‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 155 sur 330 · Acosta, liv. X, cap. xxiv · texte numérisé non relu

Acosta, liv. X, cap. xxiv

Une curieuse variété de sacrifice était celle dite des gladiateurs : le prisonnier, attaché par un pied, se tenait debout sur une large pierre circulaire reposant sur un tertre. Armé d'un bouclier et d'une courte épée, il devait combattre contre un orticicr et un soldat. Était-il vaincu, ce qui était le cas habituel, on l'emportait sur la pierre au sacrifice; dans le cas contraire on lui rendait honorablement la liberté*.

Les sacrifices humains se renouvelaient incessamment. Dans une lettre du 12 juin 1531, adressée au chapitre général de son ordre, Zumarraya dit que, dans la seule capitale de Mexico, deux mille victimes étaient sacrifiées chaque année. Andrès de Tapia essaya de compter les crânes humains ornant en trophées un iéocalli; il s'arrêta, fatigué, au chiffre de 136000.

On affirme que, sur le seul mont Tepajucac, vingt mille victimes périssaient annuellement en l'honneur de la déesse Tonantzin.

Par sa base, toute la civilisation mexicaine plongeait encore dans la sauvagerie; aussi, en fait de pénalité rien ne semblait trop sévère. U fallait que l'individu obéît ou mourût. L'ivrognerie, et ce trait dénote des aspirations morales supérieures, était au Mexique considérée comme un crime, et des lois fort sévères la réprimaient. Chez un plébéien, l'ivresse entraînait d'abord la perte de la liberté, l'esclavage et, en cas de récidive, la mort. Par une singularité aussi louable que rare dans les codes primitifs, les lois répressives de l'ivresse frappaient plus durement le noble que le plébéien : le jeune noble, coupable d'ivrognerie, était étranglé. Pour les nobles d'âge mûr, on était plus indulgent; ils perdaient seulement leur rang et leurs biens V

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