Idem
3. Il contemplait d'ailleurs les événements avec tristesse : «u Enlre les coquins d'en haut et les coquins d'en bas, les gens hannêtes qui pensent vont se trouver ëcrasés... Je déteste le vol et l'assassinat, que ce soit le peuple ou le pouvoir qui les commette. Taisons-nous, obéissons, vivons dans la science. » — A Prévost-Paradol. — Nevers, 11 décembre i85i.
TAINE ET RRNAN
de la nation un parlisan du sulTrage univ Les sept millions de voix ne juslifient parjure, mais lui donnent le droit d'êlre Prévost-Paradoi se fâchait et traitait leurs de «chevaux». Taine ripostait, départir de son calme supérieur:» Le nement qui donnait droit au suffrage i est toujours le même, et partant la v pas changé. S'il y a, comme tu dis, sept de chevaux en France, ces sept milli le droit de disposer de ce qui leur appi Le dernier butor a le droit de disposeï champ et de sa propriété privée; et pan une nation d'imbéciles a le droit de d'elle-même, c'esL-à-dire de la proprié que ^. »
Prévost-Paradoi n'admit jamais césar auxquels il ne pouvait pourtant rien op
I, A Prëvost-Varadol. — Mevers. 3o décembre i8S
a. A Prévost Paradol. — Ntïtrs, lo janvitr i85
ajoutait : a Kcnarque poorLant qu'il y a des restricl
a la majorité le droit de tout faire que tu lui acco qu'il ; a des chozies qui sont en dehors du pacte partant, sont en dehors de la propriété publique e ainsi i la décision dii public, par eicmple, ta libei cîence el loul ce qu'on appelle les droits ei les devoir: â la société. .
4o l'évolution des idées
sérieux, puisqu'ils étaient fondés sur ses propres principes ; et les dissentiments politiques entre Taine et lui, qui ne firent que s'accroître, refroidirent plus tard leur amitié malgré toute la douceur du philosophe.
Le tempérament de Prévost-Paradol le poussait à la politique militante ; celui de Taine l'induisait à ne désirer qu'une chose : qu'on le laissât tranquille ^ Quand on le persécute, il s'indigne avec une modération surprenante chez un jeune homme. Il n'en vient pas moins à voir une ennemie dans cette orthodoxie au profit de laquelle on le tracasse; mais il ne la combat que prudemment et tranquillement 2. II est peu capable de haine et tout à fait incapable de violence. Son obstination très grande reste froide. S'il souffre, il ne rêve pas de faire payer sa souffrance à quelqu'un ou à quelque chose; toujours semblable à lui-même, il conclut naturellement : « Je ne compte plus sur rien d'heureux pour l'avenir;/^ commence à renfermer mes désirs
1. « Qu'il (le Président) me laisse vivre seulement et penser dans ma chambre ; je lui ferai pour son argent une classe aussi nulle qu'il voudra. » — A sa mère. — Poitiers, 17 avril i85a.