‹ L'Évolution De La Technique Des Chemins De Fer Au Cours Des Quinze Dernières Années: et ses conséquences économiquesChapitre 18 sur 37 · places · texte numérisé non relu

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entre Granville et Argentan l’express de Paris qui avait un trop faible trafic dans l’au delà d’Argentan. Ce fut aussi le 1er juillet 1933, Paris-Deauville en Bugatti, à 110 km.-h., puis Paris-Vichy, Paris-Lille, Paris-Le Havre sétcr

Puis, le nombre des « types » d’autorails croît sans cesse : au 1er juillet 1935, le parc du réseau de l'Etat compte 16 types pour 134 unités. Le domaine de leur utilisation augmente aussi : on emploie l’autorail sur les lignes secondaires transversales et principales pour des services omnibus, directs et rapides. En 1934, on transporte par autorails spéciaux les journaux de Paris au Mans, au Havre, à Caen, etc... En bref, sur le réseau de l'Etat, il y a :

en fin 1932 : 1.800 kilomètres.

en fin 1934 : 18.000 kilomètres. :

au 1er juillet 1935 : 32.000 kilomètres parcourus journellement par autorails.

Ce qui fait un tiers du nombre total des km.-tr. voyageur de ce réseau si on exclut la banlieue’. Et sur l’ensemble des réseaux, le nombre des autorails s’accroît entre 1936 et 1940, de plus de 400 unités (sans compter les automotrices électriques). |

Mais les services ultra-rapides par autorails se montrent bientôt dispendieux. La S.N.C.F. après avoir supprimé le service Bugatti Paris-Vichy, supprime aussi sur Paris-Lyon un service identique en 1938. Les parcours kilométriques autorails qui étaient à cette date de 80.000.000 km. annuels, sont ramenés en 1939 à

1. En 1931 sur l’ensemble des réseaux, 20 millions de km. sont parcourus par autorails.

En 1958 sur l’ensemble des réseaux 80 millions de km. sont parcourus par autorails dont 240.000 par des autorails à bagages du S.E.

RSR

60.000.000. Et encore de ce chiffre faut-il défalquer un cinquième parcouru par des automotrices électriques. Le parcours théorique des autorails au service du 15 mai 1939, ne dépase pas 45.000.000 de kilomètres 1.

En résumé, dans la première période de leur évolution,

les autorails ont répondu à un besoin d'économie. Dans

la période suivante, ils ont servi une politique de lutte contre la concurrence. Enfin, dans la dernière phase, ils ont été employés à des essais divers dont l’inutilité fréquente a amené leur diminution.

L’autorail est un véhicule léger et de contenance réduite ?. La Bugatti : 50 places pèse 25 t., la Micheline : 56 places, pèse 8 t. De cette caractéristique découlent de sérieux avantages, tant au point de vue de la qualité du service assuré, qu’au point de vue de son exploitation économique.

19 Quant à la qualité :

a) vitesse : les autorails sont des engins à grande vitesse, à démarrage rapide et à freinage puissant. La Bugatti roule à 140 km.-h. et peut atteindre 190 km.-h. La Micheline, type 23, passe de 0 à 90 km.-h. sur 900 m. et de 80 km.-h. à O0 sur 150 mètres. L’Alsthom-Somua, a une vitesse soutenue de 155 km.-h., atteint le 100 en 28 secondes, passe de 130 à 0 en 33 secondes, sur 650 métres. Ces qualités font que le P.L.M. crée dès 1934, et

1. En date du 10 mars 1941, la S.N.C.F. a supprimé tous ses services d’autorails.

2. Le poids d’une voiture à boggie est de 50 t., celui d’une locomotive de 80 t. en moyenne.

avec plein succès, 12 points d’arrêt intermédiaires sur ses lignes desservies par autorails

Ce réseau évalue en 1934, la moyenne des temps gagnés par l’autorail sur les anciens horaires, à 10% ?. Et même à 20, sur les lignes accidentées où les trains ne démarrent que lentement, et sur les lignes transversales où l’autorail muni de deux postes de pilotage — un à chacune de ses extrémités — peut renverser quasi instantanément, le sens de sa marche.

b) confort : l’aménagement intérieur de l’autorail, sièges, glaces, éclairage, est soigné et plaisant. Il plaît au public, il est peu susceptible de se démoder d’ailleurs. Car, sa légèretè et sa moindre robustesse amèëneront son usure rapide.

20 Quant à l’économie :

a) la dépense d’énergie de traction qu'il cause au kilomètre est plus faible que celle que nécessite un train ordinaire. L’autorail à gazogène des Landes, sur les lignes de Luxey à Mont de Marsan et de Labouyère à Mimizan, n'a consommé en moyenne au cours des mois de décembre 1939 et de janvier 1940, que pour 0, 57 fr. de bois et d’huile de graissage au kilomètre“. L’autorail : Bugatti à essence, dépense lui 8 fr. au km. sur Paris-Vichy, en 1935. Mais on peut prendre comme chiffre moyen pour les autorails, Diesel, de 3.80 à 5.60 au kilomètre.

b) l’autorail use peu la voie sur laquelle il roule, et

1. Ce nombre aurait été plus important si les études de coordination rail-route, n’avaient pas conduit à n’en pas prévoir sur les lignes secondaires susceptibles d’être fermées au trafic.

2. Sur la ligne Marseille-Grenoble, l’autorail réalise 1h. 1/2 de gain sur les temps mis par les trains express.

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