Liv. VII, v
Letourneau. — L'évolution de la morale. 19
eu entier ; au contraire, dans le même cas, le roi doit donner
aux brahmanes la moitié de la trouvaille *.
En effet, le brahmane est d'une essence absolument supérieure : «Le brahmane en venant au monde est placé au premier rang sur cette terre... Le brahmane ne mange que sa propre nourriture, ne porte que ses propres vêtements, ne donne que son avoir ; c'est par la générosité du brahmane que les autres hommes jouissent des biens de ce monde *. -
« Un brahmane âgé de dix ans et un kchatriya parvenu à l'âge de cent années doivent être considérés comme le père et le fils ; c'est le brahmane qui est le père 3. »
Il est difficile de pousser plus loin la folie de l'orgueil aristocratique.
Il va de soi que des êtres semi-divins, comme les brahmanes, ne sauraient être soumis aux mêmes obligations morales que le reste des mortels : « Un brahmane possédant le Rig-Véda tout entier ne serait souillé d'aucun crime, même s'il avait tué tous les habitants des trois mondes et accepté de la nourriture de l'homme le plus vil 4. »
Au contraire, cent années d'enfer sont infligées à quiconque se précipite sur un brahmane avec l'intention de le tuer et mille à qui Ta frappé 5.
Nous sommes en pleine morale religieuse et les étrangetés ne doivent plus nous étonner.
A tout homme de la dernière classe, qui insultera des Dwidj as (hommes deux fois nés, les brahmanes), on coupera la langue 6. Un stylet de fer, long de dix doigts, sera enfoncé tout brûlant dans la bouche du Soudrâ qui aura outragé un