LA CHIMIE INTRA-ATOMIQUE ET LES ÉQUILIBRES
nuage autour des électrodes. Au bout d'un certain temps, le liquide se colore et contient, en plus de particules métalliques arrachées des électrodes et faciles à séparer par filtration, quelque chose d'inconnu provenant de la dissociation du métal. C'est à cette chose inconnue qu'on donné le nom de métal colloïdal*. Si l'opération est prolongée, le meta' colloïdal ne se forme plus, comme si le liquide étaiv, saturé. Cinq à dix milligrammes par litre semble être le maximum qu'il puisse contenir.
Les propriétés des métaux à l'état colloïdal sont absolument différentes de celles des corps dont ils émanent. A la dose prodigieusement taible de 1/300" de milligramme par litre, le métal colloïdal exerce déjà les actions très énergiques que nous indiquerons plus loin.
Le liquide où se trouve le métal colloïdal est coloré, mais il est impossible d'en rien séparer par filtration, ni d'y apercevoir au microscope ordinaire aucune particule en suspension, ce qui prouve que ces particules, visibles seulement avec l'ultra microscope, sont inférieures aux longueurs d'onde de la lumière.
La théorie des ions étant applicable à la plupart des phénomènes, on l'a naturellement appliquée aux colloïdes. Une solution colloïdale est considérée aujourd'hui comme contenant des granules porteurs de charges électriques, les unes positives, les autres négatives.
Quoi qu'il en soit de cette théorie, évidemment rudimentaire, il demeure certain qu'un métal colloïdal n'a gardé aucun des caractères du même métal à l'état ordinaire. Ses atomes ont probablement subi un commencement de dissociation et c'est justement pour cette raison qu'ils ne possèdent plus leurs anciennes propriétés. Du platine ou de l'or colloïdal ne
1. Il existe des méthodes chimiques pour préparer les métaux, l'argent notamment, à l'état dit colloïdal, mais il n'est pas du tout démontré qu'ils soient identiques aux corps obtenus avec l'étincelle électiique suivant la méthode que je viens d'indiquer.
~L>0 L ÉVOLUTION DE LA MATIÈllE
méritent plus les noms d'or, ni de platine, bien que fabriqués avec ces métaux.
Les propriétés des métaux colloïdaux sont, en effet, sans aucune analogie avec celles d'un sel du même métal en solution. Par certaines de leurs actions, ils se rapprochent beaucoup plus des composés organiques, les oxydases notamment, que des sels minéraux. Ils présentent les plus grandes analogies avec les toxines et les ferments, d'où le nom de ferments inorganiques qu'on leur donne quelquefois. Le platine colloïdal décompose l'eau oxygénée comme le font certains ferments du sang; il transfornîe l'alcool par oxydation en acide acétique comme le fait le mycnderma aceîi. L'iridium colloïdal décompose le formiate de chaux en carbonate de chaux, acide carbonique et hydrogène à l'instar de certaines bactéries. Chose plus curieuse encore, les corps qui, de même que l'acide prussique, l'iode, etc., empoisonnent les ferments organiques, paralysent ou détruisent de pareille façon l'action des métaux colloïdaux.
Les propriétés si spéciales et si énergiques de ces corps devaient conduire à étudier leurs effets sur l'organisme. Il est très intense. C'est à leur présence dans diverses eaux minérales que M. le professeur Garrigou attribue plusieurs propriétés de ces eaux, celle d'enrayer des phénomènes d'intoxication par exemple. M. Robin a employé les métaux colloïdaux en injectant à des malades 5 à 10 centimètres cubes d'une solution contenant 5 milligrammes environ de métal par litre contre diverses affections : fièvre typhoïde et pneumonie notamment. Le résultat a été l'accroissement considérable des échanges organiques et de l'oxydation des produits d'élimination révélée par une surproduction d'urée et d'acide urique. Les solutions colloïdales étant malheureusement très rapidement altérables, leur utilisation pratique est fort difficile. Les substances colloïdales semblent en état d'évolution. Stabilisées par un procédé quelconque elles n'agissent plus.
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Il n'y a, on le voit, aucune parenté ni rapprochée ni lointaine entre les métaux colloïdaux et les corps .l'où ils dérivent. Aucune réaction chimique ne saurait expliquer les propriétés qu'ils possèdent. Leur mode de préparation autorise à supposer qu'ils contiennent, comme je l'ai dit plus haut, des éléments de matière dissociée. Je n'ai constaté cependant chez eux aucun phénomène de radio-activité, mais si ces phénomènes se produisent pendant la dissociation de la matière, il n'y a pas de raison pour qu'ils apparaissent quand la matière est déjà dissociée.