LA FORMATION D'UN SYSTÈME SOLAIRE
La première théorie scientifique sur l'origine du monde fut, comme on le sait, formulée par Kant et développée par Laplace. Suivant ce dernier, notre système solaire, avec son cortège de planètes, dériverait d'une nébuleuse primitive analogue à celles observées dans l'espace. Agglomérée sous l'influence de la gravitation, qui serait ainsi la force primitive, elle a formé un globe central animé d'un mouvement
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de rotation dont les particules, s'attirant constamment, se sont de plus en plus rapprochées.
En raison de sa rapidité croissante de rotation, consécutive à la condensation, ce premier noyau du soleil s'est aplati et, à un certain moment, se détachèrent de lui, par suite de la force centrifuge, des anneaux analogues à ceux existant autour de Saturne.
Continuaut leur mouvement de rotation, ces anneaux finirent, toujours sous l'influence de la force centrifuge, par se rompre en fragments. De ces fragments projetés dans l'espace, naquirent les planètes tournant autour du soleil. Incandescentes d'abord, comme ce dernier, mais refroidies plus vite en raison de leur faible volume, elles sont enfin devenues habitables pour des êtres vivants.
Laplace arrêta ses investigations à la planète refroidie et ne s'occupa ni des éléments qui la formaient ni de ceux pouvant entrer dans la constitution des autres systèmes solaires.
Il est possible aujourd'hui d'aller plus loin et d'appliquer aux atomes les lois qui semblent avoir présidé à la naissance et à la formation de notre univers.
On admet maintenant que les atomes sont formés de nombreuses particules tournant autour d'une ou plusieurs masses centrales avec une vitesse de l'ordre de celle de la lumière. L'atome peut donc être comparé à un soleil entouré de son cortège de planètes. Sa petitesse ne saurait empêcher une telle comparaison. Pour une immensité sans limites, l'extrême petitesse ne diffère pas beaucoup de l'extrême grandeur. Des êtres suffisamment petits considéreraient le système planétaire formé par les éléments d'un atome comme aussi important que le sont pour nous les astres gigantesques dont l'astronomie observe la marche.
Dans l'étude de l'évolution des mondes, il est facile d'aller, comme nous le disions, beaucoup plus loin que ne le faisait Laplace. •
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Personne ne pouvait soupçonner à son époque que l'analyse spectrale ferait connaître la composition du soleil et y révélerait des éléments identiques à ceux de notre globe, preuve évidente que le second dérivait du premier.
Cette analyse permit, en outre, de suivre la genèse des éléments dont se composent les divers univers. La variation des spectres stellaires dans le rouge et Tultra-violet indique la température des étoiles, par conséquent leur âge relatif, et les raies spectrales firent connaître leur composition. On a ainsi déterminé les corps apparaissant dans les astres avec les variations de température correspondant à des phases diverses d'évolution. Dans les étoiles les moins anciennes, c'est-à-dire les plus chaudes, n'existent guère que des gaz peu nombreux, l'hydrogène principalement ; puis, à mesure que ces astres se refroidissent, apparaissent successivement les corps simples que nous connaissons, en commençant par ceux dont le poids atomique est le moins élcTé.
Depuis que l'astronomie sait fixer par la photographie l'image des étoiles, elle en a découvert un nombre beaucoup plus grand qu'on le croyait. Elle évalue aujourd'hui à plus de 400 millions, sans parler naturellement de ceux iuTisibles et par conséquent inconnus, le nombre d'astres : étoiles, planètes, nébuleuses existant au firmament. L'analyse spectrale les montre à des âges très divers d'évolution. Leur passé doit être d'une effrayante longueur, puisque les géologues évaluent à plusieurs centaines de millions d'années l'existence de notre planète.
Pendant ces entassements de siècles ignorés pai^ l'histoire, les millions d'astres dont l'espace est peuplé ont dû commencer ou terminer des cycles d'évolution analogues à celui parcouru par notre globe aujourd'hui. Des mondes peuplés comme le nôtre, couverts de cités florissantes remplies des merveilles de la science
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et des arts, ont dû sortir de la nuit éternelle et y rentrer sans rien laisser derrière eux. Les pâles nébur leuses aux formes incertaines représentent peut-être les derniers vestiges de mondes qui vont s'évanouir dans le néant ou devenir les noyaux d'un nouvel . univers.
Comment les mondes peuvent-ils subir la phase d'évolution descendante succédant à la phase d'évolution ascendante sommairement indiquée dans ce chapitre ? C'est ce que nous étudierons bientôt.
Nous retiendrons surtout de ce qui précède que les transformations révélées par l'observation des astres indiquent la marche générale de l'évolution des mondes. Elle est toujours enfermée dans ce cycle fatal des choses : naître, grandir, décliner et mourir.
Qu'il s'agisse de la transformation des mondes où de celle des êtres vivant à leur surface, la lenteur est toujours la loi de l'évolution. Pour arriver à former des êtres doués de la petite dose d'intelligence possédée par l'homme, la nature a fait évoluer pendant des milliers de siècles les formes animales qui l'ont précédé. Ses transformations ne se réalisent qu'au prix de très lents efforts. Elle ne saurait pas créet* un monde en sept jours, comme les dieux des anciennes légendes. Si des divinités puissantes régnent quelque part, ce ne sont pas des divinités souveraines, puisque le temps les domine et qu'elles ne peuvent rien sans lui.
Il faut, pour éviter toute. confusion dans ce qui va suivre, séparer nettement d'abord les énergies moléculaires des énergies intra-atomiques, bien qu'il y ait probablement d'étroites relations entre elles.
Les énergies moléculaires sont les seules connues
de la science jusqu'ici. ËUes engendrent la cohésion, Taffinité, les combinaisons et les décompositions chimiques. Les manifestations de Ténergie intraatomique les accompagnent parfois, comme dans les phénomènes d'incandescence ; mais elles échappaient jadis aux investigations.
Aux énergies moléculaires uniquement ont été appliquées les lois de la thermodynamique et de la thermochimie. Elles se ramènent toujours à ceci : un corps . matériel ne peut émettre d'autre énergie que celle qu'il a reçue d'abord.
Les forces se manifestant au cours des opérations chimiques et industrielles représentent simplement des restitutions ou des déplacements d'énergie, et l'on conçoit que, dans de telles conditions, la quantité de cette dernière reste invariable. Ces opérations sont identiques à celle effectuée par l'introduction dans des réservoirs de formes variées d'une certaine quantité d'eau que contenait un autre réservoir. Cette substitution ne change naturellement pas le poids du liquide.
La science avait donc uniquement examiné ces énergies intra-moléculaires , dont on peut charger les corps. Leur étude conduisait à considérer la naatière comme très distincte de l'énergie et lui servant simplement de support. La matière chauffée ou électrisée pouvait bien absorber de l'énergie, mais elle restituait ensuite cette énergie d'emprunt comme une éponge restitue l'eau qu'elle a absorbée, sans jamais en accroître la quantité.
La matière n'étant que le support de l'énergie, on semblait parfaitement fondé à établir une difîérence profonde et supposée, à jamais irréductible, entre la matière et l'énergie.
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