‹ L'évolution de la morale; leçons professés pendant l'hiver de 1885-1886Chapitre 324 sur 330 · Ibid.y t. II, p. Gl · texte numérisé non relu

Ibid.y t. II, p. Gl

histoire humaine; il fallait une étude raisonnée et méthodique de l'ethnographie; il fallait que la psychologie scientifique sut éclairer l'origine des instincts et des idées; il fallait surtout que la grande doctrine transformiste vint élargir nos méthodes d'investigation et fondre en un tout les fragments jusqu'alors épai^ de nos connaissances.

A Herbert Spencer revient le grand honneur d'avoir enfin donné à l'éthique une base vraiment scientifique, d'avoir construit une théorie générale, qu'aucun fait ne saurait contredire, qui s'accommode de la morale de tous les temps, de tous les pays et nous ouvre même des jours sur la morale de l'avenir.

Le philosophe anglais exprime d'abord l'opinion que certaines idées intuitives, par exemple, celle de l'espace, dérivent des expériences faites par la longue série des ancêtres. Avec le temps ces expériences se sont organisées, consolidées dans le cerveau humain et dès lors tout appareil de démonstration leur est devenu inutile ^ Ce que dit II. Spencer de l'idée d'espace, il aurait pu le dire également de l'idée de temps, si inégalement développée chez les races et les individus, et en général de toutes les conceptions abstraites et intuitives, que les anciens scolastiques appelaient clés universaux». Faisant un rapprochement absolument légitime, l'auteur de la Morale évolulionisiepensey que les intuitions morales se sont organisées dans le cerveau humain exactement comme celle de l'espace : c Je crois, dit-il dans une lettre à Stuart Mill, que les expériences d'utilité, organisées et consolidées à travers toutes les générations passées de la race humaine, ont produit des modifications correspondantes qu'une transmission et une accumulation continuelles ont transformées, chez nous, en certaines facultés

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