CHAPITRE XI La formule d'autorité
I — Sun canicleie négutil. — (Je qiiollc ajoute à la croyance en l'ail et en droit. — Exemple : les interprt^'tations du Tu es Petrus. — Comment cet exemple établit l'importance de la formule dogmatique.
II. — Insuffisance ordinaire des formules premières qui cherchent à fixer un dogme. — Résistance de la théologie à leur modilication dès qu'elles sont sanctionnées avec quelque solennité par les autorités compétentes. — Danger réel que cette modification fait courir au dogme. — Ces formules, cependant, comme les mots d'une langue, n'ont pas partout le même sens ; s'usent ; prennent un sens nouveau ; il en nait même de nouvelles. — En fait, durant longtemps, la fiirmule n'est pas strictement immobile.
III. — La formule à l'état de cristallisation. — Phénomènes qui en résultent : la formule armée de l'autorité du dogme ; le cunflit entre la formule ri les inti'llectuels.
II est, peut-on dire, dans la nature de la formule dogmatique de se présenter, dès son début, avec un caractère négatif; sa raison d'être est de nier. C'est là une vérité qu'exprimait spirituellement Newman quand il écrivait : « Aucune doctrine n'est définie avant d'avoir été violée ». Nous savons, en effet, que la croyance qui constitue l'assiette d'un dogme se forme obscurément dans un milieu donné et qu'elle y peut
demeurer lalenle assez longtemps; elle ne prend nettement conscience d'elle-même que lorsqu'une proposition qui la contrarie vient à être lancée par un groupe ou un isolé; alors la nécessité s'impose à elle de se formuler et nous avons remarqué plus haut, à propos- de l'origine du symbole romain, comment ce premier travail s'accomplit : les autorités compétentes fixent la formule conformément — ou elle ne réussit pas — à la foi précisée par la contradiction dans la masse des fidèles.
Or, en fait comme en droit, cette formule donne à la croyance qu'elle exprime un caractère nouveau. En droit, c'est évident puisque, tant qu'une croyance n'est pas ainsi proclamée par les autorités compétentes, elle ne saurait s'imposera l'assentiment de l'orthodoxe, ni prétendre à plus qu"àson respect extérieur; telles sont aujourd'hui, au regard de la foi catholique, la réalité miraculeuse des guérisons constatées à Lourdes, ou la virginité de saint Joseph. En fait, tant qu'elle est agitée dans la conscience des fidèles, la croyance non définie encore, se place dans le plan des spéculations purement humaines ; sans doute, elle se cherche déjà des appuis dans les textes sacrés, dont elle soumet les parties qui la gênent à une exégèse appropriée à ses propres tendances, mais, ce faisant, elle ne se distingue pas essentiellement de la conviction du critique qui cherche à s'expliquer et à se démontrer, qui pourtant, peut-être, ne dépassera jamais la valeur et l'autorité d'une hypothèse spécieuse. Elle est seulement plus confuse et plus hésitante, parce que l'opinion d'un individu atteint naturellement, surtout s'il a l'habitude de réfléchir, à une précision plus grande que celle d'une foule impulsive. Dès qu'est