CHAPITRE VIÎ
La chimie intra-atomique et les équilibres ignorés de la matière.
j 1. — LA CHIWIE INTRA-ATOMIQUE.
Nous venons de montrer sommairement l'existence de réactions chimiques révélant des équilibres de la matière complètement ignorés. Sans prétendre pouvoir déterminer leur nature ne serait-il pas déjà possible de pressentir un peu leurs origines?
Il semble extrêmementprobable qu'un grand nombre des réactions inexplicables dont nous avons parlé, au Ifeu d'atteindre seulement les édifices moléculaires, atteignent, également, les édifices atomiques et mettent en jeu les forces considérables renfermées dans leur sein. La chimie ordinaire sait déplacer les matériaux dont les composés sont formés, mais elle n'avait pas songé jusqu'ici à toucher à ces matériaux, considérés comme indestructibles.
Quelle que soit l'interprétation que l'on veuille donner aux faits dont l'exposé va suivre, il est certain qu'ils prouvent l'existence d'équilibres de la matière qu'aucune des anciennes théories de la chimie ne pourrait expliquer.
On y voit des actions considérables produites par des réactions si faibles, que nos balances ne les perçoivent pas, des phénomènes qu'aucune des doctrines chimiques n'aurait su prévoir et qui sont le plus
souvent en contradiction avec elles. Nous nous trouvons au seuil d'une science nouvelle où les réactifs usuels et la balance ne peuvent être d'aucun secours, puisqu'il s'a^àt de réactions dont les effets sont très grands, bien quil n'y ait que des quantités fort petites de matière mises en jeu.
Les phénomènes fondamentaux révélant la dissociation des atomes, ayant été étudiés ailleurs, il serait inutile d'y revenir maintenant. Les laits que nous allons énumérer prouvent, suivant nous, que cette dissociation joue un rôle important dans beaucoup de phénomènes inexpliqués jusqu'ici.
Ces faits ne sauraient être classés d'une façon méthodique, puisqu'il s'agit d'une science qui n'est pas encore née. Nous nous bornerons donc à les décrire dans une suite de paragraphes, sans essayer de les présenter avec un ordre que leur carac4,ère fragmentaire ne comporte pas.
§ 2. — LES MÉTAUX COLLOIDAUX
Un des meilleurs types des substances, échappant aux lois ordinaires de la chimie, est représenté par les métaux colloïdaux. Un des moyens employés pour les préparer suffirait à indiquer, à défaut de propriétés toutes spéciales, que l'atome doit y être partiellement dissocié.
Nous avons vu que des pôles métalliques d'une machine statique en mouvement sortent des électrons et des ions, résultant de la dissociation de la matière. Au lieu d'une machine statique, qui pourrait d'ailleurs être employée, prenons, uniquement pour la commodité de l'expérience, une bobine d'induction et terminons ses pôles par des tiges formées du métal à dissocier, de l'or ou du platine, par exemple, que nous plongerons dans de l'eau distillée. En faisant ensuite éclater des étincelles entre les deux tiges, suivant la méthode décrite par Bredig, on voit se former un