I. — LE CYCLE DES FORCES
Nous veaons de voir qu'en réduisant à leurs éléments essentiels les forces de l'univers on y retrouve toujours la résistance et le mouvement. La résistance est constituée par Tinertie de la matière ou de Téther et le mouvement par un déplacement de ces substances dans l'espace et le temps.
La grandeur des forces est déterminée par la vitesse des mouvements qu'elles produisent. Leur espèce par la nature de ces mêmes mouvements.
Les mouvements de la matière nous sont connus seulement lorsqu'elle entre en conflit avec un facteur antagoniste qui supprime ou ralentit sa vitesse'. La terre, par suite de ses mouvements de rotation et de translation dans l'espace, possède une énergie cinétique immense, mais on ne s'en aperçoit pas parce que notre globe ne rencontre aucun obstacle sur sa route. Cette énergie cinétique serait pourtant suffisante pour réduire en vapeur la planète que notre globe viendrait heurter. Tous les êtres qui vivent à sa surface sont entraînés par son mouvement et possèdent par suite une énergie cinétique
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considérable. ËHe se manifesterait si on les transportait instantanéilient entre deux points animés de vitesses très différentes, par exemple du pôle à Téquateur. En arrivant à l^éqùateur ils seraient lancés dans Tespace avec une vitesse plus de dix fois supérieure à celle d'un train de chemin de fer.
Indépendamment des mouvements de translation en ligne droite, comme celui d'un bottlet de canon ou de rotation comme celui des astres^ la matière et Téther peuvent présenter des formes de mouvement fort diverses. Il en résulte des forces d'aspects très différents. On observe notamment des mouvements vibratoires tels que ceux d'un diapason, des ondes circulaires analogues à celles produites en jetant une pierre dans l'eau, etc. La lumière et la chaleur rayonnante présentent précisément ces dernières formes de mouvement.
Ce n'eët pas seulement l'espèce des mouvements mais aussi les variations de leur vitesse qui conditionnent la nature des forces. Les théories récentes sur l'électricité mettent bien en évidence ce dernier point. On y voit en effet des phénomènes aussi différents que le magnétisme, le courant électrique,, la lumière, naître de simples variations de mouvement des particules électriques.
Un corps électrisé au repos produit seulement des effets d'attraction et de répulsion et ne jouit, d'aucune propriété magnétique. Mettons-le en mouvement, il s'entoure aussitôt de lignes de force magnétiques et produit tous leâ effets d'un courant semblable à ceux parcourant les fils télégraphiques. Faisons varier par une accélération brusque la vitesse des particules, et elles ravonnent aussitôt dans l'éther des ondes hertziennes, des ondes calorifiques, et enfin de la lumière. Ces formes d'énergie si différentes apparaissent donc «omme la conséquence de simples changements de mouvement.
Les forces de la nature coptiennent probablement d'autres éléments que le mouvement. Mais ces élémenta n'impressionnant pas nos réactifs, nous ne les connaissons pas. Dans Focéan des phénomènes, la science ne peut trier que ce qui lui est accessible.