UO
Exportations.
roubles
Différence
entre
l'exportation
et l'importation.
roubles
Le journal russe Industrie et Commerce estime qu'on peut tirer de ces données les conclusions suivantes :
(1) La balance du commerce extérieur devrait se présenter d'une façon encore plus désavantageuse pour les années 1907 et 1908, étant donné que les renseignements pour cette période manquent en ce qui concerne le commerce asiatique et que celuici, dans les dernières années, a montré une tendance à se modilier au détriment de la Russie. Ainsi pour 1906. par exemple, l'importation a d passé l'exportation d^.- 8J millions de roubles.
l'importation des produits d'alimentation accuse une tendance à augmenter, en môme temps que l'exportation, par suite des mauvaises récoltes successives, a fortement diminué. Eu ce qui concerne les produits manufacturés, l'importation augmente peu à peu et l'exportation diminue notablement. La diminution constatée dans la balance avec l'étranger pour 1908 par rapport à 1905 (année qui présentait le résultat le plus favorable; provient, pour 74 pour 100. de ce que l'exportation des produits de première nécessité a diminué d'une manière absolue, et celle des matières brutes et des produits demi-manufactures, d'une façon relative, et. pour 20 pour 100, de ce que l'industrie est eu recul. La cause principale de ce résultat peu satisfaisant est le niveau très bas de l'agriculture et surtout le fait que l'élevage du bétail ne fait aucun progrès.
D'après les chiffres ci-dessus, l'exportation pendant la période décennale de 1899 à 1908 a donné un excédent annuel de 250 millions de roubles en moyenne sur l'importation, c"est-à-dire une augmentation de plus de 100 millions par rapport à la période 1893- 1897. Mais le passif de la balance internationale a également augmenté.
On calcule que les annuités des emprunts émis à l'étranger et des obligations intérieures vendues à l'étranger atteignent environ 300 raillions de roubles, ou tout au moins 250.
On estime que les sujets russes dépensent pour le moins 80 millions pendant leur séjour à l'étranger, tandis que les étrangers, vivant en Russie, ne dépensent dans le pays qu'une somme très minime et envoient au contraire leurs économies dans leur pays.
Le capital étranger placé dans les entreprises russes
|40 L'ÉVOLUTION DE LA lU'SSIE
est évalué très clitïéremment. Suivant certains auteurs, il ne serait plus que de 300 millions après les pertes que les étrangers ont fuites au commencement du siècle; d'autres estiment que le capital étranger se monte à un milliard. En tout cas, il ne serait pas exagéré d'évaluer, comme le fait Gourko, les intérêts de ce capital à 24 millions de roubles.
Les commandes de la Couronne et autres dépenses semblables pour les huit années qui ont précédé 1908 dépassent 330 millions, soit 45 millions par an environ; suivant ce calcul, le passif de la balance internationale, pendant ces dix dernières années, atteindrait en moyenne 400 ou 430 millions de roubles, contre un actif de 230 millions par an.
Pour 1908, le déficit de cette balance s'élevait au chiilre de 290 millions. Pour couvrir la différence, la Russie pouvait avoir à sa disposition la production d'or annuelle, se montant en moyenne à 45 millions de roubles. Le reste devait être comblé en faisant appel au capital étranger, soit sous forme de placement dans des entreprises russes, soit sous forme d'emprunt.
Dans l'un comme dans l'autre cas, le passif de la balance internationale se trouve dérangé par l'intéièt du capital appelé, et dans l'un comme dans l'autre cas, les difficultés financières n'ont point été écartées, et il a fallu introduire continuellement de nouveaux capitaux étrangers.
Un changement dans la balance ne peut être obtenu que si le capital étranger est employé dans les entreprises productives qui accroissent l'exportation ou diminuent l'importation. Mais après les pertes énormes faites par les étrangers au cours des années qui ont suivi 1900 dans les entreprises industrielles russes, et étant donné les conditions défavorables que présen-
LK lUJDr.i-yr
tait le marché intérieur, de l'avis d'une partie des économistes russes, on ne pouvait guère s'attendre à de plus importants placements en Russie de capitaux étrangers, susceptil)les de devenir à la longue avantageux pour les deux partis.
Car les étrangers ont dû stipuler des garanties qui, dans les mauvaises années, équivalent à forcer l'Etat à avancer les sommes que les entreprises créées avec le capital étranger ne peuvent produire elles-mêmes, comme cela a été le cas pour les chemins de fer privés, que l'État, conformément aux clauses de la concession, a dû racheter alors à un prix dépassant les dépenses de premier établissement.
La proportion des divers articles de dépenses du budget russe diffère assez sensiblement de ce qu'elle est pour les budgets des pays de l'Europe occidentale. Un tableau comparatif de lasnopolski indique la proportion existant dans les différents pays entre les dépenses de l'État et les dépenses communales. Les chiffres indiquent le pourcentage de toutes les dépenses générales ne se rapportant pas à l'établissement ou à l'exploitation d'entreprises dirigées par l'État, telles que les chemins de fer et le monopole de l'eau-de-vie.
CHIFFnES PROPORTIONNELS
Grande-Bretagne .
Prusse
France
Russie
DEPENSES
de litat.
des CoinmuDes.
de l'État.
des Communes
PonrlOI.
Pour lOe.
PoiiriOO.
Ponr 100.
242 L'ÉVOLUTION HE LA lU'SSIE
Les chiffres absolus correspondants étaient :
DÉPENSES
de I État. des ConuDanes.
Grande-Bretagne, en
millions de livres
sterling 90,25 67,17
Prusse, en millions
de marks 1 504,07 522,07
France, en millions
de francs 3 297,06 1254,06
Russie, enmillions de
roubles 763.08 204,08
de l'Itat. des Ctniiaget.
En ce qui concerne la Prusse, les dépenses pour les chemins de fer ont été défalquées, comme n'ayant pas leur contre-partie dans les hudgets de l'Angleterre et de la France. Au chapitre des dépenses, le budget russe présentait les chiOres suivants :
Millions de roubles.
Dépenses ordinaires 928,0 1 802.1
Dépenses extraordinaires 199,4 365.0
Total 1127,4 2 167.1
Les dépenses extraordinaires de l'année 1892 comprenaient : 83 millions pour les chemins de fer. 87 millions de secours contre la famine et 26 millions pour la transformation ou le renouvellement de l'armement.
Pour 4902, les principales dépenses extraordinaires étaient les suivantes : pour les chemins de fer, 257,3 milli<jns;pour la guerre de Chine, 82,3 millions, et enfin, pour insuffisance de récolte, 18,6 millions. Ces sortes de dépenses n'ont pas leur correspondant dans les budgets des autres pays pour l'année en question; c'est pourquoi lasnopolski a exclu de la comparaison
toutes les dépenses extraordinaires russes, et, pour que la comparaison fût aussi exacte que possible, il a retianché respectivement des dépenses ordinaires 154,2 millions pour 4892 et 484,5 millions pour 1902, et il est ainsi arrivé aux chiiïres qui figurent aux tableaux. Par suite de l'absence d'organes de self-governmenl local dans une grande partie de la Russie et par suite du système rudinientaire de budget, on a rencontré de grandes difficultés pour établir les dépenses communales. Les chitîres portés sur les tableaux ont été puisés aux sources suivantes.
Dépenses des zemstvos dans 34 gouvernements
Dépenses des villes
Dépenses pour 14 gouvernements privés de l'institution des zemstvos. .
Dépenses pour la Sibérie
— pour le Territoire des steppes
Dépenses pour le Turkestan
— pour la Transcaucasie ....
Dépenses des coimnunes rurales dans
50 gouvernements
Dépenses en Pologne
Taxes d'as.surances dans 49 gouvernements et 3 territoires (circonscriptions)
Assemblées de la noblesse dans 46 gouvernements et 3 territoires
Total 204,780
Millions
Millions
de roubles
de roubles
Ainsi qu'on le voit, le budget russe, comme toute l'administration, est extrêmement centralisé. Les dépenses communales^ poursuivant en général un but de civilisation, n'ont pas augmenté dans la période décennale
ci-dessus, proportionnellement à celles de l'État, circonstance qui provient en partie du faible développement de la vie communale, mais aussi des droits très restreints que possèdent les organes de l'autonomie locale. C'est ainsi, par exemple, que, du temps de Plehve, on a défendu aux zemstvos d'augmenter de plus de 3 pour 100 leur budget, qui s'appliquait presque exclusivement à l'entretien des écoles et des hôpitaux et à l'entretien et à l'e'tablissement des routes.
Vers la fin de 4905. il y avait à combler un déficit de 158 millions de roubles dans les recettes de l'année, et les dépenses pour 1906, abstraction faite des emprunts, dépassaient les recettes de 857 100 000 roubles. Pour couvrir ce déficit, qui atteignait au total 1015100000 roubles, on contracta, en 1906, les emprunts suivants :
Montant nominal Produit net
Roubles. Roubles.
Emprunt extérieur 5 % • . 843 730 000 704 500 000
En rente 4 °/„ intérieure . . 50 000 000 33 000 000 Bons du Trésor à court
terme 354 600 000 335 900 000
Total 1 â48 350 ÛUO 1075 400 000
Il restait donc en 1907, comme disponible sur l'emprunt de 1906, 60 300 000 roubles; mais il y avait encore des bons à court terme, non rachetés, pour un total de 52 millions venant à échéance en 1907.
Le budget de 1907 évaluait le total des dépenses à 2 milliards 471 millions, et celui des recettes à 2 milliards 174 millions, c'est-à-dire qu^il prévoyait un déficit de près de 300 millious de roubles.