‹ L'Évolution De La Technique Des Chemins De Fer Au Cours Des Quinze Dernières Années: et ses conséquences économiquesChapitre 29 sur 37 · Loi des 40 heures · texte numérisé non relu

Loi des 40 heures

3. Elle aurait été de 62.000 se si le Décret-loi du 19 mai 1939 avait été appliqué

112 ÉVOLUTION DE LA TECHNIQUE DES CHEMINS DE FER Améliorations diverses.

Les Services de la Direction n’ont pas seulement fait porter leurs efforts sur les trois grands points précédents. Par leur position centrale, ils ont pu s’attacher à résoudre de nombreux problèmes d’ordre général dans un sens économique.

D'abord, ils ont abouti, en fusionnant des services, à créer des organismes communs. Ainsi, de nombreux arrondissements de la Voie, du Matériel, de la Traction et de l’Exploitation ont disparu pour ne réapparaître qui réunis sous un même titre.

Puis, la constitution des anciens réseaux en une

Société Nationale des Chemins de Fer, facilitant leur tâche, la comptabilité étant unifiée et de simples moyens de vérification budgétaire étant devenue un précieux instrument de gestion. Ils firent bénéficier l’ensemble des chemins de fer d’une nouvelle technique de recherches, et d’une nouvelle technique d’achat1.

Dans cet ordre d'idées, par exemple, lextension de la substitution des foyers en acier aux foyers en cuivre, a apporté une économie annuelle de 20 millions de francs ; la récupération généralisée des alliages coûteux a évité une dépense annuelle de 10 millions de francs. L’adoption commune d’un nombre plus restreint de types de lampes électriques a réduit les dépenses dans la mesure d'un million par an. Et le développement des attributions du « Service des Achats généraux communs », n’a fait qu’ajouter à ces heureux résultats.

Ce dernier organisme a obtenu des réductions allant de 23 à 58% sur les prix d'achat des imprimés, en parti-

1 L'économie réalisée en 1939 par la S.N.C.F. est de 10% environ.

culier, et, en général, a procuré une économie de 7% sur l’ensemble des achats généraux supérieure à 400.000 francs, soit un gain de 31 millions de francs.

Il a également réalisé, en provoquant la révision des contrats d’achat d'énergie électrique, un bénéfice de 4 millions de francs en 1938, et un bénéfice d’égale grandeur en 1939?.

Section 11

Tarifs

Les Chemins de fer étant assurés de tous les transports, n'avaient jamais cherché l’équilibre de leurs recettes et de leurs dépenses, dans l'établissement des tarifs calculés d’après le prix de revient du transport des. différents produits dont l’acheminement leur était confié. Les tarifs, au contraire, étaient basés sur la valeur même de ces produits. Ils allaient, d’un taux très élevé pour les marchandises d’un grand prix, à un taux très bas pour les marchandises de faible valeur.

Cette tarification «ad valorem», servait l'intérêt général. En facilitant le transport des matières pendéreuses et des matières premières, elle donnait un essort considérable à l’industrie nationale. :

Elle : permettait également l'équilibre financier des chemins de fer. Ceux-ci trouvaient en effet dans l’excédent des recettes dégagé par les transports de marchandises chères, une marge compensatrice au prix relative-

2. Le transport d’énergie électrique que la S.N.C.F. effectua sur ses lignes en 1939 pour le compte des tiers, rapporta à cette société la somme de 25.800.000 francs.

Laurent 9

ment peu rémunérateur, du transport des marchandises bon marché.

Mais de ce principe de tarification, par la spécialisation très poussée des marchandises, découlait une complexité extrême des barèmes. Cette complexité n’allait d’ailleurs qu’en s’accroissant, par la création continuelle de « prix fermes » ou de « tarifs préférentiels» destinés dans tous les cas, à favoriser différents courants de trafic jugés intéressants. e

Or, cette complexité n’allait pas sans soulever de violentes récriminations, spécialement de la part des non-bénéficiaires. Aussi, dès la fin de la grande guerre, profita-t-on du‘ bouleversement économique qu’elle avait produit, pour reviser cette tarification. Et 1l fut procédé à son unification, c’est-à-dire que l’on supprima les différents tarifs qui pouvaient s’appliquer à une même marchandise, en vertu de dispositions exceptionnelles, mais que l’on respecta le principe du criterium « ad valorem ».

Cette restriction ne diminua pas les inconvénients graves que cette nouvelle tarification fit immédiatement apparaître. Elle faisait par trop abstraction de la variété économique du pays et des situations antérieures. Beaucoup d'établissements industriels établis sur la foi des anciens tarifs, furent sérieusement menacés !,

Aussi, très bientôt (1923) les chemins de fer durent apporter de multiples tempéraments à ce système unifié. De nouvelles formules de tarification furent imaginées, pour venir, le plus souvent, en aide aux industries menacées. Parmi ces formules, il y en eut deux princi-

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