CHAPITRE VIII
Recettes et dépenses. — Contributions directes et indirectes. — Accises. — Monopole de l'eau-de-vie. — Les chemins de fer. — La Dette publique. — La balance avec l'étranger.
Si Ton doit considérer la question agraire comme la plus importante pour le développement de la Russie et si sa solution, qui doit fournir des moyens d'existence en quantité suffisante à cent millions d'habitants est d'une nécessité pressante, la situation financière joue pour le gouvernement, à l'époque considérée, un rôle plus grand encore, rôle qui a été suffisamment mis en lumière, dans tous les moments critiques.
Le budget colossal de la Russie, par l'importance absolue de la somme, occupe le premier rang dans le monde. Sa Dette publique est un peu moindre que celle de la France, mais les annuités du service de cette dette atteignent un chilTre Ijien plus élevé. Cela provient de ce que la Dette publique russe se compose pour plus de moitié d'emprunts extérieurs et que la plus grande partie des emprunts intérieurs sont placés au dehors, et, en outre, de ce que le commerce avec l'étranger est en même temps relativement faible.
La dette russe s'élevait, en effet, en 1907, à 8 milliards 625 millions de roubles, chiffre qui, divisé par celui de la population de l'Empire, représente environ 60 roubles par tète. La Dette publique française est
d'environ un milliard de roubles, soit à peu près 293 roubles par habitant et la dette anglaise de 6 800 millions de roubles ou 153 roubles par habitant. La France ne paie pas plus de 3 pour 400 d'intérêt pour ses emprunts et l'Angleterre 2 i/2 pour 100 seulement, tandis que la Russie a dû consentir à payer 4 et 5 pour 100 du montant nominal, ce qui, en tenant compte des primes de remboursement et des commissions, correspond, pour les derniers emprunts, à 6 pour 100 d'intérêt du montant réellement encaissé.
Depuis 1863, il existe en Russie un système de budget régulier et, depuis 1879, on publie annuellement le budget qui a été établi.
Les tableaux ci-dessous donnent un aperçu des recettes et des dépenses pendant les dernières années. Il en ressort que les dépenses ordinaires croissent plus rapidement que les recettes ordinaires.