CHAPITRE IV
L'évanouissement de l'énergie et la fin de notre univers.
s f. — LA VIEILLESSE DES ATOMES ET L'ÉVANOUISSEMENT
Nous venons de voir que Ténergie intra-atomique était une grandeur limitée qui se réduit chaque jour. Comment peut-elle se perdre ?
Ayant déjà traité cette question dans notre dernier ouvrage, nous résumerons simplement ce que nous y avons expliqué.
Dire comment s*évanouit la matière, c'était montrer comment disparaissent les forces, puisque la matière est une forme d'énergie spéciale différant seulement des autres par sa fixité relative et sa concentration très grande sous un faible volume.
Un des produits les plus constants de la dissociation de la matière est la particule dite électrique, dépourvue, d'après les dernières recherches, de tout support matériel, et considérée comme constituée uniquement par un tourbillon d'éther.
Les expériences précédemment relatées prouvent que ces particules émettent des lignes de force et s'accompagnent toujours dans leurs diverses manifestations de ces vibrations de l'éther dites ondes hert-
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ziennes, chaleur rayonnante, lumière visible, lumière ultra-violette invisible, etc.
Ces vibrations représentent pour nous la phase d'évanouissement des éléments de l'atome et des énergies dont ils sont le siège.
Gomment les tourbillons d'éther et les énergies engendrées par eux perdent -ils leur individualité pour s'évanouir dans l'éther? La question se ramène à celle-ci : Comment un tourbillon formé au sein d'un fluide peut-il disparaître dans ce fluide en y produisant des vibrations ?
Sous cet aspect, la solution du problème est assez simple. On voit facilement, en effet, comment un tourbillon engendré aux dépens d'un liquide peut, lorsque son équilibre est troublé, s'évanouir, malgré sa rigidité théorique, en rayonnant son énergie sous forme de vibrations du milieu où il est plongé. C'est de cette façon, par exemple, qu'une trombe marine formée d'un tourbillon liquide perd son existence et disparaît dans TOcéan.
De la même manière, sans doute, les tourbillons d'éther constituant les éléments des atomes peuvent se transformer en vibrations de l'éther. Celles-ci représentent le terme ultime de la dématérialisation de la matière et de sa transformation en énergie avant son anéantissement flnal.
Ainsi donc lorsque les atomes ont rayonné toute leur énergie sous forme de vibrations lumineuses, calorifiques ou autres, ils retournent, par le fait même des rayonnements consécutifs à leur dissociation, à l'éther primitif d'où ils dérivent. La matière et l'énergie sont alors rentrées dans le néant des choses, comme la vague dans TOcéan.
Les défenseurs du postulat de la conservation de l'énergie répondront évidemment à ce qui précède que l'énergie étant par définition supposée indestructible, n'est pas perdue en s'évanouissant dans l'éther et
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reste à l'état potentiel, noyée dans son immensité. Ainsi envisagée, la théorie de la conservation de rénergie représente yisiblement une conception invérifiable, créée surtout par notre besoin de croire qu'il existe dans l'univers quelque chose d'immortel. Ne voulant pas consentir à n'être qu'un éclair dans l'infini, nous rêvons d'un mouvement qui durerait toujours.
Mais, alors même que, suivant cette dernière hypothèse, l'énergie continuerait à circuler sous une forme quelconque dans l'espace, rejetée hors de la sphère de notre univers, elle n'en ferait plus partie, et de toute façon l'énergie de ce dernier serait évanouie. C'est à ce point, d'ailleurs fondamental, que se limite notre démonstration.
Il ne semble pas très compréhensible au premier abord que les mondés qui paraissent de plus en plus stables à mesure qu'ils se refroidissent puissent devenir instables au point de se dissocier ensuite entièrement. Pour expliquer ce phénomène, nous allons rechercher si des observations astronomiques ne permettent pas d'être témoins d'une telle dissociation.
On sait que la stabilité d'un corps en mouvement, tel qu'une toupie ou une bicyclette, cesse d'être possible quand sa vitesse de rotation descend au-dessous d'une certaine limite. Aussitôt cette limite atteinte, il perd sa stabilité et tombe sur le sol. J.-J. Thomson interprète même de cette façon la radio-activité et fait remarquer que quand la vitesse de rotation des éléments composant les atomes descend au-dessous d'une certaine limite, ils deviennent instables et tendent à perdre leur équilibre. Il en résulterait un commencement de dissociation, avec diminution de leur énergie potentielle et accroissement correspondant de leur énergie cinétique suffisant pour lancer dans l'espace les produits de la désagrégation intra-atomique.
Il ne faut pas oublier que l'atome, réservoir énorme d'énergie, est, par ce fait môme, comparable aux corps explosifs. Ces derniers restent inertes tapt que leurs équilibres intérieurs ne sont pas troublés. Dès qu'une cause quelconque les modifie, ils font explosion et brisent tqut ce qui les entoure, après s'être brisés eux-mêmes.
Donc, les atomes qui vieillissent par suite de la diminution d'une partie de leur énergie intraatomique perdent graduellement leur stabilité. Un moment arrive alors où cette stabilité est si faible que la matière disparaît par une sorte d'explosion plus ou moins rapide. Les corps de la famille du radium offrent une image de ce phénomème, image d'ailleurs très affaiblie parce que les atomes de ces corps sont seulement arrivés à une période d'instabilité où la dissociation est assez lente. Elle en précède probablement une autre, plus rapide, capable de produire leur explosion finale. Des corps tels que le radium, le thorium, etc., représentent sans doute un état de vieillesse auquel tous les corps arriveront un jour et qu'ils commencent déjà à manifester dans notre univers, puisque toute matière est légèrement radio-active. Il suffirait que la dissociation fût assez générale et assez rapide pour produire l'explosion du monde où elle se manifesterait.
Ces considérations théoriques trouvent un solide appui dans les apparitions et disparitions brusques d'étoiles. Les explosions d'un monde qui les produit nous révèlent peut-être comment périssent les univers quand ils viennent à vieillir.
Les observations astronomiques montrant la fréquence relative de ces destructions, on peut se demander si la fin des univers par explosion brusque, après une longue phase de vieillesse, ne serait pas leur terminaison la plus générale. Ces brusques anéantissements se manifestent par l'apparition subite.