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CHAPITRE XIII

LES VERTÉBRÉS — Suite —

Reptiles permiens et triasiques : i" Rhynchocéphales. 2" Thériodontes 3° \nO' modontes. Reptiles nageurs de l'époque secondaire : 1° Ichihyosauriens. 2" Plésiosaurlens. Evolution des Crocodiliens. Evolution des Chélonien«. Reptiles secondaires serpentiformes. Evolution des Sauriens et des C^hidiens. Reptiles volants des temps secondaires. Dinosauriens ; 1° Théropodes. 2° Sauropodes. 3° Stégosaures. 4" Ornithopodes.

Reptiles permiens et triasiques. — i"" Rbyncbocépales, — Les Reptiles actuels se partagent en quatre groupes : Crocodiliens, Chéloniens ou Tortues, Sauriens ou Lézards, Ophidiens ou Serpents. Aux époques géologiques antérieures à la nôtre et surtout dans les temps secondaires, la classe des Reptiles s'est développée avec une richesse extraordinaire de formes et a donné naissance à des types aujourd'hui disparus ou profondément transformés, dont on a formé des groupes distincts.

Les Reptiles les plus anciens sont les Rhynchocéphales du permien. Ils présentent différents caractères les rapprochant des Stégocéphales. Us ont des vertèbres biconcaves, les arcs neuraux sont libres, en outre cts vertèbres ont leur corps formé de pièces distinctes (deux pleurocentrum sur les côtés et intercentrum ou hypocentrum à la partie inférieure, portant les côtes). Il y a "n for amen pariétal comme chez les Stégocéphales, et a i un episiernum en forme de T bien développé. Une ticularité qui n'existe pas chez les Stégocéphales, î s que nous trouverons chez beaucoup de Reptiles primi ,

THÉRIODONTES 285

est une perforation de Thumérus analogue à celle qui existe chez les Mammifères.

Les Rhynchocéphales sont représentés dans les périodes permienne et triasique par plusieurs genres, comme les Palœobatteria et les Proterosaurus. Chez ces animaux il y a des dents non seulement sur les mâchoires, mais aussi sur les palatins et le vomer. Les Rhynchocéphales existent encore, bien que très réduits, à Tépoque actuelle. En effet, ils sont représentés aujourd'hui à la Nouvelle-Zélande par le genre Hatteria ou Spbenodon très voisin de Palceohatteria et qui contient des Lézards de soixante centimètres de longueur. A l'époque secondaire, dans les schistes de Solenhofen, les Rhynchocéphales contiennent lé genre Homœosaurus; dans la craie et réocène le genre Simœdosaurus ou Cbampsosaurus,

Les Rhynchocéphales descendent vraisemblablement des Stégocéphales dont il est souvent difficile de les distinguer. Ils constituent la souche principale, sinon unique des Reptiles, et il faut y chercher en particulier les formes primitives des Sauriens.

Reptiles permiens et triasiqtces . — 2° Thériodontes. — A côté des Rhynchocéphales viennent se ranger les Thériodontes qui ne sont connus jusqu'ici que dans le permien du Texas et le trias de l'Afrique australe. Ils ont encore les vertèbres biconcaves et des intercentra, un foramen pariétal, souvent des dents au vomer, l'humérus perforé, caractères qui les rapprochent des Rhynchocéphales. Mais d'autre part ils rappellent les

ammifères, d'abord par la perforation de l'humérus et

jssi par le mode d'articulation des côtes, et les dents.

elles-ci, au lieu d'être toutes semblables comme chez

s autres Reptiles, se différencient. Elles sont dans des

alvéoles et on peut distinguer, d'après leur forme, des incisives, puis de fortes canines, enfin des molaires. La dentition est hétérodonte comme celle des Mammifères. Les affinités des Thériodontes et des Mammifères ont conduit plusieurs paléontologistes, entre autres Cope, à voir dans les Thériodontes les formes-souches des Mammifères.

Parmi les Thériodontes, l'un des plus remarquables est le Lycosaurus curvimola trouvé au Cap de Bonne- Espérance dans le trias ; son museau rappelle celui du Chien. Dans le Galesaurus planiceps du même gisement, les canines sont très longues et il y a douze molaires. Le CynodracOy de la taille d'un Lion, possédait de grandes canines dentelées comme celles d'un carnassier tertiaire appelé le Machairodus, Tous ces animaux, étudiés par Owen, ont été découverts dans les grès triasiques qui couvrent le Karoo ou Karou, On désigne sous ce nom une région de plateaux qui s'étend de Test à l'ouest dans la Colonie du Cap au delà des montagnes côtières.

Reptiles triasiques, ' — y" Anomodontes. — Dans les mêmes grès du Karoo qui renferment les Thériodontes, on a découvert aussi d'autres Reptiles, les Anomodontes, Ils présentent la perforation de l'humérus; les vertèbres sont biconcaves et ne présentent plus de reste de la corde dorsale, il y a un anneau sclérotique. Les mâchoires sont absolument dépourvues de dents, sauf dans certains genres, deux grosses canines supérieures. Le bec ressemble à celui des Tortues, de là le nom de Tortues à dents donné aussi à cts animaux. Chez le Dicy donfeliceps, les crocs sont énormes et à croissance ce tinue; le crâne atteint soixante centimètres de longue ^fi^. 144). Certains comme VOudenodon sont àbsolumi

PTILES NAGEURS 387

tête ressemble encore davantage à

e l'époque secondaire. — i " Icbtbyoe secondaire fournit de très nom-

es à la vie aquatique. Parmi les plus ivent les Ichthyosauriens. Ils ont des qui sont en rapport d'une manière neural. Les côtes s'appuient sur les ar deux têtes. Il y a de cent dix à es toutes semblables ; la colonne verbrisée vers son extrémité, ce qu'on a d'une nageoire caudale assez lourde.

: (fig. 1 45), mais le cou n'existe pour ce qui a lieu aussi chez les Cétacés

actuels. Les orbites sont grandes; la sclérotique était renforcée par un anneau composé de pièces osseuses. L'orifice des fosses nasales est situé immédiatement en avant de l'orbite. Les mâchoires sont allongées, les intermaxillaires sont très développés. Les dents sont logées dans une rigole qui occupe toute la longueur des mâchoires; il y en a plus de quatre-vingt-dix de chaque côté. Ces dents sont coniques et généralement striées.

Les membres sont très remarquables (fig. 146 et 147) ainsi que les ceintures. Le sternum est en forme de T (épisternum) ; le coracoidiens qui s'articulent à lui sont très larges. H existe des clavicules. L'humérus estcoui et large; à la suite viennent deux autres os qui correr pondent au radius et au cubitus, mais le reste de la patl est difficile à homologuer avec les membres des autri

Vertébrés. Au lieu de trouver cinq doigts composés de trois phalanges, on constate l'existence de cinq, six et et même sept rangées de petits os polygonaux. Chaque série en contient un très grand nombre qui deviennent de plus en plus petits quand on s'éloigne de la base du membre. Il y a donc ici multiplication des doigts et des phalanges. Le tout forme une sorte de palette bien adaptée à la vie aquatique. Les membres postérieurs ont la même structure que les membres antérieurs, mais ils sont plus petits et même rudimentaires. Les pubis et les ischions se rejoignent sur la ligne médiane pour former une double symphyse. La peau devait être nue; on ne trouve pas d'écaillés.

On a quelques notions sur l'organisation et le genre de vie des Ichthyosauriens. A la place que devait occuper l'estomac, on a trouvé une masse de couleur sombre contenant des débris de Crustacés, d'Ammonites et des débris de Poissons qui indiquent quel était le mode d'alimentation de ces animaux. Les coprolithes sont enroulés en spirale, ce qui indique l'existence d'une valvule spirale dans l'intestin.

On a trouvé des squelettes d'ichthyosaures contenant un squelette de même espèce, mais plus petit. Plusieurs naturalistes en ont conclu qu'ils étaient vivipares ; suivant d'autres, les gros Ichthyosaures mangeaient les petits.

Les Ichthyosauriens atteignaient de grandes dimensions. Certains (Icblbyosaurus communis) avaient jusqu'à ngt pieds de long et davantage.

Les dispositions des os du crâne, le trou pariétal, ipisternum, la forme des vertèbres établissent des pports entre les Ichthyosauriens et les Rhynchocé-

phales. Les Ichthyosauriens se rattachent donc intimement aux formes primitives des Reptiles. Ils sont probablement sortis des Rhynchocéphales, et la disposition particulière de leurs membres, qui les rapprochent des Cétacés, doit s'expliquer par une adaptation à la vie aquatique.

Les plus connus du groupe sont les Ichthyosaures très communs dans le lias du Wurtemberg et d'Angleterre. Les schistes de Boll au Wurtemberg en contiennent beaucoup, et c'est dans le lias inférieur de Lyme-Regis, en Angleterre, qu'on trouva, en 1814, les premiers restes -d'ichthyosaures. Le genre Icbtbyosaurus à paru dès le trias (I. atavus), s'est développé dans le jurassique et s'est étendu dans le crétacé, même jusqu'au danien {I. campylodon).

Ce genre a été précédé dans le trias par un genre très voisin : Mixosaurus. A une époque moins reculée que celle de l'apparition de VIcbtbyosaure, s'est montré le genre Sauranodon ou Baptanodon découvert par Marsh dans le jurassique supérieur d'Amérique ( B. natans). On a pu constater que l'adaptation s'est faite peu à peu ; le Mixosaurus est moins différencié que VIcbtbyosaure et celui-ci l'est moins que le Baptonodon. En effet dans le premier genre, les membres sont moins modifiés; le radius et le cubitus sont plus longs que larges et sont séparés l'un de l'autre par un intervalle vide. Chez VIcbtbyosaure ces deux os sont aussi larges que longs et ne sont plus séparés l'un de l'autre. Enfin chez le Baptanodon l'humérus s'articule non plus avec deux os, mais i c trois pièces arrondies qui sont le radius, l'intermédf e et le cubitus. L'humérus est plus court; de plus le l tanodon est privé de dents à l'état adulte tandis que i i

ACEURS

dents renciaic bien

'époque

:eptile5 ïtemps ; et on mmun à'Enaliosauriem. Ce sont les Plésiosauriens. Le cou est assez long ou même très long; les vertèbres sont très légèrement biconcaves ou biplanes; les membres peuvent avoir la forme de palettes natatoires mais les os sont moins déformés et s'il y a de nombreuses phalanges il n'ya jamais plus de cinq doigts. Les plus différenciés du groupe sont les Plésiosaures (fig. 1 48) très répandus dans le jurassique.

La queue est courte, mais le cou est très long. I! est composé de trente-trois vertèbres, tandis que le cou du Cygne iquel on peut le comparer en présente que vingt-trois.

2S mâchoires sont garnies s dents coniques ayant cha-

cune son alvéole. Les deux paires de membres sont égales, tandis que chez les IchthyosaureS les membres postérieurs sont plus courts; le pied et la main convertis en palettes sont aussi moins modifiés.

Dans la craie le genre Plesiosaurus est remplacé par le genre Pliosaurus qui paraît dès le kimméridien. Le Pliosaurus est plus différencié et se rapproche davantage de richthyosaure; la tête est plus longue, le cou plus court (douze vertèbres) ; al en est de même de os de Tavant-bras. Certains sont de dimensions géantes; chez P, macromerus les pattes natatoires ont six pieds de long.

Les Plésiosauriens ou Sauroptérygiens ont débuté au trias par des formes beaucoup moins diflfrenciées, bien moins adaptés à la vie aquatique. Les membres diffèrent peu encore des pattes des Reptiles terrestres et le nombre des phalanges n'est pas augmenté. Cest ce que montre le Notbosaurus du Muschelkalk. C'était, comme le montre la disposition des membres, un Reptile non pas de haute mer, mais simplement de rivage, ou de fleuve assez semblable, par son habitat, au Crocodile. Par tous ses caractères il se rapproche davantage des formes primitives de Reptiles, des Rhynchocéphales. 11 en est de même du Simosaurus où la tête est plus large et les dents plus courtes. Des Placodus du Muschelkalk on ne connaît que la tête; il y a de larges molaires ressemblant à des pavés et il en existe de semblables sur la voûte du palais, ce qui avait fait prendre autrefois ces animaux pour des Poissons.

En résumé les Plésiosauriens sont sortis des Rhyncl • céphales. L'adaptation des membres commence chez ; Nothosauridés ; elle est peu avancée chez le Nothosaur

CROCODILIENS 293

mais se manifeste davantage chez le Lariosaurus du Lettenkohle où l'humérus prend une forme courte et aplatie. Enfin des Nothosauridés dérivent les Plésiosau-ridés qui se différencient de plus en plus et finissent avec le Pliosaurus par se rapprocher beaucoup des Ichthyosauridés. Ceux-ci paraissent descendre des Rhynchocéphales également, mais se différencient plus vite ; les Plésiosauriens forment un rameau à part également sorti des Rhynchocéphales et qui par une adaptation plus lente finit par se rapprocher beaucoup du premier rameau -

Évolution des Crocodiliens. — Les Crocodiliens sont des Reptiles nageurs qui paraissent aussi dès le début des temps secondaires. Les pattes sont courtes et en partie munies d'ongles, la queue est longue et porte des arcs inférieurs. Les dents sont contenues dans des alvéoles. L'animal est pourvu d'une armure dermique formée de plaques osseuses qui sont le plus souvent profondément sculptées ainsi que les os du crâne.

Les Crocodiliens ont commencé à paraître dès le trias. Les plus anciens diffèrent encore peu des Rhynchocéphales dont ils doivent être sortis.

Tel est le Belodon qui fut découvert dans le keuper des environs de Stuttgart. La tête est allongée, aplatie ^ avec des intermaxillaires très développés. Les narines sont très- longues et les arrière-narines, au nombre de deux, s'ouvrent dans la partie antérieure du plancher de la bouche. L'armure dermique est composée de forts ussons irréguliers. L'animal devait être de grandes dimensions, peut-être 6 à 7 mètres de long. L'Aetosaurus été Irouvé dans le même gisement près de Stuttgart. *s vertèbres sont procœliques (concaves en avant)

tandis que celles du Belodon sont amp concaves).

Les Crocodiliens du Jurassique se rapp tage des Crocodiliens actuels. Les vertèbr cœliques, les arrière-narines s'ouvrent î palais plus loin que chez les Crocodiliens plus connus forment le genre Teleosauru.

par Geoffroy Saint-Hilaire en 1825 et regardé déjà par lui comme la souche des Crocodiles. Les Téléosaures sont très nombreux dans le jurassique de Caen. lis sont remarquables par leur long bec ressemblant à celui du Gavial. Il y a non seulement des écussons osseux, dorsaux comme chez les Crocodiles, mais aussi des écussons ventraux, disposition qui ne se trouve plus chez les Alligators actuels.

Les dents sont très nombreuses (de 45 à 50), longu"et striées. L'espèce la plus commune est le Téléosaur cadomensis ou de Caen. Le Pelagosaurus typus du li supérieur (Curcy-Calvados) lui ressemble, mais les o bites sont plus latérales au lieu d'être supérieures;

CROCODILIENS 29^

longueur est de l'^jjo. Les Goniopbolis ont une tête plus large, ressemblant moins à celle du Gavial qu'à celle du Crocodile.

L'origine des Crocodiliens actuellement vivants doit être cherchée parmi les Crocodiliens de l'époque wealdienne. Les Bernissartia du wealdien sont probablement la souche des Crocodiliens à museau court (Crch codilidést AUigatorides) et les Pbolidosaurus voisins des Goniopbolis, comme celle des Crocodiliens à museau long (Gavialidés), Les Crocodiliens commencent au crétacé. Ils sont procœliques. Les arriéres-narines, réunies en une seule, sont très reculées, mais il faut remarquer que, chez les jeunes, l'ouverture est plus large et moins reculée, et qui rappelle les types anciens et montrent que les types actuels sont la descendance des types crétacés. Les Gavials paraissent dès la fin du crétacé. Le Gavialis (Tomistoma) macrorbyncbus du mont Aimé (calcaire pisolithique) ressemble à ceux vivant encore actuellement à Sumatra.

En résumé, d'après la situation des narines, on peut diviser les Crocodiliens en trois groupes :

1° Les Parasticbia (Belodon) ;

2^ Les Mesosucbia (Teleosaurus, Goniopbolis, Bernissartia) ;

3^ Les Eusucbia (Crocodilus, Alligator, Gavialis).

Les Parasucbia se sont séparés au trias des Rhynchocéphales; ils ont donné naissance aux Mesosucbia jurassiques et wealdiens. Ces derniers sont eux-mêmes la

iche des Eusucbia crétacés, tertiaires et actuels.

évolution des Cbéloniens. — L'origine des Chéloniens encore obscure. 11 est possible que les Tortues soient

ivées des Anomodontes privés de dents, tels que les

2g6 REPTILES

Oudenodon qui ont un bec corné, le pouce formé de deux phalanges, tandis que les autres doigts en avaient trois, les condyles tripartites. Ce sont des caractères des bortues, mais il y a des différences: notamment l'ouverture externe des narines est double, tandis que chez les Tortues elle est simple (Gaudry). Quoi qu'il en soit, les Chéloniens apparaissent avec le trias. Leur forme primitive est la Psammocbelys keuperina ou Proganocbelys Quensiedti du trias du Wurtemberg. La carapace et le plastron sont bien développés. La carapace.qui est fortement bombée sur les côtés est, au contraire, presque plane d'avant en arrière, de sorte que les ouvertures antérieure et postérieure de la carapace sont très élevées, à rinverse de ce qui se passe chez les autres Tortues; en outre, Tomoplate, ^u lieu d'être cachée sous la carapace, est en avant de la première paire des plaques costales. Les deux particularités précédentes sont, comme le remarque Steinmann, des caractères embryonnaires qui n'existent chez les autres Tortues que dans les premiers temps de la vie. D'après cela, le genre Psammocbelys doit être regardé comme la forme primitive des Ché- Ioniens.

- Dans le jurassique supérieur de Soleure, dans les schistes lithographiques deSolenhofen et deCirin, apparaissent les Tbalassémydés, Tortues marines munies de pattes natatoires. Chez les Tbalassemys il y a un grand vide au milieu du plastron. Chez les Idiocbelys il n'y a pas de fontanelle médiane au plastron, mais il y en a sur la carapace. De ce groupe sont sortis les Cbelonydés t ut à fait adaptés à la vie aquatique. Les membres r nt devenus de véritables nageoires; il n'y a plus d'artic ations aux doigts et le nombre des phalanges a augme' é.

REPTILES SERPENTIFORMES 297

On observe toujours la présence de grandes fontanelles. Le genre Cbelone existe depuis le craie et vit encore dans les mers chaudes. La Cbelone Hoffmanni de la craie supérieure de Maéstricht ressemble beaucoup aux Cbelone actuelles. Les Emydés se montrent aussi pendant le crétacé. Ce sont des Tortues de marécages dérivées des Thalassémydés. Le genre Emys encore actuel a paru dans 1 eocène. Les Tortues de terre ou Testudinidés sont sorties des Emydés par une adaptation à la vie terrestre. La carapace est fortement bombée, ne présente pas de fontanelles ; les doigts ont seulement deux phalanges. Le genre Testtidoa paru dans le tertiaire supérieur (ex. : T, Perpiniana), Les plaques costales sont disposées comme chez les Emydés. Dans le tertiaire des Indes, certaines de ces Tortues atteignent une taille gigantesque. Les Colossocbelys des monts Siwalik avait une carapace de 4 mètres de long.

Les TbalassémydéSj qui ont fourni des Tortues marines et des Tortues de marécages, ont également donné naissance à des Tortues de fleuve. Telles sont les Trionycbidés, qui existent encore aujourd'hui. L'ossification est peu avancée et rappelle les Thalassémydés ; il n'y a pas, sur le bord de la carapace, de plaques marginales, il y des vides entre les plaques costales; le plastron montre aussi des fontanelles. Lé tout est recouvert d'une peau molle. Le genre Trionyx existe dès la craie ; il est commun dans le tertiaire (miocène d'Œningen).

Reptiles secondaires serpentif ormes* — A l'époque créicée ont vécu des animaux qui présentent à la fois des aractères de Lézards et des caractères de serpents. Ce ont les reptiles serpentiformes ou Pytbonomorpbes, omme les a appelés Cope.

PuEM, Formes animales. I9

Le plus anciennement connu est le Mosasaurus, Cantperi de la craie de Maéstricht. Le corps est très allongé. Il y a 133 vertèbres procœliques. Le cou est long et la queue remarquablement développée. La longueur totale dépasse 6 mètres, dont i'",20 pour le crâne. Les dents se trouvent non seulement sur les mâchoires, mais aussi sur les ptérygoïdes. Elles sont comi5rimées, à deux arêtes. Les membres sont relativement petits et ressemblent à ceux des Cétacés; ils constituent des nageoires; les doigts, au nombre de cinq, sont très écartés, pourvus de nombreuses phalanges sans articulations. 11 n'y a pas de sacrum, le bassin consiste en os minces non soudés. Cope a cru d'abord qu'il n'y avait pas de sternum et rapprochait pour cette raison les Pythonomorphes des Ophidiens; en réalité, il y a un sternum délicat. Les Mosasaurus sont très abondants dans la craie de l'Amérique du Nord. Le Mosasaurus princeps du grès vert de New-Jersey avait 75 pieds de long.

A côté des Mosasaurus se placent les Clidastes (craie du Kansas) encore plus allongé, et les Leiodon dont Tintermaxillaire s'allonge pour former un rostre dépourvu de dents. Ce genre se trouve dans le crétacé supérieur d'Europe fL. anceps) et celui d'Amérique. Les dents sont pointues à couronne lisse pourvue de deux bords tranchants.

En résumé, la présence d'un sternum ne permet pas de rattacher ces Reptiles aux Ophidiens. Ils se rapprochent des Lézards et l'on doit les considérer avec DoUo comme des Lézards adaptés à la vie aquatique ; ils seraient a Sauriens ce que les Phoques sont aux Carnivores.

Evolution des Sauriens et des Ophidiens. — Les Sî • riens ou Lézards sont évidemment sortis des Rhyncî •

riLES VOLANTS 299

t dirndie de les en distinguer; le gé soit parmi les Sauriens, soit phales, et avait été appelé par

ns sont assez rares. Le Telerpeton ï par ses membres les Lacertiliens

authentique est le Palœophïs tymdres (éocène). Les vertèbres sont ttteindre la taille de nos plus grands ; Serpents sont jusqu'ici très rares, e la manière suivante l'évolution phidiens. Les Sauriens sont sortis qui se continuent jusqu'à nos îtteria. Certains Sauriens, les Pyit adaptés à la vie aquatique et ont lis Ophidiens. Mais ceux-ci forment Sauriens, qui ne s'en est détaché

! temps secondaires. — Un autre rameau des Rhynchocéphales qui s'en est détaché au jurassique est celui des P/ff<jîiii(n>MS ou Reptiles volants. Les plus connus sont les Ptérodactyles,

Les os des Ptérosauriens sont pneumatiques, les vertèbres sont procœliques, il y a un sacrum formé de trois :i six veilèbres ; le sternum présente un bréchet bien net rappelant celui des Oiseaux. La tête est grande, et ressemble à celle des Oiseaux, par la longueur des mâloires, sa forme générale, son anneau sclérotical. II n'y pas de clavicules, mais il existe des os coracoidiens , .sez longs. Les membres antérieurs sont très remar- . lables; le pouce est rudimentaire; les trois doigts qui

viennent ensuite sont courts et portent des griffes; le cinijuième doigt, qui correspond au petit doigt de l'homme, est au contraire extrêmement allongé et composé de quatre phalanges. Il supp«rtait une membrane aJaire semblable à celle des Chauves-Souris. Les os du bassin ne sont pas soudés entre eux ; l'iléon s'allonge comme chez les Oiseaux.

Les Ptérosauriens les plus anciens constituent la famille des Rbampborhyncbiâés . Le cou est court, la queue est très longue, les mâchoires sont courtes et garnies de dénis placées dans des alvéoles. Chez le Rhampborbyncbus des schistes lithographiques de Solenhofen, les mâchoires sont longues; il n'y a pas de dents sur leur partie antérieure qui était probablement terminée par un bec corné. Marsh a étudié un Rbampborhyncbus bien conservé

(R. pbyllurus) its schisXts lithographiques d'Eichst Il avait la taille d'un corbeau; sa longue queue i terminée par une expansion membraneuse en form disque servant de gouvernail pendant te vol (fig. 1 50

tout à fait celle d'un Oiseau et elle ne présente de dents qu'à la partie antérieure des mâchoires ; ces dents étaient très petites. Le cinquième doigt antérieur est extrêmement long; il dépasse six fois les autres en longueur. Les Ptérodactyles se trouvent dans le jurassique supérieur et surtout dans les schistes lithographiques de Bavière. Ils sont tous de petite taille ; les plus petits (P. brevirostris) ont celle du Moineau, et les plus grands celle du Corbeau .

Les formes extrêmes du groupe des Ptérosauriens ont été observées dans la craie du Kansas. Ce sont les diverses espèces du genre Pteranodon, atteignant huit mètres d'envergure. La tête est très allongée et complètement dépourvue de dents ; plusieurs vertèbres dorsales se soudent entre elles et les omoplates s'articulent sur les apophyses épineuses de ces vertèbres, fournissant ainsi un appui plus ferme à la ceinture scapulaire.

Le groupe des Ptérosauriens a, comme on le voit, rapidement évolué, mais s'est éteint aussi très rapidement. Il faut le regarder comme un groupe aberrant de Sauriens, qui s'est adapté au vol et a pris ainsi des caractères aviens. Ils présentent ainsi, des phénomènes de convergence les rapprochant des Oiseaux, sans qu'il y ait, fort probablement, de parenté réelle.

Dinosauriens. — r Théropodes. — Les Reptiles secondaires nons présentent une groupe très remarquable, contenant un grand nombre de formes variées. C'est le groupe des Dinosauriens^ ainsi appelés à cause de grande taille d'un certain nombre de genres. Ces ai maux ont, pour caractères communs, d'avoir des v tèbres biconcaves ou opisthocœliques, un sacrum déi

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