‹ L'évolution de la mécaniqueChapitre 54 sur 63 · LÉQUATIOX DE LA FORGE VIVE · texte numérisé non relu

LÉQUATIOX DE LA FORGE VIVE

Tout d'abord, un système peut-il admettre une Énergie utilisable quelle que soit la forme attribuée aux relations supplémentaires?

Pour qu'il en soit ainsi, on le voit sans peine, le Potentiel interne doit être la somme de deux termes, dont l'un dépend exclusivement des températures et point des autres variables normales, tandis que l'autre dépend des variables normales et point des températures; en d'autres termes, le système considéré doit se transformer en un système isothermo-adiabatique si on le prive de ses actions de viscosité; d'ailleurs, en un tel système, l'Énergie utilisable se confond avec le Potentiel interne qui ne dépend pas des températures.

Parmi les systèmes que nous venons de définir se trouvent ceux qu'éludie l'ancienne Mécanique.

Les autres systèmes ne sauraient admettre une énergie utilisable en toutes circonstances et quelle que soit la forme des relations supplémentaires. Mais certaines formes particulières attribuées à ces relations peuvent leur assurer une telle Énergie. C'est ce qui arrive, en particulier, lorsque les relations supplémentaires rendent invariable la température de chacune des parties du système, lorsque, par conséquent, toutes les modifications réelles sont isothermiques ; ce sont précisément les conditions qui sont remplies en un système de conductibilité parfaite dont la surface est maintenue à une température uniforme et invariable. L'Énergie utilisable se confond alors avec le Potentiel interne.

Il est un autre cas où le système admet une énergie utilisable en vertu des relations ^supplémentaires ; c'est le cas où ces relations transfor-

ment FEntropie de chacune des parties du système en une fonction de la seule température de cette partie ; d'ailleurs, avec la forme de cette fonction change la grandeur qui joue le rôle d'Énergie utilisable.

Ce cas est réalisé sous son aspect le plus simple lorsque FEntropie de chacune des parties du système garde nécessairement, en toute modification réelle, une valeur invariable. Pour un système dont toutes les modiOcations réelles sont isentropiques, FÉnergie utilisable est identique à FÉnergie interne.

Ce cas n'est point dépourvu de tout sens physique.

Si le système est exempt de viscosité et si Fabsence de conductibilité empêche ses diverses parties d'échanger aucune quantité de chaleur soit entre elles, soit avec les corps étrangers, chacune de ces parties garde, au cours du mouvement, une Entropie invariable. On rencontre, en Physique, des systèmes qui sont approximativement soumis à de telles conditions; les mouvements d'une masse gazeuse dont la conductibilité et la viscosité sont très faibles sont des mouvements sensiblement isentropiques ; c'e,st, en effet, ce que Laplaee a admis touchant les mouvements qui propagent le son dans l'air, tandis que Newton les supposait isothermiques.

Après avoir énuméré les divers cas où un système admet une Énergie ulilisable, il nous reste à justifier cette dénomination.

Lorsqu'on assemble des corps et qu'on les assujettit à subir des modifications qui, de leur en-

Page 1