‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 26 sur 330 · Romanes, Évolution mentale des animaux, p. 23i · texte numérisé non relu

Romanes, Évolution mentale des animaux, p. 23i

rence essentielle. Tous, ils résultent de raccoutumance, de Taction persistante du milieu extérieur pour les uns, de léducation imposée par l'homme pour les autres.

C'est surtout sur le chien, qu'il est facile d'étudier ces instincts, si incontestablement acquis.

En effet le chien est le plus antique compagnon de l'homme. Excepté à la Nouvelle-Calédonie et dans quelques autres petits archipels de la Mélanésic, on a rencontré c l'ami de l'homme > partout où l'humanité était représentée, si humblement que ce fût. Le premier des animaux domestiques, le chien a été aussi le seul dont l'existence se soit en quelque sorte fondue avec celle de l'homme. Mais cette cohabitation, plus que millénaire, a profondément modifié la nature morale du chien; il en est résulté la disparition de certains instincts, la formation de certains autres, même l'apparition de tendances spéciales, devenues innées, et particulières à cer laines races canines.

Nous citerons quelques-unes de ces particularités :

En Amérique, les descendants de chiens, dressés de longue date à la périlleuse chasse du pécari, savent d'instinct la lactique à suivre; les autres se font dévorer*.

Les jeunes chiens d'arrêt, chassant pour la première fois, arrêtent à tort et à travers, devant des moutons, des pierres blanches, un nid, etc. : il existe dans leurs centres nerveux un penchant organisé, incarné, qui les poussent à tomber en arrêt; mais ce penchant, absolument instinctif, est aveugle, sans direction spéciale. Il y a là sûrement analogie évidente avec les penchants moraux, existant à l'état latent dans le cerveau de tout homme civilisé et qui ont suggéré aux métaphysiciens leur théorie des idées innées. Nous aurons à revenir sur cette analogie. Quant à présent, il nous faut continuer à

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