‹ L'evolution des formes animales avant l'apparition de l'hommeChapitre 7 sur 56 · FORMES DE PASSAGE I · texte numérisé non relu

FORMES DE PASSAGE I

les Vertébrés. On en trouve de très nombreuses chez les Invertébrés; citons en particulier celles qui unissent les Cystidés aux divers autres groupes d'Échinodermes : Oursins, Etoiles de mer, Crinoides, Blastoides. Citons aussi celles qui relient les unes aux autres les diverses

famillesd'Ammonitidés.Nous n'insistons pas davantage, dans cette introduction, sur les formes de transaction, car l'efFet du présent ouvrage est de les mettre en évidence.

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Formes associées. — ' Dans la nature actuelle on trouve très souvent des passages insensibles d'une espèce à une autre voisine, de sorte qu'il est impossible parfois de dire

où la première finit et où la seconde commence. G faits sont de la plus haute importance au point de vue à la théorie de l'évolution. Les formes aussi intimemer

t MÉTHODE DE RECHERCHES 17

I associées ont évidemment une origine commune. Or,

I elles nous sont fournies aussi bien par la Paléontologie

i que par l'étude de la nature vivante. 11 suflfira de citer

ici quelques exemples. Le genre Paludine (fig. 6), étudié

parNeumayr, dans les couches d'eau douce de la Slavo-

nie, est tout spécialement intéressant.

Les couches inférieures subpléocènes de Slavané contiennent la Paludina Neumayri, et les couches supérieures la Paludina Hœrnesi, Les dépôts intermédiaires fournissent toute une série de transitions reliant étroitement les deux formes extrêmes. De même, comme Ta montré Hœrnes, la Cancellaria cancellata du miocène du bassin de Vienne diffère des individus de la même espèce qui vivent actuellement; mais le passage se fait d'une manière très nette par les coquilles trouvées dans le pliocène, de même encore T Ammonitedu lias supérieur appelée Pbylloceras beterophyllum présente, lorsqu'on considère sa ligne suturale si compliquée, toute une série de mutations étroitement unies.

Méthode de recherches, — Ce qui précède nous fournit le principe d'une méthode pour les recherches de la généalogie des différentes formes animales. On doit comparer attentivement les uns aux autres les genres d'une même famille oudeux familles d'un même groupe. S'il existe dans la première des genres dont les caractères ne sont pas tranchés et rappellent ceux de la seconde, si en outre la seconde famille est géologiquement plus ancienne que la première, on en conclura que celleen est la souche, ou au moins que les deux familles rtent d'une souche commune. De proche en proche, i arrive ainsi, en remontant le cours des âges géologijes, à établir la filiation du groupe. Dans cette recher-

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che, on peut souvent utiliser Timportante loi formulée par Muller; d'après cette loi, le développement ontogénique reproduit dans ses traits principaux le développement phylogénétique ; en d'autres termes, quand on considère les stades du développement d'une espèce, on trouve dans les plus jeunes de ces stades des caractères identiques à ceux des formes par lesquelles est passée l'espèce dans les temps géologiques antérieurs pour arriver à son état présent. Un exemple permettra de préciser cette loi. Dans le genre d'Ammonites appelé Perispbinctes, on voit sur les différents tours de la coquille des côtes nombreuses. Dans un autre genre plus récent, les côtes deviennent indistinctes, tandis que Ton trouve sur chaque tour une série de nodosités sur le côté externe et même une seconde série sur le côté interne. Ce genre est le genre Aspidoceras] dans certaines espèces, les nodosités externes, puis les nodosités internes disparaissent et la coquille peut devenir entièrement lisse {A. cyclotum du tithonique). Or, sur les jeunes échantillons, on voit les nodosités externes, puis sur d'autres encore plus jeunes, les nodosités internes, et même chez des individus tout petits, on voit les côtes des Perispbinctes. Sur un même échantillon, suivant que les tours sont plus ou moins récents (les plus anciens sont les plus internes), on voit l'une ou l'autre ornementation. On a ici un exemple où intervient la loi de Muller. Le genre Aspidoceras, très commun dans le jurassique supérieur, a pris naissance du genre Perispbinctes qui abonde dans le jurassique moyen.

Imperfection des archives paléontologiques, — La méthode de recherches que nous avons exposée a conduit déjà àdes résultats importants. Ils sont encore incomplets

IMPERFECTION DES ARCHIVES PALEONTOLOGiaUES I9

toutefois, ce qui tient à l'imperfection des archives paléontologiques. Cette imperfection tient à bien des causes, que Darwin a longuement et magistralement exposées*. Nous n avons encore exploré scientifiquement qu'une faible partie de notre planète. L'Europe seule, et encore dans certaines de ses parties, a été étudiée au point de vue paléontologique, ainsi que l'Amérique du Nord. Presque toute l'Afrique, l'Asie, l'Autralie restent encore à connaître. On n'a guère décrit jusqu'à présent plus de cinquante mille espèces de fossiles, ce qui est peu de chose comparé au nombre des espèces de la nature actuelle. La fossilisation en outre exige des conditions particulières des organismes et du milieu, qui sont rarement remplies. Enfin, les mers nous cachent la plus grande partie de notre planète et recouvrent ainsi de nombreuses couches fossilifères. Quoi qu'il en soit, les lacunes paléontologiques se comblent rapidement. Il suffit souvent de l'activité de quelques chercheurs, parfois même d'un seul homme pour livrer à la science d'inestimables documents. C'est ainsi que Barrande explora le silurien de Bohème pendant quarante ans et mit au jour près de la moitié des fossiles siluriens actuellement connus. C'est ainsi encore que deux infatigables chercheurs, Cope et Marsh explorent les couches secondaires et tertiaires de Touest des États-Unis et ont fait connaître une immense quantité de formes importantes au point de vue de révolution. Malgré leur imperfection relative, on peut déjà mettre en œuvre les matériaux rassemblés par les îontologistes. Bien des naturalistes ont entrepris de coordonner et de tirer de ces documents épars des

Oarwin, rOrigine des espèces.

conclusions générales. Il faut citer en particulier M. Gaudry dont le beau livre : les Enchaînements du monde animal dans les temps géologiques tsi aujourd'hui classique^ et Melchior Neumayr, dont la mort prématurée laisse inachevée Tœuvre remarquable publiée sous ce titre : Die Stàmme des Tbierreichs (Vienne et Prague, 1889). Dans les pages qui suivent, nous exposons pour les dififérents types animaux ce que la paléontologie nous a jusqu'ici révélé de leur évolution.

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