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PERMANENCE DU RAYONNEMENT DE LA MATIÈRE

Jusqu'au zéro absolu, la matière envoie sans discontinuer des vibrations dans Téther. Un bloc de

science le grand nom de Mayer. On aura un exemple curieux de cet état d*esprit en lisant la série d'injures que Tait, professeur de physique à Edimbourg, lui adresse dans son livre : Les Progrès récents de la Physique. Tout ce qu'il lai concède, c'est d'être, «par une chance heureuse tombé sur une méthode qui s'est trouvée être bonne. » Chance heureuse, en effet, celle permettant de découvrir un principe que personne n'avait soupçonné et de trouver la valeur numérique de l'équivalent mécanique de la chaleur dont la vérification seule demanda à Jojile dix années de req)ierches et les ressources d'un grand laboratoire. Ce qualiflcatif de chance heureuse est assez généralement d'ailleurs appliqué à ceux qui découvrent quelque chose . Dans une longue polémique publiée dans une grande revue anglaise, entre un membre de la Royal Institution qui défendait mes recherches, et un physicien de Cambridge qui les attaquait, ce dernier déclarait que la dissociation universelle de la matière que j'avais fait connaître était «la plus importante théorie de la physique moderne »; mais, ajoutait-il, je ne l'avais trouvé que« par une divination heureuse ». Tout le mérite en revenait aux spécialistes ayant fait des mesures pour en contrôler la justesse.

glace peut donc être considéré comme source de chaleur rayonnante au même titre qu'un fragment de charbon incandescent. La seule différence entre eux est dans la quantité rayonnée. Les plaines glacées du pôle sont une source de chaleur rayonnante comme les plaines brûlantes de Téquateur, et si la sensibilité de la plaque photographique n*était pas aussi limitée, elle pourrait, pendant la nuit la plus profonde, reproduire l'image des corps au moyen de leurs propres radiations réfractées par les lentilles d'une chambre noire.

Naturellement, ces radiations que tous les corps émettent constamment n'impressionnent le thermomètre que s'il est plongé dans un milieu plus froid que lui. Si Tinstrument, placé d'abord dans un mélange réfrigérant, capable d'abaisser sa colonne au niveau correspondant à 50 degrés au-dessous de zéro, est mis ensuite en présence d'un bloc de glace à zéro, la chaleur rayonnée par ce bloc élèvera de 50 degrés, c'est-à-dire amènera à zéro la température de l'instcument; mais si ce dernier était déjà à la température de la glace, aucun mouvement de la colonne liquide ne révélerait le rayonnement. La glace continuerait à rayonner sur le thermomètre et l'instrument rayonnerait sur elle ; mais ils ne feraient qu'échanger leurs radiations. Le rayonnement n'en aurait donc pas moins continué, quoique masqué par cet échange. Quand on dit qu'un corps se refroidit par rayonnement, cela implique nécessairement son séjour dans un milieu de température inférieure à la sienne. Recevant de ce dernier moins de chaleur qu'il ne lui en envoie, sa température s'abaisse jusqu'à ce que celle des deux corps en présence soit égale.

Lorsqu'on est obligé de conserver à basse température un corps destiné à être placé dans un milieu de température supérieure, on l'entoure avec des substances imperméables au rayonnement et dites.

pour cette raison, athermanes. La laine et les fourrures jouissent de cette propriété. Piclet a montré que, pour de's températures inférieures à — 70**, la plupart des corps athermanes perdent leurs propriétés et deviennent diathermanes. On ne réussit à conserver Tair liquide, qu'en l'enfermant dans des vases à doubles parois, entre lesquelles on fait le vide et dont la surface est argentée. Ces mêmes vases peuvent être employés à garder les liquides très chauds, puisqu'ils empêchent aussi bien l'absorption que l'émission du rayonnement.

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