CHAPITRE II La révélation et l'inspiration
I. — La révélation selon les ortliodoxies. — Comment s'impose
sa nécessité. — Son principe : l'omniscience divine et la possibilité de sa communication aux hommes.
II. — La révélation conçue comme une conversation entre la divinité et l'homme. — Exemples. — L'artifice de l'intermédiaire entre Dieu et l'homme. — Faiblesse de cet artifice. — Nécessité de recourir à l'inspiration.
11!. — L'inspiration d'après les théologiens. — L'assistance du Saint-Esprit. — Usage quasi universel de l'inspiration. — Ses avantages. — Le phénomène physique de l'inspiration. — Exemples. — L'inspiration dans les Écritures.
IV. — La vraie nature de l'inspiration. — Ses rapports avec l'ambiance où elle se produit. — Son caractère humain et périssable. — Prompte déformation de la figure des grands inspirés. — Exemple de saint François d'Assise.
V. — Désir de fixer la révélation par l'écriture. — Déformation que subit la révélation première avant que d'être définitivement écrite.
VL — Résumé : la révélation con-sidérée du point de vue scientific{ue.
La révélation, selon la définition des orthodosies, c'est la communication faite par Dieu à l'homme d'une vérité inaccessible à la raison réduite à ses seules forces. Les propositions de la religion catholique, qui
expriment des mystères^ se présentent nécessairement comme révélées : l'existence de la Trinité, par exemple, qui, quoique parfaitement réelle, n'altère pas l'Unité de Dieu, ne pouvait évidemment pas être découverte par les moyens d'investigation dont usent d'ordinaire les hommes, soit par l'observation et le raisonnement, car toutes les expériences faites dans le monde sensible, comme les conclusions que la logique en tire, s'opposent à l'accord des deux notions contradictoires que prétend pourtant concilier le dogme en question. L'Incarnation, la Conception virginale, la Rédemption, le Péché originel, autant de notions capitales dans l'orthodoxie catholique et qu'elle ne connaît que parce que Dieu lui-même a pris soin de les lui enseigner, A la révélation aus?i se rapporte toute connaissance véritable de l'avenir; la science des Prophètes et celle du Voyant de V Apocalypse sont, au propre, une communication partielle de la prescience de Dieu. Par la révélation encore, l'homme peut jeter un coup d'œil sur l'au delà de son existence mortelle et prendre quelque idée de la vie éternelle.
Dès qu'une religion cherche à s'évader de l'anthropomorphisme étroit, j'entends dès qu'elle cesse d'imaginer la divinité sous la forme d'un être personnel, plus puissant que les princes de la terre, mais qui leur est cependant comparable et qui vil, en somme, comme eux, dans plus de splendeur et sans le souci de la mort, tels les dieux d'Uomère, dès, par conséquent, qu'elle prétend non plus seulement raconter des histoires divines qui se placent dans le même plan que les faits humains, mais élucider les problèmes que la i>fl;5s:îè"ÇNiOse devant la raison, "^^^^
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