I. — LES ORIGINES DE LA MATIÈRE
L'origine des choses et leur un font partie des grands mystères de Tunivers qui firent dépenser aux religions, aux philosophies et à la science le plus de méditations et d'efforts. Ces mystères paraissant insondables, beaucoup de penseurs se détournent d'eux. Mais l'esprit humain ne s'est jamais résigné à ignorer, il invente des chimères quand on lui refuse des explications et ces chimères deviennent bientôt ses maîtres.
La science n'a pas encore allumé les flambeaux capables d'illuminer les ténèbres qui enveloppent notre passé et voilent l'avenir. Elle peut cependant projeter quelques lueurs dans celte nuit profonde.
Si tout dérive de l'éther et y retourne ensuite, on doit se demander d'abord comment une substance aussi immatérielle se transforme en corps lourds et rigides, tels qu'un rocher ou un bloc de métal.
Les idées que nous avons exposées sur la structure de la matière permettent de le comprendre un peu et d'en déduire la théorie suivante :
Les corps sont constitués par une réunion d'atomes composés chacun d'un agrégat de particules en rota-
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tion, probablement formées de tourbillons d'éther. Par suite de leur vitesse, ces particules possèdent une énergie cinétique énorme. Suivant la façon dont leurs équilibres sont troublés, elles engendrent des forces diverses : lumière, chaleur, électricité, etc.
11 est probable que la matière doit uniquement sa rigidité à la rapidité du mouvement de rotation de ses éléments et que, si ce mouvement s'arrêtait, elle s'évanouirait instantanément dans l'éther, sans rien laisser derrière elle. Des tourbillons gazeux, animés d'une vitesse de rotation de l'ordre de celle des rayons cathodiques, deviendraient vraisemblablement aussi durs que l'acier. Cette expérience n'est pas réalisable, mais nous pouvons pressentir ses résultats en constatant la rigidité apparente considérable acquise par un fluide animé d'une grande vitesse.
Des expériences faites dans des usines hydro-électriques ont montré qu'une colonne liquide de 2 centimètres seulement de diamètre, tombant à travers un tube d'une hauteur de 500 mètres, ne peut êlre entamée par un coup de sabre lancé avec violence. L'arme est arrêtée, à la surface du liquide, comme elle le serait par un mur. M. le professeur Bernard Brunhes, témoin de ces expériences, est persuadé que si la vitesse de la colonne liquide était suffisante, un boulet de canon ne la traverserait pas. Une lame d'eau de quelques centimètres d'épaisseur, animée d'une vitesse assez grande, resterait aussi impénétrable aux obus que le mur d'acier d'un cuirassé.
Donnons au jet d'eau précédent la forme d'un tourbillon, et nous aurons l'image des particules de la matière et Pexplication probable de sa rigidité.
Ceci permet de comprendre comment l'éther immatériel, transformé en petits tourbillons animés d'une vitesse suffisante, devient très matériel. On comprend aussi que, si ces mouvements tourbillonnaires étaient
arrêtés, la matière s'évanouirait instantanément en retournant à Téther.
La matière, qui semble notis donner Timage de la stabilité et du repos, n'existe donc que grâce à la rapidité des mouvements de rotation de ses particules. La matière, c'est de la vitesse, et comme une substance animée de vitesse est aussi de Ténergie, il est permis de considérer la matière comme une forme particulière de l'énergie.
La vitesse étant une des conditions fondamentales de l'existence de la matière, on peut dire que cette dernière est née le jour où les tourbillons d'éther ont acquis, par suite de leur condensation croissante, une rapidité suffisante pour posséder de la rigidité. Elle vieillit lorsque la vitesse de ses éléments se ralentit. Elle cessera d'exister dès que ses particules perdront leurs mouvements.
Nous sommes amenés ainsi à cette première notion essentielle : Des particules d'une substance quelconque, si ténues qu'on les suppose, prennent, par le seul fait de leur vitesse, une rigidi'té très grande et se transforment en matière. Recherchons maintenant comment, avec ces deux éléments : particules d'éther et vitesse, il est possible de comprendre la genèse d'un univers.