Ledrain, Histoire £ Israël
spontanés appartiennent aux pauvres, aux étrangers aussi bien qu'aux propriétaires J.
La loi de Ytobel, du jubilé, est bien autrement large, et elle est spéciale aux Israélites : Tous les cinquante ans les biens aliénés doivent faire retour aux anciens possesseurs ; on n'achète pas pour l'éternité *.
Les responsabilités collectives, si communes dans les législations et les mœurs barbares, sont répudiées. « On ne fera pas, dit le Deutéronome, mourir les pères pour les enfants, ni les enfants pour lespères, mais chacun sera puni pour son péché » (xxiv, 16). Pourtant cette vieille loi de l'hérédité des responsabilités était si bien implantée dans les mœurs, que le prophète Kzéchiel doit encore s'élever contre elle : « Pourquoi dites-vous : les pères ont mangé le verjus et les dents des enfants en sont agacées?... Toute vie esta moi, celle du père comme celle du fils, mais c'est celui qui a péché qui mourra » (Ézéchiel, xvnu).
Certains commandements sont empreints de cet héroïsme moral, que condamne le sage Confucius : « Si tu rencontres le bœuf ou l'âne de ton ennemi, qui s'est égaré, ramène-lelui. Si tu vois l'âne de celui qui te hait, abattu sous sa charge, ne le laisse pas là, mais aide-le à porter son fardeau » (Exode, xxxn, 4) 3.
En dépit du pratriotisme étroit, commun à toutes les sociétés primitives ou barbares, le Lévitique est clément à rétranger : « N'affligez pas et ne déchirez pas l'étranger, vous souvenant que vous-mêmes, vous avez été étrangers dans le pays de Mizraïm » (Lévitique, xxiv, 22).
Sans doute il ne faut pas confondre le langage des prophètes, personnages inspirés, souvent égarés, et relativement