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Pour les années li)02 à 1904, les dépenses en question se sont élevées à environ 100 millions par an pour les seules lignes de l'État, circonstance dont on doit naturellement tenir compte si l'on veut juger de la capacité de rendement des chemins de fer.
Suivant le projet de budget déposé à la Douma pour 1909, les dépenses ordinaires, montant à 2 473 232 044 roubles, se répartissaient ainsi :
Ministère de la Cour r. 16 359 -'.95
Conseil de l'Empire 2 221 287
Douma d'Empire 2 772 321
Saint-Synode 31 681 91<
Ministère de l'Intérieur 156 232 301
— des Finances 455 962 844
— de la Justice 72 357 873
— des Affaires étrangères 6 211 014
— de l'Instruction publique 64 027 109
— des Voies de communication 569 948 251
— du Conunerce et de l'Industrie .... 42 001 816
— de l'Agriculture 71 393 512
— de la Guerre 470 623 239
— de la Marine 88 135 050
Contrôle de l'Empire 10 031 724
Service de la Dette 396 656 121
Dépenses imprévues 10 000 000
Tandis que, de 1892 à 4901, d'après Gourko, les recettes ordinaires du budget, par suite d'une estimation trop basse faite lors de l'établissement du budget, dépassaient de 1 261 millions de roubles les dépenses ordinaires, la Dette publique, en raison des dépenses extraordinaires, s'accroissait dans la même période de 1 743 millions, somme couverte par les emprunts extérieurs, en même temps que les anciennes obligations intérieures étaient vendues à l'étranger contre de l'or.
La Russie se trouva sans doute par ce moj-en en état de réunir la quantité d'or nécessaire pour pouvoir adopter l'étalon d'or. Mais il fallut en même temps
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s'en procurer des quantite's de plus en plus grandes pour couvrir les besoins extérieurs.
La Russie contracta sa première dette d'État sous le règne de Catherine 11. Une partie de cette dette résulta d'un emprunt extérieur; une autre partie était représentée par les billets en assignats émis par la Banque nouvellement instituée, assignats payables en monnaie de billon, et le surplus était fourni par un prêt des banques hypothécaires administrées par la Couronne.
Cette triple répartition de la Dette publique a été, en général, conservée jusqu'en ces derniers temps.
Cependant, quand on liquida les banques hyp'ithécaires, après la guerre de Grimée, on transforma la B'inque d'Empire pour lui donner à peu près sa forme actuelle et, tandis que Bunge était ministre des finances, la Couronne créa les caisses d'épargne, qui, en ce qui concerne la Dette, ont assumé le rôle que jouaient les anciennes banques hypothécaires comme acheteurs des obligations intérieures émises par l'État.
Ces caisses d'épargne recueillent près de la moitié de toutes les sommes économisées dans le pays; elles sont subordonnées à la Banque de l'Empire et au ministre des finances. Le total de leurs dépôts se monte à plus d'un milliard de roubles. Sur cette somme, 25 à 50 millions restent en compte-courant à la Banque de l'Empire moyennant un intérêt de i pour 100; le reste est placé en obligations, dont 75 pour 100 se composent de rente intérieure 4 pour 100 de l'État russe. Et, sur l'ordre du ministre des finances, les caisses d'épargne placent ainsi chaque année de 30 à
50 millions de roubles en obligations nouvellement e'mises par le Trésor.
Le total des billets émis par la banque des assignats s'était élevé sous le règne d'Alexandre I", après la guerre, à plus de 800 millions de roubles. Une si grande émission de billets influa de telle sorte sur le cours du change que 4 rouble en assignats ne valait pas plus de 0,20 kopeks argent. Le comte Kankrine, ministre des finances (1824-1843), réduisit alors le stock de billets en circulation à 170 millions en introduisant rétalon d'argent et en rachetant les assignats payables en monnaie de billon, au cours de 1 rouble argent, pour 3 roubles 59 kopeks de papier monnaie.
Mais, après la guerre de Grimée, le même phénomène se renouvela. Le cours du rouble crédit tomba à mesure que la circulation des billets augmentait (en 1861, ils atteignirent le chiffre de 713 millions). Les années qui suivirent ne présentèrent pas une grande difl'érence sous ce rapport. Mais la guerre avec la Turquie abaissa encore davantage la valeur du rouble crédit (à 63,2 kop., en 1879), tandis que la garantie du Trésor public pour les billets en circulation sélevait à 1 130 millions de roubles. Lorsque l'étalon d'or fut adopté en 1897, la somme des billets en circulation avait atteint 1 196 millions, mais, par suite de la réorganisation de la Banque de l'Empire et de l'accumulation de ses réserves en or. la responsabilité du remboursement des billets fut entièrement laissée à la dite banque, sans qu'on lui accordât toutefois l'indépendance nécessaire; ce qui a eu pour résultat qu'à l'étranger on a souvent élevé des doutes sur l'intégrité du montant de son encaisse métallique.
Le premier emprunt extérieur fut conclu en 1769 I);ir l'intermédiaire de banquiers hollandais et italiens,
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au taux de 4 pour 100 et moyennant une commission de 5 pour 100; mais, après la guerre avec Napoléon, le cre'dit de la Russie baissa. Deux emprunts 5 pour 100 furent e'mis par la maison Rothschild de Londres à un taux démission d'un peu plus de 70 pour 100, et gagés sur le produit des douanes de la Baltique.
Cependant, par la suite, les conditions d'emprunt devinrent sensiblement meilleures. Mais la guerre de Crimée fut encore cause qu'un emprunt russe 5 pour 100 de 100 millions de roubles, émis à Amsterdam et à Berlin, ne fut réalisé qu'à 90 pour 100 tout au plus.
En 1860, tandis que Reutern était ministre des finances, la politique financière tendit à favoriser la construction de voies ferrées par des sociétés privées dont les emprunts extérieurs étaient garantis par l'État.
Ces emprunts furent émis de 1862 à 1878, pour un chiffre total de 620 millions de roubles, au taux de 5 pour 100 et à un cours moyen de 73 pour 100, en même temps que les emprunts 5 pour 100 de l'Etat étaient réalisés respectivement à 91 1/-4, 84 1/2 et 83 pour 100. Par suite des conditions désavantageuses pour l'État de ces concessions, les emprunts des diverses compagnies privées de chemins de fer imposaient au budget une lourde charge.
De 1857 à 1907, on émit pour 2 462 792 000 roubles de ces obligations de chemins de fer privés, garanties par l'Etat, au cours moyen de 90 pour 100.
Sur ce chiffre d'obUgations, le Trésor en a assumé et converti pour 1 194 917 086 roubles; il restait ainsi, au 1" janvier 1904, pour 1 141 786 585 roubles de ces obligations de chemins de fer.
Après la guerre avec la Turquie, le plus grand désordre régnait dans les finances; elles furent réorganisées par le ministre des finances Bunge, mais ce ne
fut pa<5 avant la période de 1887 à 1892 que son successeur Vychne'gradski put améliorer les conditions des emprunts émis à létranger. On conclut notamment, en 1891, un emprunt 3 pour 100 de 112 millions à 76.10 pour 100. Le total des nouveaux emprunts extérieurs négociés de son temps, et dont une grande partie fut émise à Paris, atteignait 1 milliard 411 millions, avec lesquels on convertit 1 milliard 241 millions.
Les conditions d'emprunt furent encore plus favorables quand Witte tut à la tète du ministère des finances (1893-1903». Lïntéri^t moyen des sommes réellement encaissées descendit à 3,95 pour 100. au lieu de 4,37 pour 100. On contracta de nouveaux emprunts pour une somme totale de 4 milliards 600 millions et on convertit 2 milliards 828 millions d'anciens emprunts.
Dans ces chiffres, les obligations 4 pour 100 intérieures entrent pour 2 milliards 650 millions ou 2 milliards 280 millions. Avec l'excédent, on remboursa des obligations de diverses sortes que l'État avait assumées jusqu'à concurrence de 879 millions et on paya 639 millions sur la dette de la Banque de l'Empire. Le reliquat formait l'encaisse disponible du Trésor au début de l'année 1904. L'accroissement de la Dette publique russe ressort du tableau ci-joint, dressé par le professeur Migouline.
Le chilfre de la Dette publique atteignait, au 1" janvier 1907, le total de 8 594 193 288 roubles.
Sur cette somme 36,7 pour 100 représentaient des emprunts de chemins de fer, tant émis par l'État que garantis par l'État; 55 pour 100 étaient émis en monnaie étrangère et, par suite, placés principalement à Tétranger.
Sur les 1111000 000 de roubles auxquels se montaient, au 1" 'anvier 1907, les emprunts des lignes de
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