bombardement produit par ces rayons a pour

conséquence des effets très énergiques, tels que la fusion des métaux frappés. D'après leur action sur le diamant, on a évalué à 3,500 degrés la teoapérature qu'ils peuvent engendrer.

Leur pouvoir de pénétration est assez faible, alors que celui des rayons X. qui en dérivent, est, au contraire, considérable. Lenard qui, le premier, fit sortir les rayons cathodiques de l'ampoule de Grookes, avait employé, pour obturer l'orifice percé dans le tube, une lame d'aluminium n'ayant que quelques millièmes de millimètre d'épaisseur.

Une portion seulement des particules électriques du tube de Grookes est chargée d'électricité négative. G'est elle qui constitue les rayons cathodiques proprement dits. L'autre — celle produite dans la région la plus centrale — est formée d'ions positifs. On a nommé ces derniers « rayons canaux ». Rayons cathodiques et rayons canaux ont la même composition que les radiations a. et p, émises par les corps radioactifs, tels que le radium et le thorium.

Les rayons cathodiques jouissent de la propriété de rendre l'air conducteur de l'électricité et de se transformer en rayons X dès qu'ils rencontrent un obstacle. Dans l'air ils se diffusent rapidement tandis que les rayons X conservent une marche rigoureusement rectiligne. Lorsque Lenard fit sortir les rayons cathodiques d'un tube de Grookes à travers une lame de métal mince, il constata qu'ils formaient une houppe diffuse ne s'étendant pas au delà de quelques centimètres. Dans les gaz très raréfiés on peut au contraire, au moyen d'un diaphragme, les limiter à un cône exempt de diffusion sur une longueur de 1 mètre.

Quel que soit le gaz introduit dans l'ampoule de Grookes avant d'y faire le vide, vide bien relatif puisqu'il y reste encore des milliards de molécules, même quand la pression est réduite au millionième d'atmosphère, on constate que les rayons cathodiques qui se forment possèdent les mômes propriétés et portent les

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