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PAR LA MATIÈRE DES VIBRATIONS DE L'ÉTHER

Le terme classique de chaleur rayonnanle est un des plus erronés de la physique, malgré sa Justesse apparente*. Ens*approchantd*un foyer, on est échauffé; il rayonne donc quelque chose. Que serait-ce, sinon de la chaleur?

On mit fort longtemps pour découvrir qu'un corps chaud ne rayonne rien qui ressemble à de la chaleur. On sait aujourd'hui qu'il produit des vibrations de Téther, n'ayant par elles-mêmes aucune température, et nous échauffe à distance, parce que les vibrations de l'éther qu'il engendre étant arrêtées par les molécules de l'air ou les corps placés devant lui engendrent de la chaleur. Ces vibrations ne sont pas de la chaleur, mais simplement une cause de chaleur, conime le serait un mouvement quelconque.

Cette confusion de la chaleur rayonnante avec la chaleur des corps, que perpétuent encore bien des livres classiques, empêcha pendant longtemps de reconnaître l'identité, de la chaleur rayonnante et de la

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lumière considérées jadis comme deux choses différentes.

Ce qu'on désigne du nom très impropre de chaleur rayonnante, a pour unique origine des vibrations de l'éther. Elles produisent de la chaleur lorsque leur mouvement est détruit^ comme une pierre par son choc ; mais elles ne possèdent, je le répèle, aucune température. On le prouve facilement en intorposant une lentille de glace sur le passage d'un faisceau de chaleur rayonnante. Si intense que soit ce faisceau, la lentille n'est pas fondue, alors qu'un morceau de mêlai placé à son foyer deviendra incandescent. L'éther n'ayant aucune température et la glace étant très transparente pour ses vibrations, elles l'ont traversée sans provoquer sa fusion. Le métal les arrêtant, au contraire, est devenu incandescent par l'absorption des vibrations de Télher qu'il restitue ensuite sous forme d'autres vibrations, en devenant à son tour une source de cette chaleur rayonnante, sans température, dont nous venons d'indiquer les effets.

Puisque les vibrations de l'éther, qualifiées de chaleur rayonnaînle, ne produisent de la chaleur qu'après leur absorption par un corps, il est évident que dans les espaces célestes où n'existe pas, comme autour de la terre une atmosphère absorbante, un froid considérable doit régner même dans le voisinage d'astres incandescents, tels que le soleil. Le thermomètre, plongé dans ces espaces, y marquerait cependant une température très élevée, parce qu'il intercepterait des vibrations de l'éther; la température qu'il indiquerait alors ne^ serait pas du tout celle du milieu ambiant, mais sa propre température. La glace n'y fondrait pas laissant passer, sans les arrêter, les vibrations de l'éther ; mais un métal deviendrait incandescent, car il absorbe les mêmes vibrations.

La vie n'est possible sur notre globe qu'à cause de l'absorption des vibrations de l'éther par l'atmosphère

et la terre. S'ils étaient transparents pour ces vibra* tiens, un froid très grand régnerait à la surface de notre planète.

Toutes les réactions chimiques qui se passent dans le sein des végétaux, la transformation de Tacide carbonique en carbone, notamment, ont pour origine cette absorption *.

Les vibrations de Téther, absorbées par un corps, peuvent donc être retenues par lui et devenir Torigine de transformations chimiques variées. Elles sont ainsi fixées jusqu'au jour où, décomposant ce corps, c'està-dire le ramenant à son élat primitif, on les fera reparaître, sous forme de chaleur. On a là une preuve nouvelle des relations intimes de Téther avec la matière et des échanges d'énergie dont ils sont le siège.

Si les vibrations de Téther absorbées par la matière ne servent pas à des transformations chimiques, elles élèvent la température des corps et disparaissent par rayonnement avec une rapidité dépendant de. la structure de ces corps ou des substances dont ils sont recouverts. Un vase de métal poli perd lentement sa chaleur, c'est pourquoi on l'emploie pour conserver les liquides à une température élevée. Le même métal, recouvert d'un vernis, perd, au contraire, très vite sa chaleur. Ces faits, connus depuis longtemps, furent

1. Robert Mayer, l'immorlel auleur de la théorie de la conservation de l'énergie, eut le premier l'idée de celle corrélation des forces naturelles. Ce petit médecin, si ignoré de ses contemporMins, si contesté après sa mort « était, « écrit Tyndall, un homme de génii>, animé seulement par l'amour du sujet adopté « par lui et arrivant aux plus importants résultats bien avant ceux dont la vie « est entièrement consacrée à l'étude des sciences physiques •. Si on mesurait l'importance d'un savant aux conséquences de ses œuvres, on pourrait dire que Mayer fut un des cinq ou six plus grands hommes de son siècle.. Par la simple applicalion de son principe de la conservation de l'énergie, toutes les sciences physico-chimiques ont été profondément lransf«irmées. Seuls, Darwin et -Pasteur ont ex»rcé une influence aussi profonde. Malgré son indépendance, Tyndall n'a pas osé reproduire, dans la dernière é Jition de son livre sur la chaleur, le passage que j'ai cité plus haut. Les professeurs offîciels, qui voyaient grandir chaque Jour l'importance du principe de la conservation de l'énergie, ne pouvaient accepter qu'une découverte aussi considérable ne fut pas sortie de leurs laboratoires, et réunirent tous leurs elforls pour tâcher de rayer des annales de la

mis en évidence par Leslîe, avec son cube plein d'eau bouillante, dont les faces étaient formées de diverses substances. Chacune rayonnait des quantités de chaleur différentes.

Les pouvoirs émîssifs et absorbants dépendent donc de la nature et de la surface des corps. Si l'on chauffe au rouge une lame de platine dont une partie a été noircie, on constate que cette partie noircie est celle qui brille le plus.

Tous ces faits trouvent une ébauche d'explication dans le phénomène de la résonance acoustique. Un diapason insensible, aux bruits violents, vibrera s'il est frappé par des ondes sonores de période convenable. Il saura même trier ces ondes sonores dans un mélange de sons très dissemblables. Il est donc sensible aux unes et insensible aux autres. De même pour les corps frappés par la chaleur rayonnante. Ils absorbent seulement certaines vibrations et laissent passer les autres. Nous reviendrons sur ce point dans notre prochain chapitre.

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