Praseott, Conquête du Èlexique, t. 1% p
tM L ÉVOLUTIOM DE LA MORALE.
la guerre et auparavant des ambassadeurs allaient sommer l'ennemi d'adorer les dieux Mexicains et de payer tribut i l'empire*. En cas de refus, les hostilités commençaient et, dès lors, les guerriers mexicains étaient soumis à un code martial ressemblant beaucoup aux nôtres. La peine de mort y était largement prodiguée : mort pour avoir désobéi aux chefs; mort à quiconque attaquait avant le signal donné; à quiconijuc s'emparait du butin d'un compagnon*, etc.
Les captifs faits pendant la campagne étaient conservés, souvent dans des caj^es en forts madriers, jusqu'au jour férié marqué pour leur sacrifice. La cérémonie était solennelle et publique. Le captif désigné était saisi par six prêtres; un pour chaque membre, un pour le cou, puis on retendait sur la pierre convexe des sacrifices; le sixième prêtre, le topihin, ouvrait le thorax de la victime avec un large couteau d'obsidienne; il en extrayait le cœur et l'oiTrait tout palpitant au Dieu 3. Le cadavre était ensuite restitué au propriétaire de Tesclave, (jui le mangeait en conviant ses amis à ce festin.
Dans (faulres fêles on distribuait au peuple des morceaux d'une idole faite d'une pâte de maïs pétrie avec du sang (renfant. C'est là un bel exemjïle de cette anthropopliagie avec Iransubstanlialion, dont j'ai précédemment parlé; car dans ce cas le peuple mexicain croyait manger les os et la chair mêmes du dieu Iluitzlilipotchli. Les missionnaires espagnols furent très frappés de celte similitude eucharistique et naturellement ils l'attribuèrent à la malice du démon : « Satan, dit le religieux d'Acosta, s'efforce d'usurper i'hoaneur et le service qui est dû h Dieu seul, quoiqu'il y mêle toujours ses cruautés et ses ordures*. »