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CHAPITRE II

Transformation de la matière en électricité.

g I. - TRANSFORMATION DE LA MATIÈRE EN ÉNERGIE.

Plusieurs chapitres de notre dernier ouvrage ont été consacrés à montrer comment la matière peut, en se dissociant, retourner à l'éther par une série d'étapes successives.

Parmi les produits les plus constants de cette dissociation se trouve l'électricité. Elle est une des mani* festations importantes de la libération de l'énergie intra-atomique qui accompagne toujours la dématérialisation de la matière.

L'électricité en mouvement représentant de l'énergie, on peut dire que la transformation d'un corps en électricité réalise un changement de la matière en énergie. Une telle conversion étant contraire aux principes fondamentaux de la science moderne, notre théorie ne deviendra acceptable qu'après un changement profond des idées actuelles. Il n'est donc pas inutile de revenir sur un sujet si capital et d'ajouter des preuves expérimentales nouvelles à l'appui de celles exposées déjà. Il est également nécessaire de montrer que notre doctrine donne la clef de phénomènes pour lesquels on n'avait pu fournir jusqu'ici que les plus insuffisantes explications, ou même aucune explication.

§ 2. — L'éLECTRI8ATI0N PAR INFLUENCE.

L'électrisation par influence, en vertu de laquelle un bâton de cire frotté attire les corps légers tels qu'une balle de sureau suspendue, est le plus simple des phénomènes électriques et le plus anciennement observé.

L'explication habituelle est trop connue pour qu'il soit besoin de la reproduire ici; elle est d'ailleurs identique à celle de phénomènes du même ordre dont lîous nous occuperons bientôt, en montrant combien la théorie classique est inacceptable.

Cette expérience de l'attraction des corps légers est en réalité une des plus remarquables de la physique, et il aurait suffi de l'observer attentivement pour y découvrir la preuve de la dissociation de la matière et de l'existence de l'énergie intra-atomique, c'est-à-dire deux importants principes de la science actuelle.

Dans les anciennes théories, les diverses expériences sur l'électricité par influence impliquaient cette conséquence inexplicable, qu'avec la quantité limitée d'électricité existant sur un corps on pouvait extraire d'un autre corps uiie quantité illimitée d'électricité.

Rappelons^ pour bien mettre en évidence ce point essentiel, l'expérience classique qui démontre l'électrisation par iâfluence.

Une 1^ hère métallique (flg. 1] posée sur un support isolant et électrisée par un moyen quelconque, reçoit ainsi und quantité définie d'électricité dont la grandeur est d'ailleurs facilement mesurable. Approchons à xxûe petite distance de cette sphère un corps conducteur, par exemple un long cylindre BG, de métal, monté également sur un support isolant D. On reconnaît aussitôt, par les moyens ordinaires.

que le cylindre est chargé d'électricité. Si la boule a préalablement reçu de Télectricité positive, la partie du cylindre placée dans son voisinage est chargée négativement et son autre extrémité positivement. Touchant alors cette dernière, pour la mettre en

Fio. 1. — Expérience elatsique de î'ileetrisation par l'influence. (Généra* tion apparente d'une quantité illimitée d'électricité an moyen d'un corps chargé d'une quantité limitée d'électricité.)

communication avec la terre, tout le cylindre reste chargé d'électricité négative. On peut la transporter sur un corps quelconque en maniant le cylindre par son support isolant.

Après avoir déchargé le cylindre, nous n'aurons, pour le recharger de nouveau, qu'à le rapprocher de la boule et opérer comme précédemment.

Ces charges et décharges successives du cylindre, pouvant être répétées indéfiniment, il s'ensuit bien qu'avec la charge limitée d'électricité d'une boule électrisée on peut engendrer sur un autre corps une quantité illimitée d'électricité.

Les physiciens le reconnaissent d'ailleurs nettement. Voici comment s'exprime Jamin^

« Uinfluence permet d'obtenir^ au moyen d'une quan- « tité limitée d'électricité positive ^ une quantité indé- « finie d électricité négative, »

On explique cette création apparente d'énergie en disant que pour charger plusieurs fois un corps par influence, il faut le déplacer, c'est-à-dire dépenser une quantité de travail représentant l'équivalent de Télectricité engendrée à chaque nouvelle opération.

SI médiocre que fût cette explication, de la transformation en électricité du simple mouvement de translation d'un corps, il était utile de lui ôter toute apparence de vraisemblance en produisant une électrisation indéfinie sans trace de déplacement du corps électrisé. C'est ce que réalise l'expérience suivante qui montre un corps isolé dans l'espace, devenant, par influence, une source continue d'électricité.

A (fig. 2) est le corps électrisé influençant. Il est chargé d'électricité positive^ par un moyen quelconque. On voit au-dessous une feuille d'aluminium ou d'or battu d'un demi-centimètre de largeur et de 2 centimètres de hauteur. B est une tige métallique posée sur une table ou tenue à la main. Après quelques tâtonnements on trouve facilement une position dans laquelle la flèche de métal reste entièrement et indéfiniment immobile dans l'espace. Malgré son peu de consistance, elle se maintient fixe et rigide comme si elle était tendue par des ressorts et sa pointe émet de petites étincelles visibles dans l'obscurité. Ses diverses parties prennent des charges dont le sens est indiqué sur la figure.

1. Cours de Physique de l'École Polytechnique^ 4' édition, t. IV, fascicule 1, .p. 137.

2. Si la boale était chargée d'électricité négative au lieu d'électricité positive, Ift Teuine d'aluminium viendrait se fixer sur elle et ne resterait pas immobile dans l'espace.

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observé est d'une explication difficile. Il ne faudrait pas supposer la flèche de métal simplement immobilisée par les attractions électriques, exercées en sens contraire sur ses extrémités. Il serait impossible de maintenir dans l'espace un bloc de fer entre des pôles d'aimants agissant sur Jui en sens opposé. C'est seulement dans les légendes orientales qu'on voit le tombeau de fer de Mahomet, immobilisé dans l'espace par les actions d'aimants placés dans son Toisinage.

La flèche d'aluminium de l'expérience précédente ne reste immobile que parce qu'elle est le siège d'une émission constante de particules. Nous n*aYons pas d'ailleurs à nous occuper ici de son équilibre, mais de l'émission continue d'électricité par le métal, sous l'influence de la boule électrisée. Cette émission est mise en évidence par les petites aigrettes faciles à percevoir dans 'l'obscurité, qui sortent de la pointe métallique.

Étant donné le dispositif de notre expérience, Télectricité produite ne peut sortir que des éléments dont la feuille d'aluminium se compose. Comment expliquer que d'un fragment isolé de métal on retire une quantité en apparence infinie d'électricité?

Les, lecteurs au courant de mes précédentes re* cherches ont certainement deviné l'explication. Elle est contenue tout entière dans l'énoncé des trois principes suivants :

1° La matière contient un réservoir énorme d'éner- ^e ; 2® elle peut se dissocier; 3^ en se dissociant^ elle libère, sous des formes diverses, l'électricité, notamment, une partie de l'énergie intra-atomique accumulée en elle au moment de sa formation.

La flèche de métal de l'expérience précédente est tout à fait comparable à un fragment de radium^ La seule difi'érence est qu*aulieu de se dissocier spontanément comme le radium, le fragment d'aluminium

ne se dématérialise * que sous rinfluence d'actions électriques.

Quand nous frottons un borps, quand nous le plaçons sous rinfluence d'une source électrisée, quand nous le soumettons à un ébranlement quelconque de l'éther tel qu'un rayon lumineux, nous faisons tout autre chose que de transformer du mouvement ou une énergie quelconque en électricité comme les livres l'enseignent. Nous ne réalisons pas ailors une transformation, mais une libération de forces. Nous dissocions simplement la matière, en faisant agir sur elle des réactifs convenables. L'électricité est une des manifestations de cette dissociation.

La grandeur de l'énergie intra-atomique étant immense, comme nous l'avons montré, on comprend qu'une portion minime de matière puisse émettre une quantité très grande d'électricité. Cette émission considérable n'est pas infinie, et il est probable que si l'expérience précédente se continuait pendant plusieurs siècles, on verrait l'aluminium se réduire de plus en plus par sa conversion en électricité et finalement disparaître. On aurait alors assisté à la transformation complète de la matière en énergie.

Toutes les expériences d'électrisation par influence relatées dans ce chapitre réalisent justement, cette évolution. On aurait pu la lire dans des faits élémentaires, regardés depuis plusieurs siècles sans comprendre leur portée.

Il résulte encore des mêmes expériences que Vélectricité^ un des produits de la dissociation de la matière, est également un des plus actifs agents de cette dissociation. Elle constitue par ses attractions spéciales sur les éléments matériels un de ces réactifs appropriés, dont l'importance a été montrée dans un des chapitres de mon précédent ouvrage. C'est un de ceux devant lesquels la matière est sans défense, alors qu'elle sait lutter contre des actions très énergiques,

mais non appropriées. Les irrésistibles puissances d'attraction d'une infime particule électrique dissocient la matière que le choc d'un obus pourrait pulvériser, volatiliser même, mais ne dématérialiserait pas.

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