‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 183 sur 330 · Sect. 1% lect. 2% hymne II · texte numérisé non relu

Sect. 1% lect. 2% hymne II

La seule prohibition formelle est celle de Tincestc. Dans un curieux dialogue entre Yamâ et Yamî, frère et sœur, le premier se refuse aux sollicitations très peu voilées de sa sœur :

c Je ne rapprocherai pas mon corps du tien. On a déclaré pécheur celui qui épouse sa sœur. Cherche le plaisir avec un autre que moi. 0 femme, ton frère ne veut point de toi*. »

Il semble, d'après ce texte, que la prohibition du commerce intime entre le frère et la sœur fût de date récente, car Yamî, la sœur, n'y voit pas le moindre mal.

Le Rig-Véda nous renseigne mieux sur Tétat social que sur l'état moral des Aryas védiques. Ils étaient groupés en tribus guerrières ayant leurs nobles, leurs prêtres, leurs laboureurs, pasteurs et artisans, pas encore d'esclaves. Les prêtres, les futurs brahmanes, donnaient déjà l'investiture religieuse au petit chef barbare, et tâchaient de lui arracher des présents par leurs flagorneries.

Ce fut seulement après s'être s'établis en conquérants dans rinde que les Aryas védiques s'organisèrent en grandes monarchies barbares ayant des castes hiérarchisées et fermées au-dessous d'un roi despotique et théocratique. Sur la morale de cette grande société brahmanique, succédant à la société védique, le code de Manou nous donne des renseignements nombreux et précis.

Page 1