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LES FORCES MANIFESTÉES PAR LES ÊTRES VIVANTS

extrêmement compliquée et leurs pfopriétés le sont beaucoup plus encore.

D'une façon fort sommaire, on peut dire qu'elles se composent d'une substance granuleuse, le protoplasma, contenant à son centre un noyau filamenteux. Le microscope a révélé la structure de cette poussière" vivante. Le plus* merveilleux est ce qui ne s'y aperçoit pas. Elle contient, en effet, le germe des formes ancestrales et celles qui naîtront de sa future évolution.

• Tout être vivant dérive d'une cellule primitive, l'ovule, dont les transformations suffisent à former en un temps très court un être complet.

Les cellules constituent donc les matériaux avec lesquels les êtres vivants sont bâtis. Les plus inférieurs de ces êtres se composent d'une seule cellule. Elles se multiplient, se soudent, s'associent chez ceux plus élevés pour former leurs divers organes. L'être supérieur est donc une véritable société de cellules ayant chacune des fonctions distinctes, mais travaillant dans un intérêt général. L'animal élevé possède un système nerveux qui met en relation les organes formés par ses cellules, des appareils digestifs et circulatoires qui leur apportent les éléments nécessaires à la nutrition ; d'autres, chargés d'expulser les déchets de cette nutrition, etc. Tout l'être vivant travaille pour entretenir les cellules, elles dépendent de lui et il dépend d'elles.

Le protoplasma dont sont composées les cellules représente le fonds vital commun à tous les vivants, du plus humble au plus élevé. Il remplit des fonctions universelles : assimilation, désassimilation, et, au point de vue chimique, anatomique et physiologique, semble peu se modiûer chez les divers êtres alors que leurs formes changent à Tinfîni. La nature, économisant ses efforts, li'avait pas besoin de beaucoup varier la structure élémentaire des êtres.

- C'est en étudiant la vie cellulaire que Ton comprend le mieux la profondeur du mystère de la vie et son étonnante complexité. Il suffira pour le montrer de rappeler ce que j'ai eu occasion d'écrire à ce sujet dans mon dernier volume.

Les édifices chimiques, que savent fabriquer d'humbles cellules, compriennent, non seulement les plus savantes opérations de nos laboratoires : éthérification, oxydation, réduction, polymérisation, etc., mais beaucoup d'autres bien plus savantes encore, que nous ne saurions imiter. Par des moyens insoupçonnés, les cellules vitales construisent ces composés compliqués et variés : albuminoïdes, cellulose, graisses, amidon, etc., nécessaires à Tentretien de la vie. Elles savent décomposer les corps les plus stables, comme le chlorure de sodium, extraire l'azote des sels ammoniacaux, le phosphore des phosphates, etc.

Toutes ces œuvres si précises, si admirablement adaptées à un but, sont dirigées par des forces dont nous n'avons aucune idée, et qui se conduisent exactement comme si elles possédaient une clairvoyance très supérieure à notre raison. Ce qu'elles accomplissent à chaque instant de l'existence plane très audessus de ce que peut réaliser la science la plus avancée.

Le savant capable de résoudre avec son intelligence les problèmes résolus à chaque instant, par les cellules d'une créature infime, serait tellement supérieur aux autres hommes qu'il pourrait être considéré par eux comme un Dieu.

Bien que le protoplasma soit le siège d'une activité incessante, il ne se renouvelle que lentement chez le même être,' ne contribuant pas en effet à son entretien par sa propre substance, mais par les matériaux qu'il s'incorpore. Il ne s'use guère plus que la machine alimentée par du charbon.

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