De Rochas, Nouvelle Calédonien p
mestique. Un chef prévoyant, par exemple, tuail el salait de temps en temps un de ses sujets, afm d'avoir, tous les jours, un plat de viande ^ Un autre chef, resté légendaire, le grand Bouarate, se régalait souvent avec sa famille de la chair d'un de ses sujets inférieurs. L'opinion publique néo-calédonienne ne condamnait en rien ces princières façons d'agir, Bouarate a laissé derrière lui un éclatant renom : « Grand chefy Bouarate ! Beau seigneur, Bouarate ! » disaient avec emphase les sujets non encore dévorés ^ L'amour paternel Ini-mème se taisait devant tant de gloire. Un père néo-calédonien racontait tranquillement que son enfant avait été mangé par son prince, qui, disait-il, était un grand chef ^.
En résumé, à Fiji et à la Nouvelle-Calédonie, l'étranger, l'homme d'une autre tribu, était considéré comme un gibier, tandis que les femmes, les enfants, les inférieurs tenaient souvent lieu d'animaux de boucherie.
A la Terre de Feu, la femme est, comme en Australie et Wen ailleui*s, un aliment de réserve. Fitzroy en vit sacrifier une, une vieille, dans un jour de disette. On Tétouffa en lui maintenant pendant un certain temps la tète dans la fumée d*un feu de bois vert. La réponse, qui fut faite ace sujet au voyageur anglais, est tout à fait typique ; elle met hors de doute la parfaite innocence, l'absence de scrupule avec lesquelles se commettent, en pays primitif, ces actes poumons horribles, c Pourquoi, disait Fitzroy, ne sacriliez-vous pas plutôt vos chiens? — Le chien prend YiappOy c'esl-à-dire la loutre », répondaient tranquillement les indigènes*.
Ces mœurs ne sont pas spéciales à telle ou telle race, i telle ou telle contrée ; on les retrouve, presque identiques,
1. BojrgareL Races de VOcéanie. in Mém. de la Soc, d^Anihrop.y t. II.