CHAPITRE IV
Les causes de la phosphorescence.
I. — LA PHOSPHORESCENCE COMME MANIFESTATION DE. L'ÉNERGIE INTRA-ATOMIQUE.
La phosphorescence représente la transformation en lumière d'énergies diverses dont quelques-unes seulement sont connues. Pour les gaz nous avons vu que l'énergie électrique était la seule cause possible de leur phosphorescence. Pour celle due à l'action, de la lumière, de la chaleur et des réactions chimiques, d'autres phénomènes interviennent dont le mode d'action est indéterminé encore.
Des causes très diverses : lumière, choc, rayons X, pouvant, produire la phosphorescence d'une même substance, on est fondé à croire que ces agents excitateurs si variés agissent en pi:ovoquant la manifestation de réactions sinon identiques, au nioins du même ordre. La vieille théorie qui considérait les corps phosphorescents comme restituant simplement la lumière absorbée, de même qu'une éponge restitue l'eau dont elle a été imbibée, n'est plus défendable aujourd'hui.
Le phénomène de la phosphorescence semble lié à celui de la dissociation de la matière et de la libé*
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ration des énergies accompagnant cette dissociation. Le lien est évident pour ia phosphorescence des gaz, puisque ces derniers ne deviennent phospho* rescents que sous l'influence d'actions électriques toujours accompagnées d*ionisalion, c'est-à-dire de désintégration de leurs atomes.
Pour les autres formes de phosphorescence le lien est beaucoup moins visible. Il apparaît cependant probable, au moins pour la phosphorescence par ra&tion de la lumière, quand on se souvient qu'elle dis^ Bocie énergiquement la matière et que justement les radiations produisant cette dissociation sont les plus aptes à produire la phosphorescence.
La tendance à envisager la phosphorescence comme une conséquence de la dissociation des atomes commence à se dessiner chez les physiciens. De Heen, puis Lénard, sont arrivés récemment à celte ^conclusion que la lumière agit en provoquant l'émission d'ions négatifs sortis de Tatome et pouvant y revenir en oscillant.
A ces mouvements des éléments de l'atome dissocié serait dû le rayonnement dans l'éther produisant la phosphorescence. Sa lumière, de même nature que celle dès corps incandescents, en diffère par Tabsence d'élévation de température, ce qui justifle très bien le qualiQcatif de lumière froide employé quelquefois. Il est possible que les rayons lumineux, l'électricité et les causes diverses capables de provoquer la phosphorescence, meltent immédiatement en jeu l'énergie intra-atomique sans passer d'abord par les mouvements moléculaires comme dans le cas de la chaleur.
Cependant il n'est pas rigoureusement démontré que la lumière froide ne soit en réalité tout aussi chaude que celle engendrée par l'incandescence. Si la phosphorescence est un phénomène atomique très superficiel, il se pourrait que l'élévation de température